Stéphane Rousseau nous a apporté un peu d’Amérique du Nord. Il sait tout faire, depuis toujours : du chant, de la danse, de l’humour à 1000 à l’heure. Il est cool, il ne vieillit pas, il possède un humour inoxydable et il reste à la pointe des meilleurs performers qu’une scène puisse accueillir. Juste avant son passage au Forum pour son nouveau spectacle «Brise la Glace», c’est un Stéphane Rousseau détendu qui nous a répondu depuis une chambre d’hôtel en Suisse, où il espère que l’avenir sera tranquille, parce qu’il a envie de peindre, l’année prochaine.

Quels sont les thèmes que vous abordez dans «Brise la glace»?

Je parle beaucoup de la bêtise des hommes, mais surtout de la mienne, en fait ! Je parle de tout, de ma femme de ménage, de ma séparation, de mon fils, de mes angoisses, je raconte un peu ma vie, je fais le bilan de ma connerie. Et j’essaie d’ouvrir vers ma rédemption, ce personnage, comment il va s’y prendre pour devenir un meilleur homme, meilleur amant, meilleur père. On suit la démarche d’un bonhomme un peu perdu, qui n’a pas toujours fait les bons choix mais qui s’évertue à faire mieux.

C’est un peu plus personnel encore que vos autres spectacles ?

Oui, je l’avais déjà entamé, ce processus, avec «Les confessions». Mais j’avais envie de creuser encore plus, c’est très payant, je trouve. Les gens se reconnaissent beaucoup, et moi je prends énormément de plaisir avec ce nouveau spectacle. Le ton a un peu changé, il est un peu plus corrosif. On me disait souvent que j’étais beaucoup plus fou et thrash à la maison, alors je me permets d’être encore plus naturel, et c’est cool à ce niveau-là, les gens rigolent encore plus qu’avant. J’essaie quand même de garder le côté «performer». Par exemple je chante des chansons que nous avons écrites avec mes amis musiciens, des titres courts et rigolos. On joue aussi des petites reprises, qui contribuent à raconter l’histoire. C’est beaucoup de plaisir, tout ça.

Et vous êtes d’ailleurs accompagné sur scène par des musiciens.

Oui, deux. Une fille très jolie à la batterie, qui envoie du bois, et un type qui ressemble à s’y méprendre à un vrai bûcheron canadien, qui donc envoie du bois aussi ! Il a un look incroyable, ça le fait. Je fais voyager les gens au Québec, avec ce spectacle.

Vous vous sentiez seul sur scène ?

Il y avait un peu de ça, oui. J’avais déjà eu des musiciens dans le passé, et ça me manquait. ça donne vraiment autre chose, une dimension, on peu improviser des trucs, faire un bœuf, et on partage tout à plusieurs, le stress, la nervosité des premières, les bons coups et les mauvais. J’en ai moins sur les épaules. Et puis après coup c’est super d’aller dîner ensemble, de boire une bière, on se pète les bretelles, on se trouve bons, ou pas !

C’est difficile de transposer votre folie «domestique» sur scène ?

Oui, parce que pendant longtemps j’osais pas ! J’osais pas déplaire, j’avais peur. Je fais ce métier depuis très longtemps, donc on se crée un public, on a peur de les décevoir, de les perdre. C’est inconscient, on a peur de perdre ses acquis. Mais il faut prendre des risques, pour durer dans ce métier il faut se mettre en danger, revoir ses façons de faire. Il faut accepter de créer un spectacle différent de celui qu’on voulait créer au départ, et c’est toujours comme ça ! Il est différent de ce que j’avais fixé sur ma première feuille. Je savais qu’il devait être plus rock, plus trash dans le ton, mais pas qu’il me plairait autant.

La scène, la chanson, le cinéma, vous touchez à tout. C’est le parcours classique pour un humoriste ?

Peut-être pas classique, mais nous les nord-américains on aime porter plusieurs casquettes. C’est mon cas. Et je trouve que je ne fais plus assez de cinéma parce que mon horaire est très chargé sur les scènes, j’essaie de remédier à ça. J’ai envie de retourner jouer un peu avec les amis au cinéma. On est beaucoup sur les routes, on travaille sur les deux marchés en France et en Amérique du Nord, c’est très prenant. Et exaltant.

Vous avez beaucoup d’amis en France. C’est le territoire à conquérir, quand on est québécois ?

Entre autres, mais il y en a qui se concentrent uniquement sur l’Amérique du Nord. C’est selon leurs envies. J’avais une profonde envie de venir en France, ça m’a toujours attiré les vieux continents. On avait une carte postale de la Tour Eiffel dans la cuisine, mes parents n’ont jamais eu l’occasion d’y aller. On regardait beaucoup de films français, on était fans de plein d’acteurs, d’humoristes. Coluche, mais surtout Pierre Richard, les Bronzés, les Charlots, ça me fascinait autant que les Américains. J’ai eu des propositions en France et je les ai saisies, mais sinon je me serais débrouillé pour venir quand même.

Depuis la France, on a l’impression qu’il fait un peu moins bon vivre au Québec.

On pourrait dire la même chose de la France, mais bon…On avait été un peu épargnés par la crise économique, là on ressent le contre-coup. On va finir par passer au travers, mais l’ambiance est bonne, la qualité de vie est bonne, on a toujours nos grands espaces et nos -30 degrés.

Et qu’est ce qui vous attend après cette tournée pour «Stéphane Rousseau Brise la glace» ?

J’ai envie d’une vraie année sabbatique. Je ne sais pas si ça va arriver pârce que je l’attends depuis l’année de mes treize ans alors j’en doute mais j’essaie d’y croire. J’ai très envie de peindre et dessiner à la maison, et puis j’attends qu’on me propose des choses, mais pour l’instant je vous assure que je n’ai rien planifié !

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire