Le premier volet était signé Steven Soderbergh. Un caïd du cinéma racé qui s’attaque au monde des strip-teasers floridiens, ça valait son pesant de cacahuètes. Le second volet est un film De Gregory Jacobs, et Grégory Jacobs n’est pas un grand réalisateur. Producteur, oui (Edge of Tomorrow, par exemple, ou le premier Magic Mike), mais derrière une caméra, un quasi-débutant. Alors prendre la suite de Soderbergh pour donner une suite digne de ce nom à l’un des films les plus surprenants de l’année 2012, c’était pas forcément cadeau. Mais en échangeant sa chaise avec son prédecesseur, il y avait moyen de pondre un sequel intéressant. C’est chose faite.

Des strings et un coup de balai

Channing Tatum est bien évidemment au sommet de sa forme, comme ses potes (dont le merveilleusement débonnaire Kevin Nash, en mode auto-dérision extrême). Contrairement premier film, ce Magic Mike XXL repose essentiellement sur un road trip collectif, mené par les anciens de la boîte dirigée par Matthew McConeghey (qui a disparu du casting, et c’est bien dommage). Exit les histoires d’amour, de reconversion, de parcours initiatique, de poudre aux yeux. Ici, il n’est question que d’un rassemblement de strip-teasers où la bande de Mike doit faire une belle prestation, avant de songer à raccrocher, parce que le temps passe. On est devant un film éminemment moins profond que le premier, beaucoup moins brillant, à mille lieues d’offrir les soupçons de grande intelligence que l’oeuvre de Soderbergh se permettait de distiller entre des scènes de danse à poil chorégraphiées à mort. Ici, il ne reste que des séquences comiques réussies, un cameo d’Andy MacDowell qui ne vieillira jamais, et des performances qui resteront dans les annales du strip-tease masculin immortalisé sur pellicule.

En propulsant Mike Lane trois ans après son départ de la troupe, Gregory Jacobs a opté pour un scénario épuré. On s’attend à des histoires à tiroirs, on espère revoir sa copine du premier épisode, une apparition de l’ancien meneur de revue, une micro-référence au premier volet, on ne voit rien de tout ça. On est devant un film tout neuf, qui n’a plus les vertus de son numéro 1. Il en a d’autres, en restant très spectaculaire, mais ne joue pas la carte du cinéma d’auteur greffé au divertissement. Un film de mois de juillet, hélas, pas plus. Mais un bon !

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