Un jour je vais sortir dans la rue et tuer un mec. Je vais finir par me balader avec un calibre. On
sera dans le futur et tout le monde aura la haine contre son voisin. En fait je crois que les gens commencent
sérieusement à se foutre de tout et de tout le monde. On nous ment constamment, on nous
prend pour des jambons, on nous raconte n’importe quoi. On nous impose à peu près tout, et nous,
pauvres imbéciles, on gobe tout ce qu’on nous donne, parce qu’on nous donne pas grand chose dans
la vraie vie. Franchement, il faut qu’on arrête.
Dès qu’une personne de pouvoir ouvre la bouche, on nous oblige à l’écouter même si on n’a rien demandé.
On allume la télé, la radio, notre pc, et on voit défiler des images et du texte, constamment.
Des pubs, des infos, du porno, j’en ai marre. Et dans tout ce fatras, ce qui me fatigue le plus, c’est
la récupération politique. Je crois que c’est définitivement la plus infâme forme de communication
qui soit, sorte de mélange entre l’hypocrisie la plus dégueulasse, la veulerie la plus évidente et l’obséquiosité
la plus dégoulinante. Je hais ces gens, ils me le rendent bien, d’ailleurs ils ne vous aiment
pas non plus.

Déceler la sincérité dans un discours politique est devenu un exercice décourageant. J’ai plus
confiance en nos élus, j’arrive plus à les écouter parce que je sais qu’à la fin je n’y entends que
des doutes. Je suis comme tout le monde, moi, j’en ai des questions à leur poser, mais le problème
c’est que je sais que si je leur demande quelque chose, leur réponse ça va être de me demander,
eux aussi, ,quelque chose. De voter pour eux, d’abord, et après on verra. Moi je voudrais juste qu’on
discute, gratuitement, sans arrière-pensée électoraliste. Il paraît que c’est des gens intelligents,
ça m’a toujours plu, à moi, de discuter avec des gens intelligents, on pourrait partager des trucs,
échanger des points de vue. Mais y a ce foutu bulletin de vote qui falsifie les relations qu’on pourrait
avoir. Parce que je suis un client à séduire, ils deviennent des produits à choisir. Je veux pas choisir,
moi, je voudrais juste comprendre et améliorer le monde dans lequel je vis. Mais tout ce qu’on me
propose, c’est de croire en un idéal qui n’est pas le mien, pour élire des gens qui vont décider à ma
place, d’où sera construite la MJC, de combien je vais payer mes impôts, de faire la guerre ou pas en
Afghanistan. Et si j’ai le malheur de vouloir vivre et penser comme je veux, on va pas venir me taper,
mais on va quand même me le faire remarquer. Et c’est par là que ça commence. Je ne pensais pas,
quand j’apprenais la Grèce antique à l’école, que je pourrais être un jour enfermé dans la démocratie.
Et pourtant, j’pète les plombs.

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