Les champions découvrent, dans la plupart des cas, leur talent dès leur plus jeune âge. Pour Viviane Marino, c’est arrivé beaucoup plus tard. A 68 ans, elle pratique le taekwondo depuis quatorze ans. « J’avais un magasin de décoration à Saint-Raphaël et j’ai été victime de plusieurs agressions et vols. Alors, je m’étais dit que je ferais du karaté et un jour, Jean Pierre Sicot s’est installé à côté de chez moi. J’ai commencé par le self-défense dans le but d’apprendre les bons gestes. Je le conseille d’ailleurs à toutes les femmes qui veulent savoir se défendre.»
Viviane va rapidement se prendre au jeu et commencera par passer ses grades. Quatre ans après ses débuts, elle obtiendra la ceinture noire 1er dan et ainsi de suite jusqu’en mai 2014 où elle se rendra à l’Insep à Paris pour passer son 4e dan. « Je suis très satisfaite car cela demande beaucoup de préparation et de rigueur. Je suis quelqu’un de battant. Au départ, ça m’a tout de suite plu d’envoyer le coup de pied sur la raquette, d’apprendre les différentes techniques. Il a fallu travailler la souplesse, surtout à mon âge, c’est très important. Et le cardio, mais ça, je l’avais déjà.» Des entraînements, deux à trois par semaine pour se défouler, la Raphaëloise se rendra à la salle tous les jours. « Il y a toujours à apprendre et encore aujourd’hui », ajoute-t-elle.
Il y a sept ans après son 2e dan, Viviane est frappée par un cancer et perdra 9 kilos. « Je suis partie me faire opérer avec mes bouquins de taekwondo. Six mois après, j’ai repris l’entraînement. Et à ce moment là, Jean-Pierre m’a dirigée vers les championnats techniques car les compétitions combat étaient trop risquées par rapport au mauvais coup. »

Championnats d’Europe en vue

Juste après sa maladie, Viviane participera aux championnats Paca où elle décrochera la médaille d’or, puis l’argent aux championnats de France et enfin l’or à Monaco l’année d’après. « La technique c’est vraiment précis , on peut, le jour j, ne pas être en condition. J’étais stressée car il y avait beaucoup de choses à apprendre. Je connais tous les poomsés maintenant ! Pour moi, la compétition, c’est extraordinaire. C’est même moi qui réclame ! »Au total, elle compte quatre titres nationaux. Au niveau international, il n’y avait pas encore de catégorie créée pour les plus de 60 ans donc pas de possibilité de se qualifier pour une compétition de niveau européen ou mondial. Durant toutes ces années, la Raphaëloise s’est mesurée à des adversaires âgées de 10 ou 15 ans de moins qu’elle. « L’année dernière, ils m’avaient sélectionnée pour les championnats du monde mais comme j’avais fait les championnats de France dans une catégorie qui ne me correspondait pas, je n’ai pas pu y participer. J’étais vraiment déçue. Cette année, il existe désormais la catégorie des 66 ans et plus. » Au fil des années, le taekwondo a donc pris une grande place dans la vie de Viviane : « C’est très important car je ne travaille plus maintenant. J’essaye, de temps en temps, de donner des cours aux débutants ainsi que des cours de self-defense. Je viens le plus souvent possible à la salle mais je fais quand même attention à ma santé en ayant une bonne hygiène de vie. A l’entraînement, on se lâche un maximum, c’est très physique. Mon mari me soutient même si au début il avait peur que je prenne des mauvais coups. A l’heure d’aujourd’hui, le sport, c’est vital pour moi. »

Et quand on évoque son âge, Viviane réplique spontanément : « Ça ne me gêne pas du tout, j’essaye de faire ce que je peux. Et les filles sont très gentilles avec moi. Ça ne pose pas de problème! »
Après plusieurs stages avec l’Equipe de France, Viviane Marino espère se qualifier pour les championnats d’Europe en juin. Ce qui serait sa première échéance importante internationale. Chapeau !

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