Blue Green – La carte démocratique
Pratiquer le golf à Saint-Raphaël ? Rien de plus facile, il y a 45 trous, tous réunis plus ou moins au même endroit ! Reste la problématique de l’argent : il paraît que le golf coûte un bras. Et bien si l’on en croit les arguments de ceux qui nous proposent de venir jouer chez eux, pas tant que ça. En essayant de rendre le golf accessible au plus grand public possible, la société Blue Green, qui gère le golf de l’Estérel (pas celui de Valescure, donc, l’autre) tente le pari fou de la démocratisation d’un sport qui reste sans doute l’un des plus codifiés du monde. Sans transformer le golf en cousin du football, le golf de l’Estérel et son académie sont peut-être une solution viable pour faire entre le golf dans la vie d’un gros paquet de curieux qui aimeraient taper dans la petite balle blanche sans nécessairement avoir une Rolex au poignet. Et même si c’est possible partout, il fallait qu’un directeur prenne des initiatives pour que cela éveille notre curiosité. Alors quand Armand Gadéa nous a appelés pour qu’on aille jeter un oeil à ce qu’il allait proposer pour la saison 2015 – 2016, nous n’avons pas regretté la petite expédition sur la route des golfs. Et encore moins le petit tour en voiturette, parfait pour prendre des photos, apprendre certains codes liés à la pratique de cette activité venue tout roit d’Angleterre, et apprendre des anecdotes sur Kelly Slater, surfeur/golfeur qui paraît-il, joue très bien.

Armand Gadéa, vous êtes le directeur du Golf de l’Estérel, mais pas seulement ?

Je suis le directeur d’exploitation du golf de l’Estérel et de l’Académie, qui appartiennent tous les deux à un groupe qui s’appelle Blue Green. Le Golf ne nous appartient pas, nous sommes les gestionnaires des deux parcours.
Est-ce que vous pouvez nous éclairer sur ce phénomène assez étrange qui fait que les gens pensent qu’à Valescure, il n’y a qu’un seul golf ?
Sur l’avenue des golfs il y a trois parcours : 18 trous pour l’Estérel, 18 trous pour Valescure, et un 9 trous pour l’académie.
Parlez-nous de cette académie, qui va être cette année encore le moyen de « démocratiser » l’activité, mais plus que d’habitude.
Et bien nous travaillons dans la continuité, mais en essayant de faire encore un peu plus vite ! Du 11 au 27 septembre nous organisons des journées portes ouvertes pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de découvrir le golf. On se rend compte qu’aujourd’hui, beaucoup de personnes sont attirées par cette activité qui allie détente, loisir et même sport pour ceux qui désirent le pratiquer avec intensité. Nous voulons donner à tous ces gens de venir découvrir cette activité géniale, au moins la toucher du doigt, parce qu’elle éveille les curiosités.
Le golf a une image de sport de riches, guindé, avec des codes stricts. Vous aimeriez changer cette image ?
On a vraiment envie, c’est la politique de Blue Green. Chez nous on peut jouer au golf à volonté pour 89 euros par mois, avec une formation pour les débutants, et nous fournissons le matériel.
Est-ce qu’il y a un tourisme, lié au golf ?
Les gens viennent vraiment pour ça, ici. C’est un travail qui nous prend beaucoup d’énergie mais très enrichissant. On bosse là-dessus entre le golf de l’Estérel et celui de Sainte-Maxime qui appartient aussi à Blue Green. Mais on essaie aussi de vanter les mérites des autres golfs de la région, qui en comporte pas mal et de très beaux. C’est un bon moyen d’attirer des étrangers dans notre belle région. Il faut s’adresser à des professionnels du tourisme, aller dans des salons. Bientôt je pars dans un salon international du golf à Tenerife, et je pense y croiser pas mal de tour-operators ! C’est un métier très agréable.
Comment se passe la cohabitation avec le voisin, le golf de Valescure ?
Elle se passe très bien, je suis là depuis peu de temps mais j’ai déjà rencontré le directeur à plusieurs reprises. Il n’y a aucune raison que ça se passe mal, le camembert est assez grand pour qu’on puisse le partager. C’est bien, pour nous, de pouvoir proposer aux étrangers que l’on fait venir la possibilité de leur offrir l’accès à plusieurs parcours. Et bien évidemment, le golf de Valescure en fait partie.
C’est une entente cordiale ?
Bien sûr. Je suis arrivé en cours de saison, j’ai pris contact avec tout le monde. Il existe déjà un golf-pass pour jouer sur plusieurs parcours, commercialisé par certains tour-operators, ça permet de jouer sur plusieurs parcours de la région.
Quelles sont les forces du parcours de l’Estérel ?
Et bien déjà, le fait qu’il soit dans le sud-est ! Il a été dessiné par un architecte américain très reconnu dans le milieu, et ce parcours a une signature. Il est convivial, relativement plat, accessible à tout le monde, mais avec quelques parties techniques pour les bons joueurs. Et l’académie propose un petit 9 trous plus facile à jouer, on peut y venir en famille. Mais vous savez, le golf est un sport anglais, donc il est très codifié ! Il fait se respecter soi-même, respecter le parcours, éviter le bruit pour la concentration… C’est une association de beaucoup de facteurs !
Vous êtes pratiquant ?
Je joue, hélas de moins en moins parce que j’ai des problèmes de dos.
Alors vous saurez répondre à cette question : c’est un sport difficile ?
Oui, très ! Au début, en tous cas. C’est pour ça que l’on vous propose 33 heures de leçon avec un professionnel quand vous vous inscrivez chez nous. Le principe, c’est d’amener les gens à être autonomes sur un parcours de golf en moins d’un an.
Parce que ça fait peur au public, ça ! Le parcours est immense, alors que le trou et la balle sont tout petits !
Oui mais ça se fait ! Vous pouvez très bien partir entre 4 copains pour une journée golf, faire le repas, l’apéritif, que vous soyez de niveau compétition ou de simples amateurs. On compte les points et voilà. Il y a plusieurs formules de jeu, le golf s’adapte facilement aux caractères de chacun.
Et des joueurs de haut niveau, on en croise, ici ?
Je ne les vois pas tous mais je pense, oui. Ils s’annoncent, en général. Il y a beaucoup de bons joueurs dans le coin.
Et c’est concurrentiel, comme milieu ?
Il y a tellement de choses à dire sur le golf, et tellement de choses à faire…
Pour ces journées portes ouvertes, il faut s’équiper ?
Venez en baskets, on vous fournit tout, le matériel, les balles, et les pros qui vont vous expliquer. Et si vous êtes convaincus, on vous proposera plein de formules adaptées. Le golf se démocratise, chaque année, Blue Green à elle seule arrive à créer plus de 6000 nouveaux golfeurs, c’est énorme. Le marché français est très en retard sur le reste de l’Europe, surtout au nord. On joue très peu, ici. C’est une activité que l’on peut pratiquer toute sa vie, même si on a tendance à s’y mettre sur le tard. Mais vous pouvez demander aux séniors, qui ont souvent pratiqué le tennis avant de se mettre au golf. Ils le regrettent pour la plupart, parce que c’est une activité où l’on progresse lentement, et l’âge fait qu’on atteint vite certaines limites. Le problème du golf, c’est que ça demande beaucoup de temps. Il faut 5 heures pour un 18 trous, le parcours de l’académie se joue en deux heures. C’est aussi pour ça que l’on a beaucoup plus d’actifs à l’académie. C’est vraiment une jolie balade, même si on ne se promène pas, on joue. On est sur une superficie d’environ 40 hectares, c’est très grand, on ne s’en rend pas toujours compte, on parcours des kilomètres… c’est très agréable, le golf !

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