Tous les vendredis, lorsque l’on habite Roquebrune et que l’on est dans une énorme galère, il reste un peu de chaleur à se mettre dans le coeur. Et quelques denrées alimentaires à ranger dans les placards. La municipalité a mis en place depuis 2008 un système assez peu répandu, mais qui existe dans d’autres communes de France, une épicerie solidaire. Le fonctionnement est assez simple : c’est la mairie qui fait les courses, et qui récolte les dons, et les travailleurs sociaux (en l’occurrence, ceux du CCAS) les distribuent aux gens qui sont dans le besoin. Les modalités d’accès sont à l’appréciation des agents municipaux et des assistantes sociales, chaque demande est soigneusement étudiée. On est très loin de l’industrie, seules quelques familles qui rencontrent de très grandes difficultés sont concernées par le dispositif qui a pour objectif de remettre le pied à l’étrier aux bénéficiaires.

Rendez-vous et cas par cas.

La ville a fait en sorte de maintenir debout l’épicerie solidaire malgré quelques petits tracas. Le partenaire exclusif, Leclerc, ne livre plus sur place et le travailleurs sociaux doivent aujourd’hui aller approvisionner eux-mêmes le petit stock. Le déménagement de l’épicerie dans un Algéco temporaire (l’ancien local est actuellement en travaux rue des douaniers) a provoqué une réduction drastique de l’espace, et nuit quelque peu à la convivialité de l’ensemble. Aujourd’hui, l’épicerie est ouverte une heure le vendredi matin, pour des personnes qui sont reçues sur rendez-vous. Il y a aussi un créneau l’après-midi, pour celles et ceux qui peuvent quand même donner une petite participation, à hauteur de 10% de leur panier-repas.

En proposant ce service, qui n’est pas une obligation, la ville de Roquebrune participe activement à la réinsertion des personnes les plus démunies de son territoire. C’est aussi parce que sur la commune, le tissu associatif solidaire n’est peut-être pas aussi présent que dans les villes plus grandes de Fréjus et Saint-Raphaël. Là où le monde associatif n’a pas forcément l’énergie d’aider, la force publique fait de son mieux pour remettre du grain à moudre dans des moulins usés jusqu’à la moelle. Et par les temps qui courent, même si c’est une goutte d’eau dans l’océan des misères que nos gouvernants nous font, il est bon de constater, de temps en temps, que l’on joue tous dans le même camp.

 

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