Et même apprendre à nager, tiens, comme l’a fait à sa grande époque infantile votre serviteur ! Mais pas avec Franck Bis. Franck Bis est grand, très grand. C’est parce qu’il a joué au basket, beaucoup et très bien. Quel rapport avec la piscine, direz-vous ? Et bien aucun, si ce n’est qu’après avoir passé le plus clair de sa vie sur les terrains de sport fréjusiens en tant qu’éducateur, il a eu envie d’un bureau et d’un poste à responsabilités. Le voilà donc directeur des deux piscines de Fréjus, des grosses machines qu’il faut faire tourner à grands coups de pompes, dans lesquelles on fait du sport, on se détend, et on se remet en forme. Au bord de la mer, en plus, mais à l’eau douce. Pour l’instant, en tous cas !
Votre poste, c’est directeur ?
Moi je dis « responsable des piscines », on m’a demandé de prendre la place de mon prédecesseur, et j’ai accepté. Jusqu’ici il y avait deux responsables, un qui était là pour l’administration et les recettes, l’autre pour l’aspect technique et l’entretien. Avec la nouvelle mairie il y a eu restructuration et je suis aujourd’hui seul. Alors j’ai continué à travailler avec mon collègue qui sera bientôt à la retraite, et par la suite on verra !
Quel est votre parcours ?
Je suis au service des sports depuis 1982, c’est pas récent ! Depuis j’y suis resté, j’étais éducateur sportif sur le terrain. Polyvalent, mais ma spécialité était le basket. J’avais été recruté pour ça, quand je jouais à haut niveau je faisais partie des petits avec mon mètre 92 ! Dans le monde sportif j’y suis depuis longtemps. Il s’avère qu’après tout ce temps sur le terrain j’ai fini par ne plus me sentir à ma place avec les gamins, et j’ai eu envie d’autre chose. J’ai adoré ça, pourtant, mais depuis 3/4 ans, à la cinquantaine, j’avais besoin d’un poste à responsabilités. Certains le font beaucoup plus tôt. Le problème quand on veut évoluer, c’est que des postes il n’y en a pas toujours. Alors j’ai attendu et on m’a proposé ça.
Pas dans votre domaine, donc.
Non mais il s’agissait de gérer et de manager. Le sport est un milieu que je connais, ici on voit beaucoup l’Amslf, qui sont très proches de nous.
Qui sont les usagers des deux piscines ? Des publics différents ?
Disons que celle de Galliéni est plus consacrée à la pratique sportive que celle de la base nature. Mais dans l’ensemble, les scolaires et les centres de loisirs représentent un tiers de l’occupation, l’Amslf un quart, et le reste se partage entre le public « payant », les associations, et certaines structures particulières comme les militaires du Rima, les pompiers, etc. J’ai fait des statistiques pour réorganiser le « temps de piscine », pour éviter de donner de grosses plages horaires à des catégories d’usagers qui ne viennent pas souvent. Les sportifs vont surtout à Galliéni, où ils s’entraînent pratiquement tout le temps. Ils ont toutes les catégories d’âge, des bébés nageurs, de l’aquagym, et bien sûr des nageurs compétitifs.
Vous suivez le club de près ?
Et bien pas vraiment, je me contente d’avoir de très bons rapports avec le président. Mais j’aime bien ce milieu « club ». Notre problème, c’est de ne pas avoir de grand bassin de 50m comme à Saint-Raphaël, qui accueille les compétitions. Mais tant mieux qu’il y ait une autre piscine là-bas, on a perdu un peu de monde mais c’est mieux pour la population qu’il y ait plus d’endroits pour nager et pratiquer ce sport.
Et donc, ceux qui ne viennent pas pour s’entraîner, ils viennent dans quel but ?
Et bien ce sont souvent des familles qui viennent pour se détendre, ou des jeunes qui souhaitent s’amuser. Il y a aussi ceux qui souhaitent nager de manière sportive, mais sans faire de véritables entraînements comme en club. Ceux-là peuvent profiter d’une ligne de nage spécialement affrétée pour nager sans être gênés.On peut même utiliser des palmes, et les maîtres-nageurs ont pour mission de gérer tout ça en fonction du monde.
Beaucoup de gens travaillent ici ?
Deux caissières à temps plein, 8 maîtres-nageurs, six techniciens, plus les administratifs comme moi, l’entretien, etc. C’est une grosse infrastructure, de 7h à 22h. Et ce n’est pas une installation facile à contrôler, ou à entretenir. On livre le bassin à des gens, il faut que l’eau soit saine et bonne, pareil pour les sanitaires, les douches, etc. Tous les jours.
Vous avez dû apprendre beaucoup de choses !
J’en apprends toujours ! Rien que sur les considérations techniques, c’est fou. Ici, si la température n’est pas bonne, on peut se retrouver à devoir fermer un bassin.En-dessous de 27 degrés, plus de scolaires, par exemple. Idem pour l’air dans les vestiaires, on a des tas de normes à respecter, des dizaines de choses à vérifier, à contrôler, c’est notre métier. Et puis il y a énormément de pompes et de vannes, tout ça c’est mécanique, mais bon…il faut une équipe fiable, il suffit qu’il y ait des congés ou des malades et ça devient très vite plus compliqué, mais on se débrouille, il nous faut de l’effectif. Mais cette usine, parce que c’est une usine, tourne bien, et elle tourne jour et nuit.
C’est un avantage d’être au bord de l’eau ?
Pas vraiment, c’est surtout un plaisir. Au niveau du coût d’exploitation, on est en train de l’étudier, pour les deux piscines. Ici à la base nature, il y a deux bassins, donc deux maîtres-nageurs en permanence. Donc peut-être que l’été c’est préférable d’ouvrir Galliéni, et c’est ce qui se passe actuellement. On a l’obligation de faire deux vidanges par an, donc on les fait l’été et à la période de Noël. Mais il paraît que l’été, fut un temps, il y avait énormément de monde ici. Après, il y a été et été, ça dépend des conditions climatiques. Cet été a été très clément, il ne donnait pas très envie d’aller à la piscine. C’est pareil pour les dimanches, on ne peut pas tout prévoir.
Les gens cohabitent bien, entre sportifs et loisirs ?
Le problème naîtrait si on était surpeuplés, pour l’instant ils s’adaptent bien. Si on était plus nombreux il faudrait ouvrir une deuxième ligne de nage, ça pourrait poser problème avec beaucoup de monde dans le bassin. On gère tout ça au cas par cas.
Il ya pas mal d’événements, aussi, qui passent par la piscine.
C’est souvent les clubs qui nous sollicitent, en passant par un organisme ou la fédération. On a la nuit de l’eau, cette année on n’aura pas le Téléthon mais ça arrive. Et ce n’est pas l’Amslf qui gère la piscine, c’est distinct.
Cela dit, pour le club comme pour les scolaires, c’est une bénédiction d’avoir une installation comme ça à disposition !
Oui, comme pour le club d’apnée avec la fosse…Tout le monde vient à la piscine. Ici à l’origine c’était une piscine faite pour l’armée,les pilotes s’entraînaient à tomber dans l’eau dans des capsules. On a fait du neuf avec du vieux, qui fonctionne plutôt bien. On rase et on refait ? C’était la question qui se posait à l’époque, on aurait pu prendre de l’eau de mer… On fonctionne comme ça depuis 2002, elle est restée un moment sans servir. Mais aujourd’hui elle remplit très bien son rôle, auprès de tous les publics.

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