Il y avait aussi des réponses, dans les mots de la directrice Chantal Borne, et du sénateur-maire de Saint-Raphaël Georges Ginesta, qui est aussi président du conseil de surveillance de l’hôpital. M. Ginesta qui ne manque jamais la cérémonie des voeux, surtout depuis que Chantal Borne, qui n’hésite jamais à l’invectiver avec humour mais sans jamais se désunir, est à la tête de la « plus grosse boîte » de toute la Cavem.

Quatre millions d’euros pour un parking nécessaire

Vous en avez entendu parler en long en large et e travers, y compris dans nos colonnes : le parking de l’hôpital est enfin prêt. Il accueillera plus de 400 véhicules tous les jours, et sera surtout dédié au personnel et aux visites, « c’est sa première destination » comme l’a rappelé le sénateur-maire qui n’a pas manqué de mentionner le fait que ce parking, nécessité absolue (c’était devenu ingérable, soyons honnêtes) est financé à hauteur de 4 millions d’euros par la Cavem. C’est là-dessus que Georges Ginesta s’est le plus attardé, ainsi que sur la grande question qui trouvera ces prochaines semaines sa réponse fatidique : le CHI va-t-il perdre son indépendance ? Avec 3 milliards d’euros d’économie à réaliser sur le plan national en trois ans, le monde médical va subir une révolution qui risque de créer quelques accrocs dans le monde hospitalier. Et à Fréjus, on se pose pas mal de questions.

« 2016, ça va être chaud »

Si vous avez lu la dernière sortie de notre magazine (paix à son âme), vous savez sûrement que Chantal Borne est une femme très spéciale. Parce qu’elle est l’une des rares directrices d’hôpital (surtout aussi gros), c’est plutôt un truc d’hommes. Parce qu’elle ne laisse ni les maires, ni les médecins, ni les instances de tutelle décider à sa place. Elle va pourtant devoir composer avec la Loi de Santé, adoptée par le parlement le 17 décembre dernier, et qui attend son application dans les grandes largeurs. La question principale est la suivante : le CHI de Fréjus va-t-il tomber sous la tutelle de Toulon ? C’est principalement ce qui inquiète la directrice, qui joue dans le même camp, sur ce point, que le sénateur-maire. Ce dernier s’inquiète de la dépendance de l’hôpital, qui doit selon lui rester un établissement de référence dans l’Est-Var (c’est d’ailleurs l’hôpital le plus important de la zone). Inquiets tous deux de voir un énorme pourvoyeur de patients pour le 06 tomber sous l’influence d’un établissement toulonnais avec lequel il ne travaille aujourd’hui pas vraiment. Et si Chantal Borne a remis le doigt sur certains dossiers qui ont longtemps alimenté les discussions désagréables (l’état du bâtiment de psychiatrie, la surpopulation des urgences) et qui commencent à significativement sortir du marasme, elle sait que tout le personnel attend le verdict de l’Agence Régionale de Santé, qui va répartir l’activité hospitalière sur une zone, ce qui alarme beaucoup les personnels soignants, qui craignent de voir leurs établissements se spécialiser et ne plus être aussi performants sur le plan pluridisciplinaire, en plus d’être mis sous une tutelle qui suscite le doute.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire