Il fait un peu de tout, souvent très bien. On l’adore parce qu’il est trash, on le déteste parce qu’il montre son cul. Son mégaphone nous manque, mais à lui, pas trop. Il est derrière le personnage devenu mythique de Fatal Bazooka, le rappeur des Alpes. C’est pour tourner un clip (et faire sa promo) que Michaël Youn était au Colisee la semaine dernière. On en a profité pour lui poser quelques questions sur son actualité, sa vision sur la télé depuis qu’il l’a plus ou moins quittée, et en savoir plus sur ce qu’il a désormais envie de faire de ses personnages, Fatal en tête, parce qu’il reste celui qu’il a le plus réussi. Si bien qu’il peut le mettre à toutes les sauces, enfin presque.
Comment ça se fait que tu aies l’air si fatigué ? Tu viens de loin ?

J’arrive de Paris. En ce moment j’écris un scénario, je viens de finir une série, l’album de Fatal Bazooka, et je viens de finir de tourner un film en Belgique. Donc oui, un peu fatigué

Tu vas tourner un clip de Fatal ici, au Colisée. Comment tu trouves cet endroit ?

Mortel, j’adore ! C’est impressionnant, un très bel établissement, c’est la première fois que je rentre dans une boîte qui ne sent ni le vomi, ni les cendriers froids, ni l’alcool tombé sur les canapés. C’est parce que c’est neuf, reviens à la fin de l’été ici tu la verras, cette petite odeur ! C’est rare de rentrer dans une boîte de jour et de ne pas voir l’envers du décor. Là tout est nickel !

Tu sais que ce n’est pas seulement une boîte de nuit ?

C’est une salle de spectacle, aussi ? C’est une très bonne idée, ils peuvent faire plein de trucs, ci !

Tous les matins à 7h, en l’an 2000, on voyait un mec tout nu dans la rue, sur M6, qui hurlait dans un mégaphone. Ça te manque, la télé, le Morning Live ?

Non, j’adore ça mais si ça me manquait je pense que j’en ferais. Je suis content de faire du cinéma, ce qui me manque, en vrai, c’est la scène. C’est pour ça que je m’éclate quand je fais les clubs, parce qu’il y a les gens, une scène, et la scène me manque vraiment.

Surtout que ton spectacle « Pluskapoil » avait bien marché !

C’est pas que je ne m’autorise plus à le faire, mais c’est l’organisation de la vie, qui veut ça. Je suis arrivé à un moment où je suis parti dans un sens. Je n’ai pas le temps de faire tout ce que j’ai envie de faire, hélas. Mais j’aimerais bien reprendre une émission de télé, par exemple. Pour l’instant ce n’est pas dans les cartons. J’ai peut-être un petit projet sur TF1 à la rentrée, on verra, pour l’instant c’est pas dans les cartons. Mon vrai problème c’est de constater qu’il n’y a que 24h dans une journée.

Tu trouves que la télé a changé, depuis que tu l’as quittée ?

Je la regarde très peu, et j’ai toujours fait ça. Je regarde beaucoup de matches de foot, par contre, je suis très branché Canal Football Club, Bein Sports, les trucs comme ça ! Tous les matches de championnat, la ligue des champions ! Par contre le cinéma, ça, ouais. Un film par jour, en consommation.

Et c’est quoi ta came, en matière de cinéma ?

Les bons films. J’aime les comédies, bien sûr, mais j’ai pris mon pied en regardant Interstellar. J’ai pas de goûts fermés en matière de cinéma.

Tu as créé plein de personnages, pourquoi est-ce que c’est celui de Fatal qui a pris le pas sur les autres ?

C’est le seul qui a vraiment fait un album. Les Bratisla’Boys c’était plutôt un pied de nez. Le fait d’avoir fait un vrai album, ça a démarré une histoire d’amour entre le public et lui. C’est pour ça que je continue à utiliser Fatal pour faire de la musique, c’est presque devenu un alter-ego. Je rencontre des gens dans la rue qui me demandent « salut Fatal, comment tu vas ? Bien ? », et ils ne veulent pas me faire une vanne, quand ils me disent ça. Ils pensent vraiment que c’est mon nom ! Donc je me suis dit que cette « marque », je pourrais continuer à l’utiliser, parce que les gens l’aiment bien, et qu’elle représente un truc. Je ne sais pas si j’ai raison, hein ! Mais si demain je veux faire du rock ou de l’électro, peut-être que Fatal peut le faire. Cela dit j’ai testé des choses sur le nouvel album, et dès que je suis sorti des choses habituelles, il manquait quelque chose. Les gens l’aiment parce qu’il est excessif, bling bling, bas de plafond, dès que j’essaye de l’amener vers autre chose c’est compliqué. Je ne peux pas le faire vieillir, un personnage ne vieillit pas. Brice de Nice ne peut pas avoir les cheveux courts, par exemple !

C’est difficile de faire un album complet avec un personnage habitué aux coups, qui sort les clips les uns après les autres, d’habitude ?

C’est pas simple, effectivement. Je suis en plein dedans, et je m’aperçois qu’il y a deux ou trois trucs où je me suis planté. Mais je m’en rends compte, j’essaie de trouver le bon chemin et c’est pas facile. Fatal c’est que des coups, il ne peut pas y avoir de type d’album. Fatal c’est une grosse vanne après l’autre, sa sœur qui vient chanter, c’est que des trucs comme ça, tu ne peux pas faire un ballade ou il vient te parler de la vie et de l’amour, les gens s’en foutent de ça, et moi aussi, en fait !

T’as déjà d’autres idées de personnages ?

Oui, j’en ai, je les réserve pour la série. Je vais faire un personnage qui vient des Ardennes, avec un accent chelou, qui s’appelle Kevin Hernandez, numéro 10 de l’équipe de France de foot, à qui il va arriver des problèmes parce qu’il s’est fait surprendre avec une prostituée mineure. La ressemblance avec des faits réels est fortuite, hein. Il va se faire jeter de l’équipe, et le sujet de la série, c’est comment il va faire pour retrouver sa place, redorer son blason, etc. C’est une série sur le foot, sans foot.

Toi qui a ramené une dose de trash à la télé, pas toujours de bon goût mais souvent drôle

(Il coupe) J’ai déjà travaillé avec Franky (du Colisee), en 2008, on a tourné un clip dans la région. Il a trouvé la maison, on avait casté des filles en boîte, e à un moment dans le clip j’écrasais un gâteau dans la gueule d’une nana pour lui souhaiter son anniversaire, il paraît qu’elle a dû quitter la région tellement on lui a balancé la vidéo, donc effectivement ce n’est pas toujours de bon goût. J’ai eu des problèmes avec les 11 Commandements, aussi. Est-ce que je me suis assagi ? C’était ça ta question ?

Non ! Je te demandais si des gens comme toi, ou comme Sacha Baron Cohen, ça ne manquait pas un peu à la télé ou au cinéma ?

Des mecs comme Django Edwards, ou même José Garcia. Quand il arrive sur un plateau tu sais qu’il va se passer un truc. Mais la télé donne moins envie de déconner, aujourd’hui. Tout est tellement fabriqué, qu’il n’y a plus de place pour la spontanéité et le plaisir. Heureusement il reste quelques petits îlots, mais on oublie qu’à la base tout ça c’est du divertissement. On divertit avec les infos, on les rend plus dramatiques, et au lieu de faire venir des invités pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, on va aller vers leurs faiblesses. Moi je préférais les émissions de Drucker, où le mec accueilli sortait trois vannes préparées, mais au moins il avait l’air d’un génie. Je préférais cette télé qui montrait les vedettes comme des êtres exceptionnels que comme des gens normaux.

Et on ne s’attend plus, aujourd’hui, à ce qu’un type cul nul vienne dévaster les Victoires de la Musique…

Je ne sais pas si je le referais…Déjà, j’ai un peu grossi ! C’est ce qui m’a permis de rentrer dans le milieu sans que le milieu n’entre en moi, en défonçant la porte. C’est une étiquette que je me suis collé tout seul, et qui est très difficile à décoller. Le nombre de gens qui ne m’aiment pas est très grand, « à part montrer ton cul qu’est-ce que tu sais faire ? », je l’ai entendu tellement de fois. J’accepte la critique mais bon, entre la musique, le ciné, la radio, la réalisation, les clips, j’ai quand même l’impression de ne pas faire que ça ! Si c’est comme ça qu’on me résume, je veux bien, mais c’est réducteur !

Pour ne rien te cacher, après « La Beuze » et surtout « Iznogoud », je ne m’attendais pas à ce que le film « Fatal » soit si réussi.

Iznogoud c’est vrai que c’était pas franchement réussi. Film de Patrick Braoudé. Quand j’ai vu le résultat, j’étais pas très content. Ça a fait pas mal d’entrées, quand même, mais après tu les payes, ceux-là, de spectateurs.

Et Fatal, une suite ?

Peut-être, oui. Une suite où il se serait cassé la gueule en France, et où il part aux USA. C’est devenu un paria, il a besoin de revenir sur le devant de la scène, et pour ça il se dit qu’il lui faut un featuring avec Jay-Z. Et étant donné que je connais quelqu’un qui connaît bien Jay-Z, il y a peut-être moyen de faire quelque chose, de l’avoir pour un ou deux jours de tournage. Allez je croise les doigts.

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