Ils sont 12, selon le Figaro. Douze mecs à être partis trop tôt en l’espace de même pas quinze jours. Une hécatombe hallucinante, cruelle, imprévue, dégueulasse pârce qu’elle est marquée du sceau impitoyable de la maladie la plus cruelle qui soit, celle dont on ignore tout ou presque et qui nous tue souvent, le cancer. Une fin d’année 2015 qui sentait déjà le sapin avec la mort de papa Lemmy Kilmister, le chanteur de Motörhead, et celle de papi Galabru, qui laissent derrière eux deux carrières bien différentes, mais qui auraient sûrment adoré boire un pastis ensembleµ. Et puis Delpech, et puis Bowie, puis Boulez, et même Alan Rickman, le Hans Gruber de Piège de Cristal, le pire salopard des années 80. On en a choisi 4, à qui on avait envie de rendre un dernier hommage. Allez, dernière revue d’effectifs et on les laisse tranquilles.

Lemmy Kilmister

24-12-1945 / 28-12-2015

Profession : inventeur du rock n’roll saupoudré de heavy metal

Il était le chanteur bassiste de Motörhead. Il était peut-être l’icône du rock n’roll encore en vie qui comptait le plus de fans. En tous cas, il était sûrement celui qui faisait le plus l’unanimité dans la frange la plus énervée du rock. Il était là avant tout le monde, il était intègre au possible, il ne faisait jamais aucun compromis. Drogué au Speed (cocaïne de zonard) depuis ses débuts, fignolé au Jack Daniels depuis 50 ans, Lemmy était un survivant. Il a commencé en étant garde du corps de Jimi Hendrix, rendez-vous compte ! Jamais marié, jamais dans les quartiers huppés de sa viile ,d’adoption de Los Angeles, le père du heavy-metal (avec quelques autres, mais il était là avec les pionniers) ne s’est jamais renié. Des albums par palettes (23 au compteur plus douze lives plus ou moins officiels entre 1975 et 2015), des centaines de concert partout sur la planète, et deux hymnes absolus : Overkill et Ace of Spades, bande originale de la vie de millions d’enragés. On a la haine que tu sois parti, mec. Mais on s’y attendait un peu. Et ben même…

 

David Bowie

Né David Robert Jones le 8 janvier 1947 / 10-01-2016

Profession : Icône bizarre et star planétaire

Deux yeux pas de la même couleur, un look de robot, de gonzesse, de dandy, de star du porno gay, on ne sait jamais vraiment où situer David Bowie. De Ziggy Stardust à ses costumes pastels des années 80, à la vieillesse (relative) hyper classieuse, Bowie a traversé les époques sans jamais se fondre dans un moule généraliste. Lui, son truc, c’était le personnage Bowie, hors du temps. Il avait commencé en étant l’incarnation androgyne du Glam-Rock, au milieu des sixties avec en toile de fond les premiers succès de Marc Bolan. Il a ensuite taillé sa propre route, flirtant toujours avec les succès pop sans jamais se réclamer d’aucune scène, et surtout sans jamais céder à la tentation des modes. Il était l’un des plus fantastiques créateurs musicaux d’Angleterre (et c’est pas rien), hyper respecté par ses pairs (invité par Queen ou Mick Jagger, rien que ça, à chanter sur leurs albums), il était incroyablement talentueux et inventif, peu importe qu’on aime sa musique ou non. Il était malade, très. Il y est resté, trop tôt. Même pas le temps de profiter plus de 48 heures des retombées de son dernier album, sorti le jour de son 69e anniversaire.

 

Michel Delpech

Né Jean-Michel Delpech le 26 janvier 1946 /02-01-2016

Profession : Chanteur le plus sympathique des années 70

Il était très malade depuis plus d’un an et demi. Michel Delpech la voyait venir, cette sale journée de janvier 2016. Tous ses amis le savaient. Nous, le public, on le savait un peu moins, parce qu’on est des nazes et que les gens qui ne sont pas sur le devant de l’affiche, on les oublie vite. Delpech ? Le ringard ? On sait pas trop ce qu’il fait, il doit compter son fric à la campagne. Pas exactement, non. Il continuait de sortir des albums (le dernier, Sexa, en 2009), d’écrire des bouquins (5 à son actif, dont deux qui évoquent son combat contre la maladie), et de pratiquer la religion assidûment, lui qui s’était pris d’affection pour la foi chrétienne. Mais Delpech, c’était surtout un me à la cool, qui improvisait sur la Dernière Séance d’Eddy Mitchell quand le réal’ d’Antenne 21 lui balançait le mauvais playback, et qui chantait des jolies chansons (Les divorcés, Les oies sauvages, Chez Laurette) en alternance avec des grosses conneries (« Le Loir-et-Cher », « Quand j’étais chanteur »). Un style d’écriture diamétralement opposé à celui de Maître Gims, avec du goût, de la finesse etr du sens. Et rien que pour ça, il va nous manquer.

 

Michel Galabru

27-10-1922 / 04-01-2016

Profession : Second rôle meilleur que la tête d’affiche

On aimeerait tous qu’il fasse partie de notre famille. Ils en ont eu, de la chance, les Galbru. Un grand-père pareil, ce serait pas le kif ultime ? Drôle, sympathique, caricatural juste ce qu’il faut, talentueux à l’extrême, Michel Galabru, c’est une gueule, une voix, une diction, et des personnages loufoques de mecs énervés, aussi désemparés qu’en colère. Il a voulu éradiquer la Cage aux Folles, il a épaulé Cruchot de Funès dans les Gendarmes de Saint-Tropez, il a martyrisé les Sous-Doués. Il a même décroché un César pour un vrai beau rôle dans un vrai beau film, le Juge et l’Assassin en 1977. Un seul, en 70 ans de carrière passés entre les planches et les studios. Galabru restera un immortel du cinéma français, ainsi qu’un incompris du théâtre, puisque comme le disait lors de ses obsèques son ami Philippe Caubère, Galabru n’a jamais eu le droit de monter sur les plus belles planches du théâtre contemporain, alors qu’il l’aurait largement mérité. On peut imaginer que sa belle et longue vie lui a rendu ce qu’il a donné à son public, et maintenant, on aura un léger pincement au coeur avant de se marrer quand on le regardera s’exciter avec un fort accent pied-noir dans une bonne comédie ou dans une saucisse sans prétention. Il les rendait toujours un peu cool. De la Comédie Française au Trouble-Fesses (une TRES grosse connerie avec Bernadette Laffont, la meilleure -et la plus belle- actrice de Z de l’histoire du cinéma mondial).

 

 

 

 

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