Moi, Sanseverino, je l’aime « à l’arrache ». N’y voyez pas un réel fanatisme du genre pré-ado avec des posters sur les murs, mais plutôt du genre adulte qui aime tellement l’artiste qu’il fait tout de travers. C’est comme ça que je me suis retrouvé à casser le boitier de l’album « Les Sénégalaises » juste à la sortie du magasin de disques. Et c’est comme ça que j’ai mis le cd « Papillon » directement dans la bagnole, sans passer par la case BD. Parce que oui, il y a sans doute un ordre, ou un process pour apprécier l’objet à sa juste valeur. Le dernier album de Sanseverino est un pack mêlant bande dessinée et musique et pas sur n’importe quel thème.

Cavale et banjo

« Papillon » est tiré de l’autobiographie romancée d’Henri Charrière. Cet homme a été accusé à tort d’un meurtre (à ses dires) et est condamné à perpétuité au bagne de Cayenne en 1931. Autant vous dire qu’il n’allait pas jouer à la Playstation avec ses collègues de chambre en attendant que ça passe. Non, c’est plutôt une très grosse galère avec des travaux forcés, une superbe croisière avec des criminels, on n’est pas sûr de rester en vie, et du mitard que même Wes Craven ne saurait imaginer. Quand on prend perpète pour un crime qu’on a pas commis, on n’a plus rien à perdre, et Henri Charrière dit « Papillon » lui l’a bien compris… et deviendra un homme de cavale.

Cayenne, Honduras, Venezuela, Colombie, des bretons masqués, une île pleine de lépreux, des bateaux à la cale pourrie, des curés sympas, des bonnes sœurs un peu moins, un détenu efféminé, et des combines pour cavaler plus dingues les unes que les autres, l’histoire de Papillon va durer plus de dix ans, et le tableau de ses aventures est riches en couleurs. Ca tombe bien, Papillon c’est aussi une BD, admirablement dessinée par Sylvain Dorange qui retranscrit à la perfection l’univers du livre mais aussi celui de Sanseverino.

Remise à niveau

Du coup, j’ai écouté l’album dans la voiture, et j’ai adoré, comme d’habitude. Puis j’ai lu la BD, ou plutôt je l’ai dévorée. Ce qui m’a fait réaliser que les images s’animaient au rythme de la musique bluegrass que j’avais encore en tête. Rythme entêtant, histoire drôle, et tout ça raconté par Sanseverino qui a l’air d’avoir puisé son texte dans un bon vieux San Antonio. Puis j’ai réécouté l’album, et déjà, j’avais les paroles en tête. Le soir, j’ai regardé « Papillon », le film de 1973 avec Steve McQueen et Dustin Hoffman, c’était chouette, vraiment. A voir absolument, malgré le fait que finalement Steve McQueen c’est classe mais Sanseverino, croqué par Sylvain Dorange, ça ressemble plus à l’idée qu’on se fait d’Henri Charrière. Une expérience à ne pas rater.

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