La télé parle sans arrêt. La radio parle encore plus parce qu’elle n’a pas d’images à proposer. Et ces deux bêtes-là, il y a des centaines de journalistes, de politiques, de chroniqueurs, d’animateurs, de participants à des jeux débiles, de « pas contents », de fous furieux, et même quelques gens brillants avec de bonnes idées, pour les alimenter sans arrêt. C’est difficile de fabriquer quelque chose de compact et de cohérent avec du vent et du vide. Et ce n’est pas possible de faire cuire une baguette de pain en utilisant toujours la même farine. C’est pourtant ce que font les chaînes d’info ! Cette semaine, le grand débat d’idées qui a rythmé la Zumba des neurones portait sur la pertinence de maintenir les jours fériés du mois de mai. Dans le coin rouge, les patrons en colère, qui vont perdre du pognon et qui estiment que les jours non-travaillés, c’est l’appauvrissement d’une France déjà exsangue. Dans le coin bleu, les ouvriers qui crient merci, pour une fois que le 1er mai ne tombe ni un samedi ni un dimanche, que le jeudi de l’Ascension va donner lieu à un joli pont, et qui se disent qu’un peu de temps libre va recharger les batteries. La bourgeoisie contre le prolétariat. Le Médef contre les syndicats. Mayweather contre Pacquiao. Des heures à parler de ça dans le vide, pour rien. Parce que dans le fond, tout le monde s’en fout, de ces questions-là. Elles n’intéressent que ceux qui doivent absolument manifester leur désaccord avec le camp d’en face, comme…les hommes politiques, par exemple, qui ont tous un avis sur la question, pourvu que leurs adversaires en aient formulé un. Un débat idéologique stérile comme il en existe tant d’autres, comme les médias nous en fabriquent une remorque de 96 mètres cubes par jour. Heureusement que la semaine prochaine on va causer du 70e anniversaire de l’armistice de 1945, là au moins on risque de tomber sur une sorte de consensus où tout le monde est plus ou moins d’accord. Le drame c’est qu’on va tellement nous abreuver d’informations déjà entendues des milliards de fois que le peu d’éléments nouveaux risque de passer inaperçu. Parce que meubler des heures d’antenne avec une vieille affaire, si importante soit-elle, c’est compliqué. Mais croyez-le ou non, ils vont le faire. On va en voir, des mecs qui descendent d’un avion en costard noir, et des femmes en tailleur, vous verrez !

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