Un look impeccable, un sourire radieux. Mais derrière cette joie de vivre se cache un passé lourd. Qui force le respect, et on peut le dire, l’admiration.
A 47 ans, Thierry Baldacci, Raphaëlois d’adoption, est un féru de musculation et enseigne la boxe au club de l’AJSR (association des jeunes sportifs raphaëlois) de Badri Rouabhia. Jusque ici, rien qui sort de l’ordinaire.
Le Destin n’a pas gâté Thierry dès son plus jeune âge : « Je suis d’origine corse, mon père était militaire en Afrique, et quand j’avais 6 mois, j’ai attrapé la toxicose puis la poliomyélite. Ma mère s’en est rendue compte car je me levais avec la force des bras et plus avec les jambes dans mon parc.» Transféré à la Presqu’île de Giens pour être soigné, le nourrisson ne verra pas ses parents jusqu’à l’âge de 4 ans. « J’étais derrière une vitre, ça ne servait à rien que ma mère reste à me regarder, alors que mon père et mes deux frères vivaient en Afrique. elle est donc repartie là-bas. J’ai été élevé par des infirmières du temps où je suis resté ici. »
C’est une vie en fauteuil roulant que vivra Thierry jusqu’à ses 13 ans. Et un jour, tout bascula. « On se promenait dans les rues de Bastia avec mon père. On s’est arrêté sur une grande place et là il m’ a dit : stop, tu dois te lever, il faut que tu sortes de là. Tout le monde était choqué et ne comprenait pas ce qu’il faisait. Mais c’est grâce à ça que je me suis relevé et que j’ai arrêté d’être en fauteuil. Je faisais les trajets Afrique-Marseille pour avoir un suivi régulier et me soigner. » Le jeune adolescent va apprendre à vivre debout, avec des béquilles. Petit à petit. Il se reconstruit. « J’ai subi 14 opération chirurgicales pour pouvoir marcher. J’ai eu la chance d’être entouré de très bons chirurgiens à la pointe de l’orthopédie. J’ai pu bénéficier de l’avancée médicale due, malheureusement, aux blessés de guerre. J’étais souvent entouré de légionnaires, parachutistes dans les chambres. Ca m’a forgé. »

«  Les médecins me disaient que je ne marcherai plus »

Et puis à 22 ans, il décide de tout lâcher et de se lancer dans le sport en pratiquant le vélo, la natation en loisirs tout en travaillant dans la comptabilité et accéder au poste de directeur comptable financier.« La première fois que j’ai mis des chaussures normales comme tout le monde, j’ai fait 17 km, j’étais épuisé mais tellement content. » A peine quelques années après avoir retrouvé une certaine tranquillité, si on peut le dire ainsi, Thierry tombe de son lit et se fait une double hernie discale avec paralysie du bassin et des deux membres inférieurs. S’en sont suivis 14 mois d’hospitalisation, toujours à Marseille. « Les médecins me disaient que je ne marcherai plus. Le lendemain de l’opération, j’ai senti que le gros orteil bougeait. Je me suis donc entraîné 5 heures par jours debout contre un mur. Quelques mois plus tard, j’ai bougé mon pied puis la cheville, la jambe, le genou et mon bassin. J’ai sauvé mes jambes comme ça. Personne n’en revenait. »
A 31 ans, celui qui travaillait comme cadre supérieur va se retrouver en invalidité définitive et totale par l’État. Un coup dur. Mais comme à son habitude, Thierry ne se laissera pas aller en s’investissant dans la politique et la vie associative à Valence. C’est en 2009 qu’il arrivera à Saint-Raphaël : «J’ai littéralement craqué pour cette ville et j’ai décidé de tout vendre pour venir m’installer ici. Avant de partir, un médecin m’avait conseillé de pratiquer la boxe, le pied-poing, car je perdais l’équilibre. Je me suis donc retrouvé à l’AJSR avec Badri et j’ai aussi continué la musculation en m’inscrivant à Elit Fitness. Contrairement à ce que peuvent dire les médecins, on peut faire du sport, il n’y a pas de contre indication. Il faut juste faire attention et se contrôler. Aujourd’hui, j’arrive à maîtriser mon corps.» Le côté pédagogue de Thierry va faire tilt aux yeux de Badri qui lui proposera de passer des diplômes et d’enseigner dans son club. « Je donne des cours bénévolement aux enfants, aux adultes et même aux personnes âgées. Je ne cache pas mon handicap. Les gens sont surpris de ce voir ce que je suis capable de faire aujourd’hui. Je fais pratiquement tous les gestes comme les valides avec moins d’aisance mais avec autant d’envie. Enseigner la boxe est devenu une passion. Dans ma vie, le sport, c’est comme une drogue. Si je ne le pratique plus pendant quelques jours, je tombe. C’est aussi quelque-part une contrainte car je suis fatigué mais ça me permet de combattre cette maladie chaque jour. »
Thierry Baldacci continuera de combattre sa maladie avec cette détermination qu’il le caractérise tant : «  Chaque jour, je me dis que c’est un jour de gagné. »

A propos de l'auteur

Articles similaires

Une réponse

  1. laï Christian

    Salut Thierry je ne c pas si tu te souviendra de moi . Mais félicitations pour le mec que t devenu

    Répondre

Laisser un commentaire