Mettre les gants pour aller taper sur la gueule d’un autre type, comme ça, par amour de la compétition. Quelle idée saugrenue, vous ne trouvez pas ? Le sport de combat est une chose très étrange, selon moi. Il exploite l’envie indéfectible que les hommes nourrissent de faire mal à leurs congénères, de prouver une forme de domination, mais en encadrant tout ce folklore testostéroné d’un ensemble de règles dont on se passerait parfois volontiers. Car nous ne sommes pas tous égaux, dans un conflit matérialisé par la violence physique. C’est pourtant ce qu’essaie de créer le sport de combat : des catégories de poids, des règles du jeu, et des entraînements adaptés. Même des arbitres…
Moi j’aime bien l’improvisation. Loubard dans les années 80, ça c’était un vrai sport de combat ! Hooligan dans les travées du stade de Millwall, en Angleterre, t’en veux du sang sur la gueule ? Et là, pas de règlement, si ce n’est de compte. On ne sait pas toujours comment va se manifester la colère, dans un conflit qui nous surprend. Est-ce que je le tape, ce mec ? C’est une question que les années m’aident à me poser de plus en plus longtemps. Il ne m’en fallait pas tant, à 20 ans. Une tête qui ne me plaît pas, l’invocation un rien débile d’un soit-disant manque de respect dont personne n’a saisi l’ampleur, et boum, une droite qui s’envole vers la pommette de mon interlocuteur. Histoire de lui donner, à lui aussi, la farouche envie d’en découdre, pour savoir lequel de nous deux a la plus grosse.

Pour se bastonner entre amis, en dehors  des rendez-vous sur les aires d’autoroute, il n’y a pas beaucoup d’options. La société upper-class du début du XXe siècle a tenté la création du rugby, mais la présence d’un ballon fausse un peu la donne. Le sport de combat collectif n’existe pas vraiment, puisqu’il s’agit surtout d’un jeu. La boxe n’en est pas un. Alors, pourquoi pas imaginer des combats de boxe collectifs ? Puisqu’il faut encadrer les choses, on pourrait faire des catégories de poids « équipe », les moins de 600 kilos à 5, par exemple. On pourrait y voir des gens différents, des petits teigneux qui cassent des tibias à des grandes gigues taillées comme des platanes, des gros dockers qui tabassent des poids-coqs, comme à la sortie du stade, mais avec des arbitres. Bah, je rêve, je sais. En plus, Millwall végète dans les bas-fonds des divisions inférieures. On s’emmerde grave, en fait…

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