Réaliser un film qui tourne autour des paradoxes temporels, ce n’est jamais facile. Zemeckis a fait école avec sa trilogie « Retour vers le Futur ». Depuis, les autres ont soit tenté des choses un peu compliquées à comprendre mains néanmoins très réussies (Terry Gilliam, avec son « Armée des douze singes »), ou se sont lourdement fourvoyés dans des navets incroyables (Simon Wells et son remake de « La machine à explorer le temps », alors qu’il y avait tant de choses à faire!). Brad Bird, lui, s’est vu confier les rênes d’un projet pharaonique par Disney, avec une mission très difficile : rendre compréhensible et divertissante une histoire compliquée perdue entre le présent, le passé, le futur, l’espace et les dimensions parallèles, avec en vedette les deux médecins les plus connus de l’histoire de la télévison : George « Doug Ross » Clooney, et Hugh »DrHouse » Laurie. Y a urgence dans la maison, et c’est pas Mickey Mouse qui va sortir notre bon Brad de là. Il va pour cela se débrouiller tout seul, et comme un chef.

Tomorrowland

Le principal problème de nos héros, c’est de comprendre comment on fait pour aller sauver le lieu où toute l’évolution du monde connu se décide, Tomorrowland. Ça ressemble au futur, mais est-ce vraiment le futur ? Une dimension parallèle ? Quelque-chose comme ça. En tous cas, ceux qui viennent de là-bas ont la possibilité de distribuer des tickets d’entrée aux élus de leur choix, des scientifiques la plupart du temps. Frank (George Clooney) faisait jadis partie de ces élus, alors qu’il n’était qu’un enfant très en avance sur son âge, capable de fabriquer, dans les années 60, des jetpacks pour un concours d’inventeurs. Il y rencontre Athena, une petite fille qui a grosso modo le même âge que lui, mais qui est extrêmement spéciale. C’est elle qui lui montre comment accéder à ce fameux Tomorrowland, où les voitures volent où les robots démesurés réparent les objets cassés en temps réel, et où semble régner une paix digne de DemolitionMan, avant que Wesley Snipes et Sly ne débarquent pour mettre le feu aux rues. C’est cette même Athena, inchangée, qui des années plus tard va chercher d’autres candidats pour sauver cet endroit spécial, où semble-t-il, une invention qui n’aurat jamais dû naître va mettre en péril l’humanité. Elle va pour cela croiser le chemin de Casey, une jeune fille hyper-déterminée à sauver l’emploi d’ingénieur de son père à la NASA.

Spectacle et sensibilité

Comme d’habitude chez Disney dans le cas des films avec acteurs live, la débauche de moyens n’est pas vaine. On est plongé dans un univers assez proche de StarWars (épisode 2), très lumineux, très futuriste, très Final Fantasy. C’est somptueux, évidemment. On est émerveillé en même temps que « Petit Franck » (François Feldman, pour les connaisseurs) lorsqu’il entre pour la première fois dans cette dimension parallèle. On pense un peu à Men In Black aussi, le rythme et l’humour en sont assez proches, la patte Disney polissant l’ensemble. Un film pour les enfants ? Un peu, mais pas seulement. Les adultes vont y trouver des enjeux dramatiques plus élaborés que dans un Toy Story. Et c’est là que Brad Bird et Disney font fort : ils mettent sur pieds des films à plusieurs niveaux de lecture, qui excitent le cortex e toutes les catégories d’âge. Vont-ils sauver le monde ? Le jet-pack va-t-il fonctionner ? Doit-on croire en un futur éloignée d’une ignoble et insupportable dystopie ? Est-ce que les robots meurent ? Toutes ces questions sont en suspens, et revêtent une importance capitale. Ça dépend de l’identité du spectateur. Sont forts, ces Américains !

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