Chaque année depuis 6 ans, Roquebrune se prend de passion pour la photographie. Le festival « Ecrire avec la Lumière » est l’un des plus jolis moments de l’année dans le village, avec plus d’une semaine d’expositions, de conférences, de balades, qui valent toutes le détour. Derrière ce festival, une bande de dingues passionnés, qui bien évidemment ne ramassent pas un centime pour partager leur amour de la photo, jusqu’à 22 h. Parce que c’est ça, le festival photo de Roquebrune, un truc ouvert tard, pour créer un peu d’animation dans un été surchauffé, avec des images qui ne bougent pas. On fait beaucoup de choses avec des idées, en tous cas quand elles sont bonnes, et celles de Jérôme Busnel, l’un des organisateurs, sont loin d’être les pires qu’on ait entendues !

Jérôme, cette année c’est la 6e édition. Parle-nous du thème.

Cette année c’est une édition extrêmement diversifiée, avec 4 thèmes principaux ouverts aux amateurs, la faune, le rouge, le poil, et la règle d’or. On veut apporter plus de culture de l’image aux gens qui viennent visiter, et partager les techniques, le cadrage, voir autre chose qu’un animal en photo. Comprendre un peu mieux la photographie.

C’est ce qu’on peut voir à la salle Molière ?

C’est toujours le rendez-vous principal, qui démarre le parcours pédestre à travers le village.

Et ça a beaucoup changé, puisqu’il n’y a plus seulement la salle Molière et les chapelles.

Exactement ! On a voulu ouvrir de nouveaux locaux aux expositions, et créer un vrai parcours plein de surprises. Ça permet aux gens de découvrir plein de choses, sans prendre la voiture. .

Comme chaque année, la chapelle St-Michel accueille un artiste très spécial, d’exception.

Un très grand photographe de mode qui nous a fait l’honneur de nous amener de très beaux tirages de sa dernière exposition, qui sera au Carrousel du Louvre au mois de novembre. Il s’appelle Bruno Fabbris, il travaille avec les magazines de mode et les plus grandes marques de luxe. On souhaite vraiment qu’il y ait toujours une cerise sur le gâteau, ça nous permet de gagner en prestige et d’atteindre des médias nationaux, cette année le magazine Elle, par exemple. Et puis ces artistes reconnus, c’est comme un aimant pour les autres, moins connus.

Vous êtes pleins de ressources, comment faites-vous pour attirer des gens comme lui?

En démarchant, en les appelant, en les convainquant de venir chez nous même s’il y a plein de festivals plus grands et plus connus, en montrant notre patrimoine qui peut magnifier leurs œuvres. Je pense que notre vocation à créer ce rendez-vous convivial et ouvert, de partage, plaît beaucoup aux photographes qui aiment rencontrer leur public ainsi. En plus les dates ont changé depuis l’arrêt de la Sculpture en Liberté il y a deux ans, on est désormais en plein été. La Sculpture…c’était super, à la fraîche, le soir, on a repris ce créneau-là parce qu’on l’aimait beaucoup. Et puis le fait d’ouvrir le soir nous permet de mener notre double-vie d’actifs assez jeunes et de bénévoles.

Il n’y a pas que des expos..;

Ce soir par exemple il y a la conférence de Nicolas Gomez, qui revient de Birmanie et qui explique aux amateurs comment il construit ses reportages (On y a assisté en partie, un boulot hallucinant, et un artiste exceptionnel qui évoque magnifiquement son métier, avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, NDLR). Il raconte son expérience, les embûches, etc… Il y a aussi des ateliers, des workshops pour les débutants, qui veulent un peu démarrer sans trop savoir comment ça fonctionne. Il y en a aussi pour les confirmés. Et puis il y a les balades photographiques, pour s’entraîner à plusieurs à mieux appréhender son boîtier, au grand air.

Ce festival tu le connais depuis le début, il s’est beaucoup développé. Tu aimerais le faire devenir encore plus gros ?

Bien sûr, localement il y a une place à prendre. Il y a beaucoup de peinture dans les villes avoisinantes, mais on parle peu de photographie. Il y a bien sûr Arles qui rayonne énormément, ainsi que Sanary et Sète qui sont des festivals haut-de-gamme. Mais sinon, pas grand chose, même dans le 06. Et ça me semble important, et possible, d’amener les gens vers cette culture de la photo. Mais c’est bénévole, c’est beaucoup d’énergie, en plus c’est l’été donc c’est encore plus dur, mais c’est avec beaucoup de plaisir qu’on s’occupe de ça, qu’on rencontre les photographes. On partage un truc tous ensemble, c’est vraiment un bel événement culturel, qui porte haut le patrimoine local.

Et cette année, les commerçants jouent le jeu plus que jamais, ça se voit dans les rues.

Ils ont compris qu’on proposait quelque-chose de qualitatif, de bon pour le village, il y a un liant entre les expos et les commerces, il y a de la vie dans le village. En plus cette année on nous loue de nouveaux locaux à pas cher, tout le monde joue le jeu, les commerçants, les propriétaires, et c’est agréable de se sentir soutenus.

Et toi, tu fais encore des photos ?

Hélas je n’ai pas le temps de faire des séries pour moi, mais je prends beaucoup de plaisir à exposer avec les autres à la Salle Molière, aucun problème !

Nicolas Muller

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Une réponse

  1. Voisin P

    J’ai beaucoup aimé ce festival photographique, juste une petite demande, si vous pouvez faire la semaine moins chaude l’année prochaine. Merci par avance Paulin.

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