Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais pourtant, Jean Marc Pilorget comptabilise 435 matchs de championnat avec le Paris Saint Germain. Pour les plus jeunes, le nouveau coach de l’Etoile FC était footballeur professionnel au PSG à l’époque des Safet Susic et autres Luis Fernandez. Il a d’ailleurs été champion de France en 1986 avec ces figures du foot français et était de ceux qui pouvait espérer une belle carrière internationale. Malheureusement, un accident de voiture l’a écarté des terrains pendant 18 mois. C’est donc en 1992 que le joueur laisse place à l’entraineur. Après être passé par le Paris FC et plus récemment, l’AS Cannes, Jean Marc Pilorget va poser ou re-poser ses bagages à Fréjus Saint-Raphael. En effet, l’ancien défenseur connait bien la maison puisqu’il à été joueur puis entraîneur du Stade Raphaëlois et entraîneur de l’ES Fréjus. Mais aujourd’hui c’est autre chose, la fusion est passée par là, les têtes ont changées et les ambitions ne sont forcément plus les mêmes. Et après un an sans club, Jean Marc Pilorget est plus que jamais prêt à attaquer cette nouvelle saison.

Comment s’est passé votre nomination à la tête du club ?

M. Barbero (le Président du club) était à la recherche d’un coach. Il a pensé à moi à un moment donné mais il avait d’autres idées. Il a rencontré un certain nombre d’entraineurs. On a des amis communs qui ont aussi suggéré que ce serait peut-être pas mal de penser à Pilorget, donc on s’est rencontré et je pense que ça s’est bien passé.

Vous connaissez bien les deux clubs mais ce n’est plus vraiment ce que vous avez connu…

Je ne sais pas si c’est une chance d’avoir coaché à Saint-Raphael et à Fréjus. C’était il y a longtemps donc les choses ont évolué, le club a évolué et moi aussi. Je connais quand même du monde, je n’arrive pas dans l’inconnu.

Vous pensiez déjà à la fusion à l’époque ?

On en parlait. J’ai fait partie des partisans. Economiquement, je pensais que deux clubs comme ça, pratiquement de même niveau, c’était ridicule, donc je ne suis pas vraiment surpris. Je pense que Guy David le voulait aussi. C’était la meilleure chose à faire, même si ça perd de l’identité. Il faut évoluer, il y a des jeunes qui n’ont pas connu le Stade Raphaëlois et l’ES Fréjus et qui connaissent juste la fusion. Il faut aller de l’avant.

Qu’est ce que ça vous fait de revenir ?

C’est une sensation un peu bizarre. Bon, quand j’ai vu le stade Pourcin * comme ça, ça m’a choqué. Je n’étais pas au courant et j’ai été franchement choqué de voir ça. Donc voilà, sensation bizarre mais bon je prends mes marques, tout doucement.

On annonce cette saison comme une saison de transition, pourquoi ?

Transition c’est avant tout pour ne pas mettre de pression. Après les ambitions pour moi restent les mêmes.

C’est à dire ?

C’est être le plus ambitieux possible. La différence cette saison c’est qu’il n’y a pas d’impératif. On ne se dit pas « il faut absolument monter en Ligue 2 ». Si on ne monte pas ce n’est pas dramatique pour le club mais oui, c’est un objectif. Après, on est pas seul, il y a de bonnes équipes, mais je vais essayer d’en bâtir une pour jouer le haut de tableau. Mais il n’y a aucune certitude.

Le club a déjà recruté trois joueurs. On peut s’attendre à ce que d’autres arrivent ?

Oui bien-sûr. Un latéral droit, un latéral gauche, trois ou quatre milieux de terrains et encore un ou deux attaquants.

Ces joueurs là, c’est vous qui les avez choisi ?

Oui.

Certains vont partir aussi… Beaucoup de clubs de National sont pillés par la Ligue 2 et d’autres partent à l’étranger même si c’est des ligues mineures. Finalement les clubs ont beaucoup de mal à garder leurs joueurs…

Oui c’est vrai. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui restent de la saison dernière. C’est la division la plus complexe par rapport à ça, il y a beaucoup de sollicitations, le championnat est assez exposé et beaucoup de clubs pro s’y intéresse. C’est pas simple de garder les gamins. Par moment on arrive à faire signer des contrats de deux ans pour se protéger, même si un contrat ne protège en rien : si le joueur veut partir, il part. Se protéger dans le sens que si le club fait signer des joueurs avec du potentiel sur un contrat de deux ans, ils ne partiront pas libres.

Vous êtes venu avec votre staff où vous gardez celui déjà en place ?

Je garde le même. Le staff était en place. C’était aussi une condition de la venue d’un nouveau coach.

Les jeunes auront la possibilité d’intégrer l’équipe première ?

A eux de montrer qu’ils peuvent jouer. J’intègre même un jeune qui était en 17 ans fédéraux cette année. Je l’ai vu jouer une fois et je pense qu’il est talentueux. C’est aussi une façon de montrer aux jeunes du club que la porte est ouverte. Moi je le dis, à eux de prouver qu’ils peuvent y entrer.

On en parle pas beaucoup mais au niveau du nombre de licenciés, c’est un club énorme…

Oui mais justement, aujourd’hui il y a seulement quelques jeunes qui peuvent jouer en équipe première, pas beaucoup. C’est pour ça que je vais être obligé de recruter à l’extérieur mais en tout cas mon message c’est : à vous de montrer que vous avez du potentiel et la porte du National est ouverte. La preuve avec ce petit, seulement 17 ans et il va s’entraîner avec le groupe dès la reprise.

Gaëtan Laclef nous disait que les jeunes c’était pas vraiment le truc de Michel Estevan. Vous c’est différent…

Oui après chacun à son mode de management. Economiquement, si on sort quelques jeunes de temps en temps ça coute forcément moi d’argent que d’aller chercher un joueur à l’extérieur. Si on arrive à en sortir un chaque année, c’est parfait. Je vais avoir un œil attentif sur tout ce qui se passe en dessous, c’est très important pour moi.

Vous avez déjà rencontré vos joueurs ?

Pas encore. A part ceux que j’ai fait venir, je ne les connais pas, ça va être l’avantage du stage de préparation. Le fait d’être entre nous pendant un moment va faciliter tout ça. Le stage et les matchs amicaux étaient déjà fixés avant que j’arrive. On reçoit l’OGC Nice, l’équipe première, on va jouer contre le Pontet, la Ligue 2 de l’AC Ajaccio, Béziers qui joue en National et Toulon Le Las.

Quel genre de coach êtes-vous ?

Il faut demander aux joueurs (rires). C’est toujours difficile de répondre à ce genre de question. Je pense être un coach qui est franc, cash et honnête avec ses joueurs, qui les respecte beaucoup.

Vous êtes proche d’eux ?

Oui et non. Je pense qu’il y a chez moi une barrière naturelle. Ma plus grande satisfaction c’est quand d’anciens joueurs m’appellent pour avoir des nouvelles, comme cette année ou je n’ai pas travaillé. Je pars du principe qu’il ne faut rien attendre des joueurs. Je n’attends rien, mais quand j’ai un retour je suis content. Je n’attends rien parce que je connais trop bien le football. Que la mayonnaise prenne ça va faire partie de mon boulot, c’est toujours compliqué quand il y a beaucoup de changements comme ça… C’est aussi pour ça que je prends mon temps pour le recrutement, j’attache beaucoup d’importance aux qualités humaines. Le footballeur est facile à mener mais l’homme… J’essaie aussi de ne pas prendre de tordus, j’évite en tout cas. Avec tout le respect que j’ai pour les assistantes sociales, ce n’est pas mon boulot. J’aime bien avoir des gens déterminés, qui savent où ils vont, qui sont ambitieux, comme moi. Pas des gars où il faut toujours être derrière eux.

Etant donné que vous avez goûté au deux. Quelles différences y a-t-il entre le métier d’entraineur et de joueur ?

Ca n’a rien à voir, joueur c’est facile (rires). Joueur reste un plaisir, honnêtement il n’y a pas de souci. Je ne supporte pas les joueurs qui se plaignent parce que jouer au football c’est un beau métier. L’entraîneur est toujours en réflexion, à penser à l’équipe etc. C’est là la grosse différence. L’entraîneur pense à l’équipe, le joueur pense d’abord à lui, puis ensuite à l’équipe.

Un mot sur votre expérience cannoise ?

Je ressors toujours la même chose : les rapports humains. J’ai côtoyé Mr Fakhri le propriétaire de l’AS Cannes, qui est décédé l’année dernière, un homme remarquable. Son fils, le président qui est un ami aujourd’hui. Une belle aventure humaine, sportive aussi. Le championnat c’était bien mais on a pas atteint l’objectif qu’était de remonter en National. Un magnifique parcours en Coupe de France il y a deux ans. On est arrivé jusqu’en quart de finales en sortant Montpellier, Saint-Etienne etc. C’était génial. Puis après, le grand gâchis de voir un club comme ça dans une telle situation…

  • Le stade Pourcin était le stade emblématique de l’ES Fréjus et a récemment fait l’objet de fouilles archéologiques.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire