D’Emmanuelle Bercot – Avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoit Magimel

 

Film dur, film intense, film « sale ambiance », « La tête haute, c’est tout ça à la fois. Un postulat de départ dégueulasse comme un OM-PSG des années 90 : tout va mal, rien n’est engageant, on sent que tous les protagonistes ont une vie misérable, à commencer par le héros, Malony. Fils d’une mère-fille perdue pour la cause, égoïste à souhait qui ne pense qu’à se débarrasser de ses gosses devant l’assistante sociale, il est considéré comme délinquant par sa mère à l’âge de…6 ans. Chouette départ dans la vie pour un gamin qui ne demandait qu’à empiler tranquillement des cubes pour développer ses facultés sensorielles. Il est pris en charge par une dame qui endosse la lourde responsabilité d’être juge des enfants (Catherine Deneuve, aussi malsaine à regarder que fascinante à diriger, si l’on en croit le talent dont elle fait preuve dans le film), et qui voit défiler chaque jour la misère de Dunkerque. Ajoutez à cela une incursion dans le monde des centres pour jeunes en difficulté (tendu), la participation active d’un éducateur qui sort lui aussi de la misère infernale (Benoît Magimel), une fille de 15 ans en pleine rébellion pour ajouter un peu au malaise. Whoua, on va se calmer !
Merci Mad Max
C’est traditionnellement le cinéma social qui se taille la part du lion à Cannes. Cette année encore, le cinéma français a eu du pot, puisque Mad Max, qui devait faire l’ouverture du festival, a été déplacé au lendemain, c’est donc « La tête haute » qui a profité de la méga-exposition. Bonne nouvelle, le film a attiré beaucoup de monde en salles lors de la première semaine, et à juste titre, puisqu’il est bon. Un peu comme un Jacques Audiard, ou une Maïwenn en état de grâce (perdu depuis « Polisse »). On y croit, à fond, et on subit avec tous les protagonistes les rouages de la descente aux enfers : tribunaux, gardes à vue, délinquance, vie affective tordue, prison, redressement, haine, rage intérieure. C’est parfois pénible, mais c’est aussi le but. Rod Paradot surjoue peut-être un peu la haine, et encore. Deneuve est en place, Magimel aussi. Sarah Forestier est infernalement désastreuse humainement, exactement la caricature qu’iml fallait pour donner corps à cette mère qui ne parvient jamais à rattraper le coup. Un film désespérant, négatif, qui regorge d’assez peu de surprises, mais qui vaut le coup qu’on s’y attarde.

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