Que ce fut compliqué de construire puis d’ouvrir cette mosquée à Fréjus. Peut-être parce que ce bâtiment ne concerne pas tout le monde, peut-être parce que c’était une idée validée par l’ancienne municipalité avec laquelle la nouvelle voulait rompre dans les grandes largeurs. Peut-être parce que David Rachline a été élu, un peu, pour faire barrage à cette affirmation cultuelle du peuple musulman de Fréjus. Quoi qu’il en soit, la mosquée est aujourd’hui debout et pour l’instant, elle est ouverte, mais il n’y a pas si longtemps, elle était au bord de la démolition.

Un permis de construire puis un changement de mairie

En août 2013, le sujet de la mosquée n’alimente pas vraiment les polémiques. L’association El Fathe a réuni de l’argent et la mairie, à l’époque dirigée par Elie Brun, accorde un permis de construire. Ceux qui seront face à Elie Brun quelques mois plus tard lors des élections municipales, David Rachline mais aussi Philippe Mougin, manifestent leur désapprobation. Mais pour l’instant, le sénateur-maire en poste depuis 1995 est aux manettes et les travaux sont lancés en janvier 2014, juste avant les élections. Et ces travaux vont jouer un rôle important.

Une fois à la mairie, David Rachline et son équipe examinent le dossier et réclament l’arrêt des travaux pour un permis non valide légalement. Mais cette décision est invalidée par le tribunal administratif de Toulon, et les travaux reprennent en décembre 2014, deux mois après la suspension. Les travaux se finissent tranquillement et la mosquée attend simplement d’ouvrir, puisque la commission de sécurité a donné un avis favorable.

Ouvrira, ouvrira pas.

L’association désire ouvrir pour de bon, mais le tribunal administratif, le même qui avait décidé de relancer les travaux, ne leur accorde pas ce droit…jusqu’à ce qu’en octobre 2015, soit un mois plus tard, la préfecture mette en demeure la ville de l’ouvrir quand même. Alors que David Rachline, comme il l’avait promis lors de sa campagne, annonce qu’il souhaite organiser un référendum, c’est le Conseil d’État qui prend tout le monde de court en ordonnant l’ouverture le 10 novembre…avant que la démolition ne soit ordonnée par le procureur de la République…et que le conseil d’État n’ordonne au préfet de faire ouvrir cette mosquée en se substituant au maire, il y a une quinzaine de jours.

Pour avoir une vue complète de ce dossier, n’hésitez pas à relire tous les articles consacrés par Var-Matin à ce sujet, qui a compilé sur son site Internet les onze grandes dates de l’imbroglio juridique concernant la mosquée de Fréjus.

Www.varmatin.com

 

 

Le mot de David Rachline

Je n’ai pas de commentaire à faire sur les décisions de justice, si ce n’est que je n’attends qu’une chose : le respect du droit…et une décision définitive. De toute façon, le préfet a appliqué la décision du juge du Conseil d’État et j’en prends acte. Mais au fond, rien n’est réglé, la question de la fraude autour du permis de construire, la question du PPRI, la question de la zone inondable, tout ça est une question de fond. Si la décision est prise d’ouvrir et que c’est fini, moi j’en ai terminé avec ce dossier. Moi, ma position c’était de ne pas ouvrir, pour attendre la décision définitive. L’attitude du juge est risquée, parce que cette ouverture temporaire risque de faire réagir les fidèles si jamais on ne peut plus ouvrir. C’est aventureux, comme décision, mais si tout est en règle, alors on ouvre et ce sera terminé. Pour l’instant, « wait and see ».

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