Ou dans une autre salle de Crossfit (ça fleurit plutôt bien à Fréjus et il y a du monde partout). En tous cas, à 83 Crossfit (son petit nom), ça bosse dur de chez dur, et on ne s’y trompe pas quand on franchit la porte. Ici, il n’y a pas de place pour celui ou celle qui veut aller faire son petit sport tranquillou entre deux discussions sur la météo. On est là pour bosser, se mettre minable, et en redemander. Bizarre, comme concept ? Ne vous inquiétez pas, on a un champion qui va tout nous expliquer. Jérôme Arnaud connaît tellement bien la discipline qu’il en fait des compétitions au niveau international. Le Crossfit, sa vie son oeuvre, le pourquoi du comment, les objectifs de la salle, bref, comment ça marche tout ça, il nous explique. Et peut-être que vous aussi vous deviendrez aussi brutal que Gerard Butler aka Leonidas dans le premier 300 !

Jérôme, c’est quoi le crossfit ?

C’est un concept américain, un amalgame de plusieurs sports. Tu mélanges l’haltérophilie, la gymnastique avec tout ce qui se fait au poids de corps, on a des anneaux, on marche sur les mains, etc, l’endurance et les mouvements de force. Tu mets tout ça bout à bout et tu as l’essence de notre sport. C’est de l’entraînement croisé, fonctionnel. Il est prouvé que si tu développes plus vite et mieux ton corps si tu fais tout en même temps, sans isoler la force, l’endura,ce et l’agilité.

Le but, c’est quoi ?

De se faire mal, non je je déconne…C’est de développer nos capacités, on cherche plus la performance que l’esthétique, chacun à son niveau. Certains vont vouloir juste être plus en forme, d’autres veulent devenir très performants dans des domaines précis.

Tu viens de quelle discipline, toi ?

J’ai fait pas mal de combat pieds-poings, et j’ai aussi fait pas mal de muscu car je suis un ancien militaire, et dans l’armée, on aime bien la musculation. J’ai découvert le crossfit en mission extérieure, par le biais des américains, et depuis que je me suis mis à faire ça, ça va faire deux ans, je n’ai plus jamais fait une séance de muscu traditionnelle. Il y a tellement de mouvements ! C’est incroyable, ce sport, dès que tu tombes dedans tu ne peux plus aller faire autre chose.

Et tu as vu ton corps se développer ?

Et bien oui, et c’est ça qui est contradictoire. Quand j’étais en muscu je recherchais l’esthétique, et j’arrivais pas mal à atteindre un bon niveau, mais le rendu de l’époque n’était pas ce que j’ai maintenant. Je pèse le même poids mais je suis plus athlétique, plus affûté. C’est un peu ce qu’on voit dans 300, ou dans la série Spartacus. Les acteurs sont partis en Nouvelle-Zélande faire trois mois de stage intense de crossfit. C’est tellement intense, on bâtit du muscle en brûlant de la graisse, ça fait vraiment de beaux physiques.

On s’attend à ce que ce soit un truc de mecs, alors que pas du tout.


On a environ 60% de femmes à l’échelle mondiale. Et nous ici, toutes nos femmes sont inscrites, donc on n’est pas objectifs !

On sait que c’est un sport très difficile, et ça fait peur aux gens, non ?

Le principal a priori c’est ça, c’est trop dur, trop élitiste. On a des créneaux ouverts pour les débutants, pour les mouvements de base. C’est ouvert à tout le monde, y a même un membre en chaise roulante qui bosse avec nous. Le handisport est très développé aux USA, en crossfit, il y a des gens de 50 ans et plus, des ados. C’est ce que j’aime dans ce sport, il peut y avoir un mec qui n’a jamais fait de sport, et moi.

Toi, d’ailleurs, tu participes à des compétitions ?

Oui, j’en reviens j’y étais le weekend dernier. Chaque pays organise un open, tu fais tout par Internet en te filmant pour les qualifications. Et si t’es sélectionné, tu vas sur place, et là tu constates qu’il y a un très gros niveau ! J’aime bien participer aussi à des compétitions en équipe, je l’ai fait avec Corentin (autre coach de la salle, ndlr), on s’était bien débrouillés en Angleterre. J’aimerais le développer,ça, le côté équipe.

Comment se passe la première séance ? On a dans l’idée que les nouveaux vomissent, font des malaises, etc.

Vomir, ça arrive, mais c’est pas systématique ! Tu vas venir dans un nouvel environnement, avec des gens que tu ne connais pas, t’es un peu crispé. Le coach accompagne tout le monde, le but c’est de te dépasser, peu importe ton niveau. Alors oui tu finis très fatigué, mais après les quelques jours qui te seront nécessaires pour t’en remettre, tu y prends goût. Mais j’ai vomi, moi, lors de ma première compétition !

Toi, à ,27 ans, tu penses que t’as atteint ton maximum ?

Non, pas du tout. Je pense que je commence à peine à atteindre mon potentiel. Je prends mon exemple parce que c’est celui que je connais le mieux. J’ai eu un problème en mission, j’ai perdu l’audition de l’oreille droite et j’ai commencé à avoir des problèmes d’équilibre. Incapable de me mettre en équilibre contre le mur. Maintenant je marche sur les mains. Ce sport m’a aidé. Le plus dur c’est de franchir la porte. 80% du travail c’est ça, ici il n’y a pas de non-fréquentants comme dans les salles de fitness. Tout le monde vient, tout le temps.On va se limiter à 200 adhérents, avec ça on pourra payer les coaches et on vivra de notre passion, on ne cherche pas à devenir riches !

Pour ceux qui veulent se renseigner,
www.crossfit-french-riviera.com
Amusez-vous bien !

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Une réponse

  1. kuid

    Au top du top , la box crossfit où il faut être , fini la salle de fitness de papy ,mamie: l’avenir c’est le crossfit

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