Mickaël Amsallem est un homme qui a réussi. Avec le club de sport qu’il a créé en 2003, Elit Fitness, il a redonné goût au sport à plus de 5000 personnes en mal de transpiration, de courbatures et de satisfaction du travail accompli. En ouvrant successivement trois clubs entre Fréjus et Roquebrune, la marque Elit Fitness se développe chaque année davantage. Plongé dans le monde du sport depuis plus de 20 ans, le patron a plein de choses à dire sur le marché très concurrentiel des salles de sport, et sa position d’homme fort sur le territoire ne l’empêche pas d’analyser la donne avec beaucoup de recul. Pas plus qu’elle ne l’empêche de continuer d’échafauder toujours plus de projets pour continuer de donner envie aux gens de fréquenter les salles de sport, si possibles les siennes. Mais ça, c’est de bonne guerre !

Mickaël depuis combien de temps existe la structure Elit Fitness ?
On est ici depuis 2003, avant c’était un Moving, qui semble-t-il était assez mal géré. Ça a ensuite été repris par un indépendant, puis nous sommes arrivés après avec une franchise parce que les franchises avaient à l’époque vraiment le vent en poupe. J’avais déjà 10 ans d’expérience dans ce domaine-là puisque j’avais un club à Mandelieu , qui s’appelait Elit Center, ainsi qu’un petit club à Cagnes-sur-Mer.

Tu as toujours géré des clubs de sport ?

Non, dans une autre vie j’étais comptable mais je fréquentais les salles parce que j’étais sportif moi-même. Je jouais au foot, j’étais blessé, et les gens qui avaient repris le club de Mandelieu que je connaissais avaient quelques soucis pour gérer la comptabilité. Ils m’ont dit « Mickaël ce serait bien que tu viennes dans la structure pour nous aider un petit peu. Je suis rentré dedans, ça m’a plu parce que je baignais encore à fond dans le monde du sport.

Comment d’une petite salle de sport, on arrive à créer une structure comme Elit Fitness, avec ses trois clubs ?

C’est le temps, qui fait son œuvre. À l’époque on avait une façon de gérer qui était essentiellement basée sur la fougue, j’ai un petit peu gardé ce côté-là, avec l’envie d’organiser des événements à l’extérieur, etc. L’idée c’est de proposer aux gens de retrouver le sourire, c’est d’ailleurs notre slogan, il faut que les gens viennent et sortent avec la banane. Tout ça ce sont des principes qu’on avait déjà à l’époque quand on était jeunes et fous, le but c’est qu’ils aiment « fréquenter » le club.

Mais tu as quand même réussi à développer rapidement la marque « Elit » en ouvrant deux autres clubs.

Ce n’était pas le projet initial. Au départ j’avais un associé avec qui j’ai travaillé pendant 7 ans, la vie a fait qu’on se sépare en très bons termes. Quand je me suis retrouvé seul, finalement, j’ai eu des idées plus claires et j’ai eu envie d’agrandir un peu parce que quand ça se passe bien, je finis par m’ennuyer. C’est le problème des perpétuels insatisfaits. La Palud, un concurrent devait s’y positionner et quand j’ai su que j’avais l’opportunité de le faire moi-même je l’ai saisie. Et Roquebrune c’était un peu la même histoire. J’avais déjà pour projet de commencer à développer la marque, une opportunité s’est créée. Je voulais surtout aller dans le Var-Est, Roquebrune c’était la limité géographique, ça faisait trop loin pour les gens qui auraient voulu venir chez nous. Donc on a fait une étude de marché, on s’est rendu compte que la zone commençait à bien prendre. Le temps parlera mais ça monte, on est déjà à 1000 adhérents là-bas.
Combien de personnes ça implique, Elit Fitness, adhérents, employés, intervenants ?

5000 adhérents, on est une trentaine à travailler en permanence, plus les intervenants extérieurs. On travaille avec des coaches indépendants qui nous versent une location de salle. Ils gèrent eux-mêmes leur temps et leurs clients et utilisent nos installations et nos fichiers clients.

Entre le moment de la création d’Elit et aujourd’hui, la concurrence s’est accrue. Est-ce que ça a beaucoup changé la donne ?

Aujourd’hui le marché se nivelle vers le bas, et c’est dommage. Les gens sont sujets à des problèmes de budget. Nous ce qu’on veut c’est proposer un service aux gens. Le low-cost c’est 30 balles par mois, nous on se situe dans un standard à 50 à peu près, mais ce n’est pas du haut de gamme. Il n’y en a pas encore ici mais ça ne saurait tarder. Aujourd’hui, les gens veulent payer du service. Dans nos clubs on se bat pour le suivi, on se bat pour prendre de leurs nouvelles, on les appelle, on met en place des actions, on essaie souvent de savoir pourquoi ils sont inscrits mais ne viennent pas. Le low-cost est une réalité et je suis convaincu qu’il y a de la place pour tout le monde. La différence c’est que le low-cost, au bout d’un moment, on n’y va plus. Parce qu’il n’y a pas de service, ne serait-ce que le bonjour de l’accueil. L’ouverture très tôt/très tard c’est un faux argument. On ouvre à 7h du matin, s’il y a dix personnes à ces heures-là c’est le bout du monde. Quand je passe devant des clubs censés être ouverts jusqu’à 23h ils sont éteints à 21.

Le luxe et le low-cost, ce sont des segments sur lesquels tu souhaites t’aventurer ?

J’y réfléchis de plus en plus. Je serais plutôt tenté par le niveau au-dessus, je suis convaincu que les gens aimeraient avoir des services en plus, de l’attention.

Les clients de salles de sport sont de plus en plus nombreux. Est-ce que tu crois que la tendance va encore s’accentuer ?

En France on a un taux de fréquentation très bas, le plus bas d’Europe, on n’est pas sportifs. Les Italiens, les Espagnols sont à 14% de la population, , ici on tourne à 7. Donc il y a encore de grosses parts de marché à conquérir. Mais la malbouffe, le stress, les gens qui se retrouvent seuls…On vient beaucoup dans ces lieux pour créer du lien social, on y rencontre beaucoup de monde. C’est pour ça aussi qu’on essaie de créer des événements à l’extérieur, comme Coach-Lanta, et deux autres gros événements qu’on mettra en place cet été. On sort, on essaie d’organiser des choses dans les discothèques, dans des endroits ciblés, tous les deux trois mois.

C’est important d’ « exporter » la marque ? Un club de sport c’est plutôt un endroit clos, non ?

C’est là qu’on se rend compte que les gens nous suivent ! L’année dernière on a eu plus de 1000 personnes qui sont venues danser avec nous au Mas des Escaravatiers, on a organisé un événement à la plage de la Tortue qui a cartonné avec 900 adhérents, ça démontre le fait que nos clients aiment ce genre de choses.

C’était une volonté, de créer une communauté ?

Je voulais qu’il y ait une vie autour du club. Qu’il n’y ait pas que le club en lui-même.

C’est beaucoup lié aux cours collectifs, la communauté, non ?

On est affilié à une marque de cours, on n’a rien inventé. Ce qu’on se doit de faire c’est de demander à nos profs de suivre des formations, et à nous de contrôler cette formation. On utilise les concepts de cours LesMills, les numéro 1 mondiaux en matière de fitness, c’est un label de qualité. Ils sont bons sur la musique, la chorégraphie, le coaching, l’expérience, tous les cours ont leurs spécificités, les cours dansés, musculaires, de stretching, de remise en forme, ils ont même développé les cours dans l’eau, des choses pour les enfants auxquelles on s’est mis aussi. Aujourd’hui un club de fitness qui n’utilise pas ces cours-là, c’est un club has-been. Tout ce qui se fait ici, pratiquement, est sous la licence LesMills, et tous les profs salariés du club sont formés à ça. C’est très encadré.

Elit accueille aussi des sportifs de haut niveau. C’est important pour la visibilité, la notoriété du club ?

J’ai souhaité me rapprocher du SRVHB parce que c’est un club dont j’aime les valeurs. C’est humain, c’est le combat, la générosité, ça fait quelques années que l’on a lié un partenariat et cette rencontre m’a beaucoup plu. J’aime bien l’idée d’être partenaire d’un club comme celui-là, sans faire offense au football, mais on en parle un peu moins parce que ce n’est pas le même niveau. J’aime le foot, hein, c’est de là que je viens ! L’entraîneur du hand, Joël, est un homme très simple, les joueurs fréquentent le club, ils s’entraînent dur, ils essaient les nouvelles méthodes d’entraînement, tout ce qu’on propose.

Pour finir, est-ce que le chef d’entreprise que tu es a le temps d’utiliser ses propres infrastructures ?

Pour moi c’est un équilibre. Si je ne fais pas de sport deux fois par semaine, j’enrage. J’ai besoin d’avoir du temps pour moi, je prends rendez-vous avec le coach et avec moi-même, c’est fixé dans mon agenda, c’est calé, et je ne me cherche jamais d’excuse pour ne pas le faire. Je vais même essayer de rajouter une séance, ça devient un besoin, j’ai toujours fait du sport, c’est une hygiène de vie. De plus en plus de chefs d’entreprise ont pris conscience de ces besoins -là, ils prennent des coaches et n’y dérogent jamais. Le quotidien, le stress, le boulot, on a besoin de faire du sport pour couper un peu. C’est le seul moment de la journée où j’ai rendez-vous avec moi, en sortant de là je prends un douche et je prends la vie un peu plus cool. Ça va mieux.

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