C’était, déjà, la 19e édition du fameux festival de courts-métrages organisé par la ville de Fréjus. Souvenez-vous, au début c’était au Vox que ça se passait. Depuis la sortie de terre du Forum, le festival a pris une belle ampleur, et le Vox est toujours là, partenaire discret, heureux et sélecte. Cette année pas moins de 13 films étaient en compétition, et on avait en mémoire un souvenir ému de l’édition passée, qui avait envoyé du lourd en matière d’originalité, de rire, de folie et de courage artistique. On s’attendait à être encore plus surpris pour cette 19e édition qui aurait pu oser le pari d’aller encore plus loin. On a hélas dû se résoudre à voir des œuvres un poil moins ambitieuses, parmi lesquelles quelques jolis coups bien ficelés, quelques banalités, et deux ou trois purges ignobles et même interminables, comme un léger souci pour des films qui se veulent « courts », comme leur métrage l’indique.

Des blagues plates ou des partis pris de bon aloi ?

Souvent, le danger avec le court-métrage, c’est de manger en pleine face un énorme défaut que tous les auteurs sont tentés de reproduire à l’infini : tirer sur la corde d’une fausse bonne idée, insuffisante pour générer un film digne d’intérêt. Dans le drame ou dans la comédie, c’est catégorique : tisser un film, même court, sur une seule idée scénaristique, une blagounette mise en scène, c’est dangereux, et ça tombe souvent à plat. C’est notamment le cas pour « Boulevard des Italiens », un film trop long (presque douze minutes qui en paraissent 35) pour simplement mettre en lumière une blague gentillette. Qui fait dire « ouais, allez, d’accord, si tu veux, mec. » L’inverse de « Une simple formalité », qui avec un heureux choix de mise en situation à la manière, par exemple, « Des Nuls », réussit mieux le pari de la bonne idée filmée. C’est plus drôle, plus intéressant, comme s’il y avait plus de boulot. Dire un maximum de choses en un minimum de temps, c’est ça, non, le court-métrage ? Parce que le choix de ne rien dire ou presque sous prétexte que le temps est compté, c’est un mauvais parti pris. Enfin, nous, c’est ce qu’on en pense.

Et les dingueries, alors ?

L’an dernier, on avait vu une table s’écrouler à l’étage en dessous lors d’un banquet déglingué. C’était court, c’était chouette, et c’était aussi fou que drôle. Cette année, on a vu un film d’animation qui met en valeur les attributs masculins d’un corbeau qui couche avec la ère d’un petit gars qui apprend en même temps à détester les oiseaux. C’était tellement incongru, que votre serviteur s’est lâchement endormi. Les autres, les « accompagnants », n’ont rien compris. « Tout ira bien »tourne autour d’un enlèvement d’enfant par son père. La petite allemande qui joue la fille en détresse est excellente, et le père est lui aussi à la hauteur. Mais le film désolé, n’est pas court (29 minutes, on va se détendre), et l’histoire est digne d’un téléfilm produit par la cinq. Oui, parfaitement, la cinq, de Berlusconi et de Jean-Cluade Bourret. Heureusement que quelques perles ont largement relevé le niveau, mais ça on vous en parle juste après, parce qu’en dehors des prix décernés (qui vont chaque année au film qui met en scène l’acteur le plus connu, ou à peu près), nous, on a désigné nos gagnants. Et c’est pas les mêmes !

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