Ce n’est ni le plus capé – il s’agit d’Iker Casillas, le capitaine, plus de 150 sélections au compteur. Ni le plus emblématique – peut-être s’agit-il de Sergio Ramos, mélange impressionnant de caractère et de talent, défenseur central du Real Madrid, véritable guerrier et leader moral. Ni le leader technique, le plus fondamental dans la signature et la définition du style de jeu – Xavi, le légendaire et dorénavant retraité meneur, est sans égal ni même rival dans ce domaine. Ni du plus décisif – Andres Iniesta, autre pépite du Barça, lui toujours en activité (encore une ligue des champions, la 4ème, en mai 2015), et buteur unique et létal en finale de la Coupe du Monde 2010, ne saurait être contesté. Mais David Silva, gaucher soyeux dorénavant aux commandes de Manchester City, aura lui aussi été partie prenante – et un véritable pilier – de la magnifique trilogie à succès de l’équipe nationale d’Espagne, souvent qualifiée, pas besoin d’être hispanophone pour comprendre, de Roja bonita : Championnat d’Europe 2008 – Coupe du monde 2010 – Championnat d’Europe 2012. Un triplé inédit, qui aura marqué – pour le meilleur, tant le jeu pratiqué par cette équipe a tutoyé les étoiles – l’histoire du foot.

Titulaire dans les deux Euros, Silva aura été sur le banc durant la WC 2010 en Afrique du Sud. Peu importe ; ce milieu offensif gauche, dans le top 10 des meilleurs buteurs en sélection espagnole (23 buts, c’est exceptionnel pour quelqu’un qui n’est pas un véritable finisseur) aura été un pion essentiel, que dis-je ? un fou, une tour, sur l’échiquier triomphal de la Roja. En outre, recruté par le richissime club anglais de Manchester City (une espèce de PSG d’outre-manche avec moins de brésiliens, mais autant de thune) à l’été 2010, le beau David (né en 1986) a fortement contribué à étoffer le palmarès du nouveau riche : Champion d’Angleterre en 2012 et 2014, vainqueur de la Cup en 2011 et de la Coupe de la League en 2014. Curieusement, là non plus, Silva n’est jamais le premier auquel on fait crédit de ces succès : les amateurs pensent d’abord à Sergio Aguero ou à Yaya Touré, et les pros à Samir Nasri – nan, c’était juste pour déconner.

C’est à la fois la malédiction et la martingale de David Silva : il a un palmarès XXL, et jamais personne ne pense à lui comme un architecte essentiel du dit palmarès (premier buteur, par exemple, de la finale de l’Euro 2012). Pourtant, au-delà du talent – évident, insolent, éclatant – du joueur, il y a quand même un alignement des planètes qui devrait pousser à réfléchir – ce n’est pas, il est vrai, la qualité la plus partagée des footeux.

Comme chacun sait, So Foot est tenu (non sans raison) par notre bien-aimé rédacteur en chef pour le plus beau magazine du monde. Qu’est-ce qu’ils disaient, déjà, ces génies, en 2010, de l’arrivée de DS en Permeier League ? Je cite : «  Le beau David va se faire ouvrir par toutes les défenses du Royaume ». Bah, y a que ceux qui disent jamais rien qui se trompent pas. Autant vous dire que ça risque pas de m’arriver.

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