15 000 balles. Il en remboursera 2 500. Pas facile, d’être premier ministre et fan de foot. Manuel Valls n’aurait pas dû aller voir la finale de la ligue des champions en avion privé. Avec ses gosses. Ou alors, il aurait dû le faire en 85, à la Miterrand, à l’époque où les grands de ce monde avaient le luxe de pouvoir s’en payer une bonne à l’abri des objectifs trop lents de photographes trop amicaux. Aujourd’hui, vivre dans le feutré est devenu impossible, et les médias s’emparent tout de suite du moindre écart. Alors le « fait du Prince », autant l’oublier, et toujours penser à l’oublier. C’est important. C’est dommage, parce qu’en plus son club de cœur, le FC Barcelone, s’est brillamment imposé face à la Juve. Mais comme le PSG s’est montré, une fois de plus, incapable de rivaliser avec le club catalan, la France d’en bas, nous, vous, s’est intéressée plus que de raison à ce vrai/faux voyage diplomatique, qui aurait dû rester informel et discret. Parce que la vérité, c’est que du voyage de Valls à Berlin pour aller voir un match, tout le monde s’en tape. À commencer par Michel Platini qui s’est retrouvé convoqué à l’Elysée pour évoquer le sujet, entre deux mots sur l’organisation de l’Euro 2016. Qu’on ne gagnera pas si on joue comme contre l’Albanie ou contre la Belgique. Et dont ne verra pas la finale au stade de France si l’on n’a pas pour habitude de déjeuner au Fouquet’s ou de côtoyer les mêmes prestataires de service que Dodo la Saumure. Une équipe de France dont tout le monde se plaint ou presque, hormis ceux qui ont la mémoire longue (ils sont rares) et qui se souviennent qu’il y a 5 ans, une bande de sales gosses a refusé de s’entraîner parce que le G.O. n’était pas cool. Au moins, ceux-là sont sur le terrain. Ils ne râlent pas trop d’être jugés sur des matchs amicaux inutiles, joués en fin de saison, contre des équipes qui se se seraient elles aussi bien passées d’une extension de calendrier. La bonne nouvelle, c’est que ces matchs-là, on a le temps d’en parler sur le plan football, puisque Manu a eu la présence d’esprit de ne pas s’y rendre.

Par Renaud Séchage

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