Ça se passe ce week-end à la Base Nature, et ça ne va laisser personne indifférent. Parce que l’histoire d’amour qui unit les Français et les voitures est apparue en même temps que le moteur à explosion. Ne surtout pas confondre le Retro Auto Forum (ou RAF, comme l’appelle son créateur Jean-Paul Buntinx, qui se surnomme aussi lui-même « le Belge ») avec le Défilé d’Elegance Automobile qui a lieu chaque année sur le golf de Valescure. Rien à voir ! Le RAF, 7e édition, est avant tout un rendez-vous de collectionneurs, d’amateurs, de chineurs, de passionnés de vieilles voitures de grande classe, qui admirent, discutent, achètent, vendent, et surtout échangent autour de celles qui sont quasiment des rivales pour leurs épouses tant il les aiment. Même si celles qui roulent mises à l’honneur cette année dépassent allègrement les 80 ans, puisque le RAF rend hommage ce coup-ci aux véhicules des années folles, et que les années folles, elles ont commencé en 1920…

Recherche de rareté

« Le but de ce genre de salons, c’est aussi de montrer au public des voitures que les gens ne connaissent pas, qu’ils n’ont jamais vu », nous raconte le créateur Jean-Paul Buntinx. « Je suis passionné par tout ça depuis l’âge de trente ans. C’est très difficile d’organiser ça ! On a préparé le 1er salon en 2007pour 2008, on l’a mis sur pieds avec ce qu’on a pu trouver comme véhicules. J’ai fait la tournée de tous les salons de France, comme un VRP : Paris, Lyon, Avignon, etc… J’avais proposé au maire de l’époque de le faire, je ne connaissais personne. Il m’a dit « faites-moi un courrier », je l’avais déjà écrit, je lui ai donné, il m’a répondu « vous, vous tirez vite ! ». Action, réaction. Il m’a mis entre les mains de l’office de tourisme de Fréjus, c’est comme ça que ça a démarré. Il a fallu que je rencontre tous les services de la mairie, parce qu’ils sont tous impliqués ou presque, maintenant je les connais tous. Je travaille en association avec un bureau de « jeunes », entre 40 et 50 ans, tous passionnés, collectionneurs. On se divise les tâches, on a doublé les postes parce que tous sont en activité et pas forcément disponibles à 100 %. Et comme nous sommes une association, on ne gagne pas d’argent, donc on reverse ce qu’on gagne à des œuvres caritatives, comme le KIWANIS (qui finance une structure qui lutte contre la mucovicidose), le Rotary, le Lions, Entr’aide 83.

Au maximum de ses capacités !

Quand on lui demande si le RAF peut encore s’agrandir, Jean-Paul Buntinx est un peu septique : « on arrive à réunir 14 000 personnes, j’aimerais 15 000 mais on n’a que trois côtés : on touche le Var, le 06, au dessus le 04 et le 05, mais au sud, on a la mer. Avignon et Lyon centralisent plus (rires). »

Ces 14 000 visiteurs auront cette année la chance de découvrir des véhicules extrêmement rares, sortis entre 1920 et 1930, souvent issus d’usines ayant appartenu aà des marques disparues depuis bien longtemps, parfois même inconnues du grand public : « on l’a déjà fait il y a 7 ans, mais j’estime qu’il faut y revenir. On avait rendu hommage à des grandes marques françaises disparues comme Delage, Delahaye, les marques des années 40-50, disparues depuis plus d’un demi-siècle. On l’ aussi fait pour les marques populaires comme Simca, ou les fameuses Panhard-Levassor. » Toutes ces voitures, pour Jean-Paul Buntinx, elles ont avant tout une histoire, qui parfois le touchent personnellement : « j’ai pris une Delahaye en photo à Lyon, et j’ai voulu la mettre sur l’affiche du RAF. Quelqu’un de Draguignan m’a appelé pour me demander si j’avais l’autorisation, il m’a donné les coordonnées du propriétaire. Je l’ai appelé, il avait certainement été averti. Il m’a dit « je ne vous ferai pas d’ennuis, et si vous voulez, je la mets dans un train de nuit et je vous la descends. » C’est ma plus belle réussite, c’est devenu mon meilleur ami, il sera là cette année aussi.

Le seul salon du Sud-Est

Le RAF, encore une fois, n’a rien à voir avec le défilé d’élégance du golf : « ils en sont à leur 20e année. Là-bas, les voitures sont exposées l’après-midi, à 16h elles défilent on élit la plus belle et c’est fini. Ici c’est plutôt comme un grand salon, avec une exposition statique et plein de choses autour, de la restauration, etc. On est les seuls dans le Sud-Est, ils ont essayé d’en monter un vers Nice, mais il n’a pas rencontré le succès escompté, parce qu’ils n’étaient pas au bon endroit, et qu’ils n’avaient que des chapiteaux. Les collectionneurs n’aiment pas trop ça. » Le point fort du RAF, c’est sûrement sa bourse d’échange : « des commerçants qui font le tour des collectionneurs, qui fouinent dans les garages, j’en connais des types de 80 balais qui ont gardé des trucs, comme des volants, des pare-chocs chromés, des allume-cigares, ils gardent tout. Les boursiers rachètent ça en lot, et les revendent dans des bourses comme au RAF. Un collectionneur comme moi à qui on a piqué un allume-cigare, ou qui ne veut pas faire re-chromer son pare-choc parce que ça coûte très cher. Il y aura environ 1000 voitures de collection sur le parc, et dès 9h c’est plein ! Cette année, on aura une soixantaine de voitures exposées dans l’espace Caquot, autour de la thématique des années folles, et des deux anniversaires, la Citroën DS et la Peugeot 403.

La reine de la fête : la Bugatti type 46, ou « Petite Royale »

La Bugatti type 46 est également connue sous le nom de ‘PETITE ROYALE’. Elle mérite ce surnom flatteur grâce à son imposant moteur, son luxe, ses belles roues en alliage et sa ressemblance avec la type 41 Bugatti Royale. C’est au salon de Paris de 1929 que fût présentée au public la Bugatti type 46. Les grands carrossiers de l’époque, et l’usine, équipèrent son beau châssis de carrosseries souvent originales et très élégantes. Cette voiture était très agréable à conduire, puissante et silencieuse. Elle se voulait rivale des Rolls Royce et Hispano contemporaines.

A cette époque, nombre d’entre elles participeront à des concours d’élégance avec un succès certain. Cette Bugatti immatriculée en 1930 à Bordeaux fera ensuite le bonheur d’un pilote d’acrobaties aériennes qui la fait re-carrosser dans une étonnante « livrée » chère à Ettore. Au milieu des années trente, elle est domiciliée à Carcassonne, puis en 1939 elle est immatriculée dans le Sud-Ouest. Après la guerre, elle est utilisée par un mécanicien qui la conservera de nombreuses années. Dans les années 80, il commence la restauration du châssis ; la Bugatti est ensuite cédée à son propriétaire actuel qui terminera l’entière restauration. La Bugatti type 46 « cabriolet Ettore » sera présentée à de nombreux concours d’élégances : Monaco, Koweït, Nice…Elle a participé également au Festival International Bugatti en 1992. Aujourd’hui, ce véhicule participe régulièrement à diverses manifestations pour le plus grand plaisir de son propriétaire.

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