Petit pied de nez à l’encontre des fans du PSG, le club parisien ne sera jamais, contrairement à l’OM, le premier à être le «truc le plus dingue du championnat de France». Parce que même si les ouailles de Laurent Blanc sont au portes d’une saison record où quasiment tous les chiffres, offensifs et défensifs, vont peut-être exploser (encore que), et même si leur double prestation face au Real Madrid augure de belles performances en Ligue des champions (et on dit ça après un nul minable et une belle défaite, imaginez), rien n’est fait. En tous cas, avant de dépasser la popularité de l’équipe de Waddle-Papin-Di Meco, c’est pas gagné. En fait, c’est impossible. Et il y a pour ça une bonne dizaine de raisons criantes d’évidence.

1 – Jamais les premiers

Le PSG pourra toujours aller gagner la Champion’s League, l’OM l’a déjà fait. Pour être exact, les Marseillais ont même gagné la toute première ligue des champions, lorsque le format ardemment désiré par Sylvio Berlusconi (pour vendre plus de matches, plus chers, à plus de télévisions) a été mis en place. Après avoir ravivé les velléités européennes des clubs français en 1991, en atteignant une finale «gagnée d’avance» et perdue aux pénos contre la plus forte équipe que l’ex-Yougoslavie pouvait produire, l’Etoile Rouge de Belgrade du trio assassin Proninecki-Pancev-Savicevic, l’OM a terrassé pour la seconde fois en 3 saisons le plus puissant conglomérat de joueurs des années 90, le Milan AC de Franco Baresi. Une tête de Basile Boli sur un corner du père d’André Ayew, et Tapie qui pleure sur le stade olympique de Munich, dans les bras de Raymond Goethals. Ça vient de là, «à jamais les premiers». Et c’est entériné.

2 – Les joueurs du cru

Quand l’OM fait jouer les minots en deuxième division, il a dans son effectif la paire Anigo – Di Meco, soit la plus représentative des cautions locales. Quand l’OM gagne la ligue des champions, il est certes une constellation de stars, mais une constellation de stars qui sont là depuis un certain temps. Di Meco et Anigo sont toujours entre les murs de la Commanderie tous les lundis matins, Basile Boli marque le but de la 43e minute, seuls Waddle et Papin sont partis perdre ailleurs, finalement. Les autres sont là et bien là, et quand ils sont Français (Blanc, Dessailly, Deschamps, Barthez), ils finiront 5 ans plus tard champions du monde. What Else. Même les dollars de l’époque sont français, puisque ce sont ceux du Créd…de Bernard Tapie.

3 – La concurrence

Se farcir le PSG de Patrick Colleter et l’AS Monaco de George Weah, c’était quand même autrement plus difficile que de battre 5-0 le TFC de Jean-Armel Kana-Biyik. Alors à l’époque où la phrase type de fin de match se résumait souvent à «l’important c’est les deux points», devenir champion de France ressemblait à tout sauf à une partie de plaisir. Et parce qu’un tacle de Luc Sonor pendant un vieux 0-0 dégueulasse au Louis II aura toujours plus de classe qu’une embardée de Van Der Wiel.

4 – Il y a plus fort

Ibra, Di Maria, Cavani, Thiago Silva, Thiago Motta, Matuidi, ça a de la gueule. Mais finalement, c’est pas mieux que ce qui se fait ailleurs, à Barcelone, à Madrid, à Manchester, ou surtout à Munich. Le Marseille de Tapie avait hébergé les joueurs les plus merveilleux de son époque, Klaus Allofs, Enzo Francescoli, Moser le boucher, Deschamps l’aspirateur, Dessaillly le platane, Di Meco la faucheuse. Des cadors qui se tuaient sur le terrain pour faire mieux que Van Basten ou que Romario, qui donnaient leurs lettres de noblesse à d’autres clubs, mais pas en mieux. Messi et Ronaldo ne jouent pas au PSG. Waddle jouait à l’OM.

5 – Canal + VS La Vie Claire ou QSI VS Rien du tout ?

Les patrons de club avaient autre fois plus de coolitude. La preuve, le plus taré est toujours là, Loulou Nicollin. Il côtoyait à sa plus belle époque des mecs hauts en couleurs, comme le fantasque ami de Gérad Depardieu Gérard Bourgoin (Auxerre, les poulets Duc de Bourgogne), Michel Denisot (Canal + et le PSG), ou mieux encore, Claude Bez ou Alain Afflelou. On gueulait dans les vestiaires, on prenait des douches avec les joueurs, en costard cravate, on buvait des bières et on perdait contre l’OM. Qui ça fait tripper, de voir Nasser ? Sérieusement ?

6 – Des supporters partout, sauf…

Vous connaissez sûrement le dicton préféré des supporters marseillais : «il y a un club de supporters de l’OM à Paris, mais à Marseille, il n’y a QUE des supporters de l’OM». La vie résumée par 45 000 abonnés qui sont prêts à se tuer pour que leur club gagne. Paris a aussi ses fans, et des vrais, mais on sait pas pourquoi, c’est pas pareil. Et surtout, on sait pas pourquoi non plus, tout le monde les déteste. Alors que bon, c’est tous les mêmes, des grands enfants.

7 – Pastore ?

Il est arrivé le premier, avec 45 millions d’euros sur la table. Javier Pastore était le premier joueur hyper cher à signer le pacte de fidélité avec les investisseurs qataris. Il a fait une belle saison, en sauvant à lui tout seul certaines situations improbables. Mais il n’a pas permis à Kambouaré de finir proprement son taf. Il n’a même pas permis à QSI d’être champion de France du premier coup, avec un PSG relégué à 3 points du Montpellier d’Olivier Giroud qui gagnait tous ses matches 1-0. Chienne de vie pour l’Argentin, qui pensait atterrir dans un club bâti pour tout écraser. Pas de pot, Ancelotti moins fort que René Girard, y a qu’à Paris que ça peut arriver, un truc pareil.

8 – Des années de moisissure absolue

En hébergeant les plus nuls de tous les joueurs de l’histoire de la ligue 1, de Fabrice Pancrate à Amara Simba, en passant par l’esthète du tacle à la rotule Bernard Mendy, le PSG n’a pas été que le club de Valdo et de Raï. Les années Colony Capital ont fait du Paris Saint-Germain la risée de la ligue 1, et c’est un miracle que le club se soit maintenu dans l’élite depuis 1974. Colony Capital, c’est aussi l’époque de Pauleta meilleur buteur de ligue 1 avec 15 buts. De David N’Gog. De Zoumana Camara. D’une branlée au Parc contre l’Hapoël Tel-Aviv (2-4), de Vikash Dhorasoo. Des années nulles, vraiment, qu’au moins l’OM a eu la décence de passer en Ligue 2, que Saint-Etienne a vu venir progressivement, et que l’OL a surmontées en faisant jouer ses jeunes.

9 – Trop de supporters chiants

Francis Huster, Francis Lalanne, Patrick Bruel, Enrico Macias, Adamo, La Fouine, Guillaume Durand, Jean-Luc Delarue, ou même des mecs au nom qui tient en une syllable, Tex, Rohff…Tal, même. Une liste de supporters plus connus que les joueurs, comme seule une capitale peut en avoir, et qui ne rendent pas forcément les tribunes sympathiques. Pour ça, plutôt se tourner vers les kops Boulogne et Auteuil. Ah ben non, en fait y a plus de flamme au Parc. Bon, ben Vélodrome.

10 – C’est comme ça et c’est tout

Et c’est péremptoire par rapport à l’axe (copyright :Alexandre Astier).

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