Marlène Montaz et Hervé Requet se sont associés il y a un peu plus de trois ans. Elle est une championne émérite de natation, lui est un homme d’affaires confirmé toujours à l’affût d’un bon coup. Ils se sont rencontrés, ils se sont entendus, et aujourd’hui ils sont les heureux gérants d’une institution, la salle « de Satori », rebaptisée Azur Satori Club. Plus de trente années que le bâtiment accueille des centaines de pratiquants, à la fois adeptes de la musculation tendance lourde, mais aussi les boxeurs, les fans de fitness ou les accros au RPM. 30 ans d’histoire, un lourd héritage ? Plutôt un argument supplémentaire en faveur d’une salle qui connaît aujourd’hui un joli renouveau, parce qu’il fallait sûrement la gérer autrement que ces dernières années, en y injectant une bonne dose d’humanité, de sérieux et de convivialité. Dialogue à trois avec d’heureux gestionnaires.

Marlène tu as un grand passif de sportive de haut niveau, c’est bien ça ?

J’ai pratiqué la natation pendant 15 ans, en participant aux championnats de France, etc. Mais il a bien fallu trouver un jour un vrai métier, et ce métier, naturellement, c’était coach sportif.

C’est Hervé qui t’a embarquée dans cette aventure ?

Je suis tombée sur des patrons qui ne s’intéressaient pas au sport, qui se fichaient de l’être humain, ça ne correspondait pas du tout à ma façon de voir ce métier-là, ils ne pensaient qu’à l’argent et rarement au bien-être des personnes. Avec Hervé on a eu l’occasion de se lancer, avec d’autres méthodes qui nous correspondaient plus.

Et c’est comme ça que vous avez transformé le club.

On a repris les valeurs du passé, l’esprit de bien-être, la convivialité, des bases simples. Ensuite on a tout remis au goût du jour, il y avait beaucoup de choses à faire, au niveau des cours, des locaux, des profs, des machines.

Quels sont selon toi les gros points forts de Satori ?

Les valeurs qu’on véhicule ici, le grand espace d’ouverture 7/7, très tôt le matin et tard le soir. Les gens viennent ici pour transpirer et c’est cool, ils s’éclatent. L’encadrement, aussi, avec des profs qui sont tous diplômés et qui connaissent leur métier, ils sont là pour ça, à la fois sur le plateau de musculation qui est très grand, et pour assurer les cours collectifs. Ils savent enseigner, s’occuper des gens, ce ne sont pas des starlettes.

Avec 50 euros par mois, on n’est pas dans le low-cost ni dans le luxe. Vous avez un avis, sur les salles qui pratiquent des tarifs très bas ?

M : C’est très bien pour ceux qui ont un budget serré, ce ne sont pas les mêmes services, on rentre chez soi prendre sa douche après un peu de sport sur des machines à charge guidée, c’est complètement différent.

Pour assurer tout ce service, il a fallu remettre à jour pas mal de choses. Une longue et difficile rénovation ?

M : Plutôt, oui. 3 ans et demi et on a toujours l’impression qu’il y a quelque chose à faire, les normes et les machines évoluent, les machines sont énormément sollicitées, il faut les entretenir, c’est du temps et de l’argent, il faut rester dans le rythme.
Hervé : Idem pour la garderie, qu’on a voulue grande, gérée par des filles diplômées du CAP petite enfance, équipée de toilettes indépendantes, vidéo-surveillée comme le reste de la salle. Elle fait 50m², avec deux filles qui tournent en permanence. On chouchoute les enfants autant que les adultes, il y a toujours quelqu’un sur le plateau, c’est très important pour nous. Autant que de proposer des choses qui vont au-delà de la salle de sport comme notre partenariat avec l’AJSR, qui propose en complément des cours de boxe ici-même.

Marlène, toi qui a fait beaucoup de sport à haut niveau, est-ce que tu trouves que le sport a changé, en France ? Et le rapport que les gens ont avec le sport ?

M :J’ai longtemps fréquenté les petits clubs associatifs, des petites structures familiales et conviviales. Les clubs se débrouillaient avec des bouts de chiffons pour faire plaisir aux enfants, les parents qui accompagnaient, etc. Et ça se perd au fur et à mesure, dans les salles de sport, ça, le côté « salle de quartier », où l’on discute, où l’on se rencontre. Les gens se renferment de plus en plus, ils sont sur leurs téléphones, comme chez eux, ils ne partagent plus autant qu’avant. On aimerait bien que ce soit un peu moins comme ça, que les filles se sentent bien en faisant du sport au milieu des autres, que les mecs viennent avec l’envie de progresser, de constater la perte de leur poids par exemple, que tout le monde se sente bien.
H : C’est pour ça qu’ici on mise beaucoup sur tout ça, on aime savoir que le regard des autres ne juge pas. On s’en fout que les gens soient en surpoids, ou ne sachent pas danser dans les cours collectifs. Les cours de danse, c’est tamisé, on éteint les lumières et les gens s’éclatent. Le plateau est complètement mixte, il est fait de telle façon que les hommes et les femmes sont plus ou moins séparés, mais pas complètement, il y a une belle osmose, les gens s’entendent bien parce que l’endroit est propice à ça.

C’est souvent un frein, ça, pour les gens qui aimeraient faire du sport, mais pas au milieu des autres.

M : C’est pas le but, il faut que les gens soient à l’aise et se comportent bien. C’est pour ça que les low-costs marchent bien, parce que les gens mal à l’aise avec leur image viennent tard quand il n’y a personne. Ici ils peuvent venir en journée, être accompagnés sur le plateau, si on sent que quelqu’un est un peu mal à l’aise on n’hésite pas à rester un peu plus longtemps, pour que ça se débloque et que tout se passe bien.

D’ailleurs les pratiquants communiquent aussi beaucoup entre eux. La musculation c’est aussi un univers où les conseils fusent, non ?

M : C’est vrai, ça complète bien le boulot de nos super coaches.
H : Et pour les gens qui sont un peu moins à l’aise on a aussi développé toute une gamme de cours plus zen dans une salle dédiée, avec du stretching, du yoga, du pilates, pour muscler leurs corps en profondeur sans taper dans le cardio. Elle fait 150m², on l’a décorée dans une esthétique zen, et elle est à l’abri des regards. C’est important de proposer des offres adaptées à tous, du RPM très intense à ces choses-là plus tranquilles. Il en faut pour tout le monde et on essaie de proposer le plus large choix possible.

Est-ce que le marché des salles de sport est saturé, localement ?

H : On n’est pas là pour faire du remplissage. On est à presque 1200 clients, on partait de 300 il y a un peu plus de 3 ans. On aimerait arriver à 1500, pas plus, même si on a la capacité d’accueil pour ça. On n’a pas envie de transformer cet endroit en usine, de peur de perdre le côté convivial qu’on a eu du mal à retrouver en reprenant la salle, qui l’avait perdu. Avec Marlène on y tient beaucoup, donc je pense qu’à 1500 inscrits on va bloquer les inscriptions. Certains ne réfléchissent pas comme ça. Il y a du potentiel, encore, des gens à attirer qui viennent d’autres clubs, comme certains de chez nous peuvent aller chez les autres, dans ce domaine-là, la fidélité des gens est relative, comme au restaurant. On peut aimer manger quelque-part, délaisser l’endroit un temps et y revenir avec plaisir. On va continuer de développer les choses, investir encore pour proposer des services de qualité. On est tranquilles, on est des patrons heureux, on est bien avec nos adhérents et ils ont l’air d’être bien avec nous !

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