On leur devait bien ça, parce qu’on a une histoire très particulière avec eux. L’équipe de Black (He)art n’est pas qu’une bande de tatoueurs, ce sont surtout une bande de potes dont la rédaction de Bah Alors fait un peu partie. Vous saurez que vos journalistes préférés sont aussi des adeptes de l’art graphique sur corps humain, et que c’est là-bas que tout ou presque a été fait en ce qui nous concerne. Nous sommes parfaitement conscients que les villes de Fréjus et Saint-Raphaël (et même autour, notamment Saint-Aygulf) sont fortement dotées en studios de tattoos, et comme on adore cet univers-là, croyez-le bien, on vous prévoit dans un futur proche un grand sujet sur le tatouage local, avec ses sommités, ses nouveaux venus, ses codes, et surtout, énormément de talents, partout. Mais pour l’instant, place aux copains, parce que c’est notre journal et qu’on fait ce qu’on veut !

Creuser le sillon

Vous l’ignorez probablement si vous ne vous êtes jamais interessé plus avant à ce milieu un peu particulier, mais pour faire sa place dans le monde du tatouage, il n’y a pas beaucoup d’alternatives. Avoir du talent est indispensable, forger son style est une donnée supplémentaire pour constituer une réputration. C’est exactement ce qu’a réussi à faire Alexis Calvié, le patron du shop, qui développe depuis des années avec un grand succès et beaucoup de maîtrise le dot-work (travail au point) et les figures géométriques extrêmement fines. Avec un agenda booké des mois à l’avance, il fait aujourd’hui partie d’une petite caste de tatoueurs très demandés, dont la réputation traverse allègrement les frontières. C’est lui qui a pris un jour l’initiative de monter Black (He)art, et de proposer petit à petit à d’autres tatoueurs de profiter des installations.

Il est aujourd’hui secondé par son épouse Cécile, elle-même artiste (qui fait tellement de choses que le mieux, c’est d’aller voir sur sa page Facebook pour explorer son univers, notamment celui de son projet musical Drunken C). Dans les box, trois autres tatoueurs qui développent chacun un style particulier. Benjamin Giuge est un dingue d’art japonais, de tatouages en couleur, et performe aussi souvent sur des grosses pièces en recouvrement. Il est aussi celui à qui l’on s’adresse pour du photo-réalisme. On l’a vu faire de nombreuses fois, c’est incompréhensible au début, mais à la fin, on vous jure que c’est incroyable. Dans un style beaucoup plus sombre, Chris Z développe un art basé sur l’utilisation majoritaire du noir, avec de gros aplats, des choses très torturées, très personnelles, et pas mal de géométrie. Un tatoueur qui réfléchit énormément à tout ce qu’il fait. Idem pour Ti As, le dernier arrivé, qui lui travaille dans un style naïf (un grand gamin de bientôt 40 ans), mais qui touche aussi un peu à tout avec beaucoup de talent.

Comme ce mois-ci le grand magazine Rise (le seul qui soit vraiment crédible en France) leur a consacré la bagatelle de dix pages, et que le rédac chef de Bah Alors ? est en photo dedans (merci je suis très honoré), nous voulions leur rendre hommage et les remercier de nous avoir fait profiter de leurs talents, de leur immense sympathie, et de nous avoir rendus un peu plus nous-mêmes en nous encrant la peau. Parce que le tatouage est une expérience très personnelle, on n’est plus le même après puisqu’on devient vraiment soi-même. C’est peut-être bizarre dit comme ça, mais chez Black (He)art (et chez les autres, dossier prochainement), on vous expliquera concrètement comment ça marche, tout ça.

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