Le volley-ball est un sport étrange : il s’agit du seul sport collectif dans lequel le contact est prohibé, interdiction dont le filet, dans le style tennis – un peu plus haut, d’accord -, est le symbole. A ces seules lignes, vous aurez déjà compris que les chorégraphies étranges et magnifiques de cette discipline me sont moins familières que les entrechats des footballeurs ou les percussions des rugbymen – ou l’inverse, même si c’est plus bizarre. Fort heureusement pour le directeur de la publication et le rédacteur en chef du précieux magazine que vous tenez entre les mains (le directeur financier étant, curieusement, le plus réservé du trio sur ce point), ne rien connaître à quelque chose ne m’a jamais empêché d’y glisser mon grain de sel – en l’occurence ma cartouche d’encre. « Qui c’est celui-là ? » va donc, cette semaine vous narrer l’épopée d’un volleyeur. A priori, il y avait autant de chances que cela advienne que de voir Laurence Boccolini en James Bond girl, mais c’est bien la preuve qu’on ne sait jamais. Vas-y Laurence, laisse ton CV, et qui vivra verrat, comme disait le cochon. Earvin Ngapeth, joueur charismatique et contesté, dont les déboires judiciaires parasitent le palmarès (considérable), par surcroît fils d’une ancienne star (fréjusienne) du jeu, eût été tout indiqué pour cette rubrique. Sauf que ce qui est trop évident n’a pas de place dans ce journal ; de plus, quand je suis dans le noir, j’ai tendance à faire confiance aux spécialistes ou aux institutions – démarche naïve dont le plupart du temps, je me repens lorsque la lumière revient. Or, l’équipe de France a été enfin couronnée, le dimanche 18 septembre 2015, à l’issue d’un Euro de Volley disputé en Bulgarie. Et le titre de MVP – meilleur joueur de la compétition – décerné à l’issue d’icelle l’a été à Antonin Rouzier. Celui-ci a 29 ans ; globe-trotter certifié, il évolue cette année en Turquie – appremment, une sorte d’Eldorado pour les volleyeurs. Il est « pointu », ce qui ne renseigne pas sur son accent – pour un natif de l’Isère, ce serait cocasse – mais fait de lui un attaquant, et de taille (2,01 m) : il aura été à la fois le meilleur marqueur de la compétition, avec 119 points, et de la finale, avec 21 points. De l’avis des spécialistes, ce talent brut incontestable a récemment acquis étoffe et régularité. Il marque dorénavant des points décifsis dans des matches décisifs. Avec Rouzier, Ngapeth et quelques autres, il n’est pas impossible que le volley français marche sur les traces du hand, pour connaître un âge d’or que d’autres ballons – plus ovales, si vous suivez mon regard – ne sont pas près de retrouver.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire