Scénario original, concept original, et sortie un mardi. Il n’en fallait pas moins pour faire du nouveau Michel Gondry un film qui interpelle le public. Sorti au milieu de la morte saison pour le cinéma réfléchi, «Microbe et Gasoil» tente le pari fou d’intéresser le grand public à une histoire qui met en scène deux adolescents en 4e, mis au ban de leur propre classe au motif qu’ils sont un peu originaux. Microbe est petit, blond, et ressemble volontiers à une fille. Gasoil porte des mocassins, roule sur un vélo qui n’a aucun sens, et s’exprime en faisant très attention à la rigueur de la langue française.

Projet démesuré

Les deux acolytes vont rapidement devenir très copains, et vont se lancer dans un projet pharaonique : construire une caisse avec un moteur de tondeuse à gazon, une gueule de mini-villa, en revendant des vieilleries à la casse automobile située à côté du magasin d’antiquités tenu par les très antipathiques parents de Gasoil. Et ils finissent par y parvenir ! Leur but : quitter la capitale en évitant de se faire déranger par la police, et atteindre le Massif Central, où les dames de cantine ont des gros seins. Belle ambition !

Bouts de ficelles et acteurs au top

Michel Gondry n’a pas besoin de beaucoup d’argent pour faire rêver les cinéphiles. Il base toujours l’intérêt de ses films sur l’histoire. Celle de «Be kind rewind» était complètement dingue, celle de ce «Microbe et Gasoil» est certes un peu moins abracadabrante, mais elle sort du sarcophage les vieux fantasmes des sales gamins avides d’aventures que nous avons tous été ou presque. On vit à travers les yeux de ces deux ados possédés (Ange Dargent et Théophile Baquet, impériaux tous les deux) des aventures qu’on n’a à peine osé imaginer quand on avait leur âge. Et ça, c’est transgénérationnel, ce sont des délires que nos pères, nos grands-pères ont échafaudé à leur époque. Alors prenez-vous à rêver, rappelez-vous du gosse aventurier qui sommeille en chacun de vous, et foncez voir cette petite merveille qui vous prouvera en 1h40 que c’est parfois bien mieux un petit film tout simple et bien écrit qu’un gros blockbuster moisi. Profitez, c’est le même prix.

Nicolas Muller

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