Il y a eu Yuri Buenaventura, puis le Wu-Tang Clan, l’année dernière -M-, et cette année…rien. Trop cher, pas assez rentable, malgré le fait que le PLF (de son petit nom) soit devenu en à peine trois ans l’un des plus incontournables événements musicaux de l’Est-Var. En mutualisant les énergies des Panda 06, du Mas des Escaravatiers et de la mairie de Puget, la pinède des Aubrèdes avait réussi le pari de la reconversion culturelle. Mais même si plaie d’argent n’est pas mortelle, la saison 2015 sera placée sous le signe du coma artificiel, par sagesse plutôt que par choix.

« On ne peut pas parler de fin, c’est une mise en sommeil. En raison de contraintes budgétaires. Le but, c’est de le réveiller en 2016, en essayant de trouver de nouvelles sources financières, en améliorant le sponsoring, en obtenant une plus grande aide de la Cavem, en mutualisant des moyens. J’aimerais vous dire que l’on est certains de revoir un PLF en 2016, pour l’instant ce n’est pas le cas, mais c’est l’objectif ». Lucie Ronchieri, l’adjointe à la mairie de Puget en charge de la culture, essaie de rester optimiste. En tous cas, la volonté affichée de ressusciter le festival dès l’année prochaine, après un exercice placé sous le signe du dos rond, en dit long sur l’envie que nourrit Puget de continuer à bénéficier du rayonnement positif d’une telle manifestation. La question qui se pose, en revanche, c’est comment un tel concert, qui attire plus de 5000 personnes, peut perdre de l’argent ? L’élue répond : « Malheureusement, les cachets des artistes atteignent des sommets. La logistique est énorme, et nous sommes les seuls à financer tout ça. Il faut louer beaucoup de matériel, pour accueillir des artistes comme ceux-là. Et quand on souhaite garder une entrée accessible au plus grand nombre, à 25 euros, c’est compliqué. Les dépenses auxquelles on ne peut pas échapper sont conséquentes. C’est de l’argent public. Ça nous fend le cœur, mais ce sont des réalités économiques. L’aura dont bénéficie la ville est énorme, avec une programmation très éclectique, mais il faut savoir rester dans le réel. »

Des cachets exorbitants et des idées

Tous les programmateurs sont d’accord sur un point : les cachets artistiques, ces derniers temps, ont tendance à s’envoler. Quand une collectivité territoriale rentre en négociation avec la production d’un artiste de grande stature, les discussions sont rapidement rythmées par des chiffres énormes : « On ne peut pas tenir un double discours, à dire que la culture a besoin d’être soutenue, et augmenter énormément son propre cachet artistique. Les artistes qui sont au cœur de l’actualité proposent parfois des prestations à des tarifs qui frisent l’indécence », précise Lucie Ronchieri. « Pour -M-, on n’était pas loin de l’équilibre, on n’a pas perdu beaucoup d’argent. C’est un jeune festival, il aurait fallu 5 ans pour asseoir le concept. On a perdu de moins en moins d’argent d’année en année. Si on a la chance d’avoir une édition en 2016 on verra, et on pourra se poser les bonnes questions. On est convaincus de l’utilité de ce festival, la pinède on ne demande qu’à la faire vivre, et pour cela, il faut injecter un minimum de fonds. Récupérer le budget qu’on avait jusqu’ici, c’est tout l’objet du débat. M. Le maire m’a exprimé sa volonté de le refaire, la volonté existe, on ne peut tout simplement pas encore s’engager. Il y a des dépenses publiques auxquelles on ne peut pas couper, la jeunesse, l’éducation, les rythmes scolaires, les écoles qui accueillent de plus en plus d’enfants. Ça se fait au détriment d’autre chose, pour l’instant, c’est la culture. Nous cherchons des solutions pour exploiter la pinède, des salons, des prestataires privés qui voudraient organiser des choses sur cet espace, si possible de manière pérenne, et qui pourraient engendrer des revenus pour la commune. Cet argent, on pourrait le réinvestir, dans un PLF 2016 »

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