Vous l’avez compris, le bio ce n’est pas pour tout le monde. En seulement trois ans, le marché de la Vallée Rose à Fréjus s’est imposé comme l’un des incontournables du département et ne le doit pas à son rayon bio. Pour des raisons personnelles et financières, Christophe Artaud, un des responsables du marché n’en fait pas une priorité. A la place, ils se sont tournés vers une agriculture raisonnée aussi pratique qu’efficace puisque c’est grâce à ça qu’ils se sont fait un nom. La culture raisonnée est entre autres, construite sur la protection de l’environnement et la santé. Comme quoi, les deux ne sont pas si différents.

Au marché de la Vallée Rose, seule une petite partie des rayons et des étals sont réservés à ces produits bio. Ça n’a l’air de déranger personne, et surtout pas leurs clients.

Expliquez-nous comment fonctionne ce marché ?

Beaucoup de nos produits viennent d’agriculteurs locaux. Ces producteurs s’occupent des caisses à tour de rôle et travaillent pour tout le monde. Nos caisses marchent par code et chaque producteur à un numéro de famille. Par exemple aujourd’hui, on a une jeune fille qui fait les fromages de vache, une autre qui s’occupe de la bière. C’est ça, les familles. Demain, quelqu’un d’autre viendra pour les œufs, une dame pour la volaille, une autre pour les fleurs. C’est chacun son tour et ça nous permet surtout de ne pas prendre d’employés.

La culture bio, vous y pensez ?

On commence à se pencher là-dessus. Nous n’avons pas le label bio mais on installe des pièges contre les insectes pour les pêches et les tomates par exemple. Pour les pêches, il y a aussi la confusion des insectes : ce sont des diffuseurs qui affolent et qui luttent contre les insectes. Les gens commencent à nous connaître et savent comment on travaille ici. C’est pour ça qu’on a pas pris le label. Puis il coûte aussi très cher et le cahier des charges prend beaucoup de temps. Et on en manque un peu.

Une partie de votre marché est quand même consacré au bio

On a une partie qui est bio. On a les fromages de brebis, le pain, tout ce qui est jus de fruits, viande de bœuf etc. Après, certains de nos producteurs sont bio mais n’ont pas demandé le label parce que c’est un coût, mais fonctionnent comme tel. Les fruits et légumes sont issus de la culture raisonnée. On a également deux-trois producteurs qui font ce que nous n’avons pas et ce qu’on ne peut pas faire dans le coin, toujours en culture raisonnée.

Quelles sont les différences entre l’agriculture bio et l’agriculture raisonnée ?

Le traitement est la principale différence. En bio, on traite en prévention avec des produits autorisés. Nous par contre, on ne traite pas en prévention sauf en cas de nécessité absolue. On essaie de trouver des solutions le plus naturellement possible. Par exemple, on fait de la courgette et nous n’avons pas eu besoin de traitement jusqu’à présent.

Vous n’utilisez pas de pesticides alors ?

Aucun pesticide ! On n’en met pas. D’ailleurs, on nous a fait les prélèvements récemment et ils n’ont rien trouvé, impeccable.

Qui sont vos clients ?

80% de notre clientèle est locale. Après, de plus en plus de restaurateurs commencent à venir nous voir. Par contre nous ne faisons pas de prix en gros. Parfois quelques petites ristournes mais on ne peut pas en faire beaucoup. Nos prix restent raisonnables et abordables.

Vous avez eu du mal à faire votre place ?

Au départ, on n’a pas commencé avec tous ces producteurs, on avait un peu de mal. Les gens n’y croyaient pas trop. On est arrivé à trouver une clientèle petit à petit. Puis quand ils ont su et vu que ça marchait, qu’on vivait de notre métier… Enfin on vit de notre métier ! Ça, c’est le plus important. D’ailleurs, dans certaines familles, les jeunes étaient partis vers une autre direction et sont finalement revenus à l’agriculture.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire