Le tennis et lui, c’est le genre d’histoire d’amour qui ne connaîtra jamais la rupture. Pascal Albuixech est le directeur du Tennis Club Gallieni (TCG) depuis 2000 et le gère plutôt bien. « Mais je ne suis pas seul, on est un binôme ». Son binôme, c’est Rodolphe David, le président du club depuis trois ans avec qui il travaille main dans la main. Les deux hommes savent où ils vont et surtout, où ils veulent amener leur club. Celui que l’on surnomme « Albu » attache une importance particulière aux jeunes et à leur formation. Il le dit lui-même, il est le Guy Roux du tennis. A quelques jours des finales du tournoi JPV, Pascal revient sur cette compétition vieille de 25 ans, dévoile ses projets et ses ambitions. Et autant vous dire qu’il voit grand pour son TCG.

Tu peux nous expliquer le concept de ce tournoi ?

C’est un tournoi du club. On a un fidèle partenaire qui est le Groupe JPV, un partenaire historique. Je remercie ce groupe qui a changé de patron mais qui n’a pas changé d’optique. Rodolphe David et moi sommes très attachés à ce tournoi. On forme un vrai binôme depuis trois ans.

Il y a un nouveau règlement qui nous interdit de faire jouer les catégories 8, 9 et 10 ans dans un tournoi normal donc on commence à partir de 11 ans jusqu’à 65 ans.

C’est un tournoi un peu atypique, pour la simple et bonne raison qu’en dehors des présentations, des remises des prix, c’est un tournoi qui est fait sur 20 jours, donc trois week-end et on joue beaucoup le soir.

Pourquoi le soir ?

Parce que les gens travaillent. Ce tournoi n’handicape pas la bonne marche du club parce qu’on continue les entraînements jusqu’au 22 juin.

C’est un tournoi très bien organisé mais il est très usant parce que tout est en même temps, tu ne t’occupes pas que du tournoi. Tu gères les douches, les entraînements, les résultats des gosses etc. C’est une très belle vitrine pour la ville et le club. Qui plus est, il y a quand même 8 000 licenciés en moins sur la Côte d’Azur donc nous, notre but c’est la recherche de licenciés.

Tout le monde peut y participer ?

C’est un tournoi open. A partir du moment où tu es licencié à la Fédération Française de Tennis, tu peux t’inscrire et y participer. Les joueurs viennent de partout. Cette année, on a un numéroté français qui vient, on a aussi des gosses du club bien classés : un à -2, un autre à -15. On a de bons joueurs qui recherchent les points au classement ATP, mais aussi le rêve, l’international.

Il y a eu un tournoi pour chaque catégorie, c’est ça ?

Oui. Il y en a un pour les 11 et 12 ans, 13 et 14 ans puis 15 et 16 ans. Ensuite tu as le tournoi simple messieurs et simple dames. Il y a aussi celui qu’on appelle « vétéran » pour les 35, 45, 55 et 65 ans. Par exemple, celui qui a 34 ans ne peut pas s’inscrire à ce tournoi. Et celui qui en a 35 peut participer aux tournois simple messieurs et vétéran.

Vous essayez d’apporter quelques nouveautés chaque année ?

Oui parce qu’à partir du moment où tu n’innoves pas, tu es mort. On a innové en créant un village, en faisant un pro shop et en organisant deux soirées. L’une pour l’inauguration de notre nouveau sport, le padel (sport originaire d’Amérique du Sud qui est un mélange de tennis et de squash) et l’autre pour la remise des prix avec un concert puisque la finale tombe le jour de la fête de la musique. Il y aura également un buffet sous la pinède. On veut que ce soit un lieu de convivialité. Il faut que ce club soit par le tennis, un lieu de vie. Puis jouer les finales le matin est aussi une innovation.

L’objectif c’est le développer encore plus ?

Oui, on veut le faire grandir. On va aussi se positionner pour monter un tournoi « spécial jeunes ». Un tournoi régional, qui deviendra national, puis international pour les jeunes en devenir à la Toussaint. Ce que je veux, c’est que dans quatre ans, les meilleurs minimes (13-14 ans) du monde viennent à Fréjus. Notre club est basé sur la formation. L’argent qu’on dépense part dans les installations et dans la formation. C’est un choix car ça coûte très cher mais on est dans l’action, c’est à dire qu’on veut entraîner, faire progresser ces jeunes.

Des recruteurs sont présents ?

C’est nous les recruteurs. Si on est bon, c’est les gens qui viennent te voir. Là, je viens de signer un petit jeune, très fort. Ils viennent nous voir et on leur explique ce qu’on fait, où on va. Après ça passe ou ça casse. Mon but c’est avoir les meilleures installations, les meilleurs entraîneurs pour les jeunes qui veulent progresser. Je n’irai jamais chercher quelqu’un, par contre je suis capable de le mettre dehors si il me pose des problèmes.

Tu as dû en voir passer des jeunes prometteurs. C’est dur de se faire une place, de sortir du lot dans le tennis ?

Très ! C’est un niveau technique et physique invraisemblable. Ca demande une rigueur incroyable. Après, c’est un sport individuel. Un joueur de foot va pouvoir faire une super carrière en étant moyen. Parce que si il joue derrière Zidane…

Au tennis, si tu es moyen tu ne te fais pas de place. Wawrinka gagne Rolland Garros parce qu’il est meilleur que les autres, hein. Il a ciré cinq mecs d’affilé, pas un, cinq. Mais c’est parce qu’il est bon.

Tu voulais faire du TCG le club phare du département. Mission accomplie ou pas ?

On en est pas loin. Il faut toujours travailler. Travail, rigueur, honnêteté. Tu sais, il y a deux statistiques pour connaître le club numéro un : le nombre de licenciés et la reconnaissance.

A un moment, tu te positionnes quelque part. Nous c’est : toutes catégories confondues, convivialité et surtout la formation, de 4 à 18 ans. Un, c’est noble. Deux, il y a un système éducatif.

Et pour le nombre de licenciés, Toulon est à 800, nous entre 600 et 700. C’est très bien parce qu’on a une agglomération de 100 000, eux 600 000.

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