Et pour le voir sous un jour intéressant et dynamique, la JCE peut tous nous aider. Il faut juste être motivé, intéresser la communauté, être dynamique et plein de projets, et avoir entre 18 et 40 ans. La JCE, c’est une association reconnue d’utilité publique créée aux Etats-Unis, et importée en France il y a plus de 60 ans par un certain Yvon Chotard. L’idée, c’est de rassembler autour d’une méthodologie de travail et d’une énergie dynamique de jeunes acteurs de la société pour qu’ils communiquent et travaillent ensemble à la création d’un tissu économique plus sympa à vivre. La fabrication d’un monde meilleur. Et pour faire tout ça, il faut un cadre, et il se trouve que le président local, on le connaît déjà, puisque c’est un homme que nous avions déjà croisé dans nos pages, un certain Mickaël Hoarau, patron de Pressur, qui nous avait parlé de sécurité privée au mois de juin dernier. Cette fois, point de gardes du corps ou d’oreillettes, juste de la communication, de l’énergie positive et de l’entraide professionnelle, avec un garçon qui a depuis toujours beaucoup de suite dans les idées.

Mickaël, qu’est-ce-que c’est, la JCE ?

C’est un mouvement, qui permet aux Jeunes Citoyens Entreprenants de créer des changements positifs qui donneront demain un monde meilleur. Et ça vient des USA. Je sais, ça peut paraître utopique, mais ça a permis l’émergence de grands projets qui sont aujourd’hui complètement intégrés à l’inconscient collectif, et ça vient bel et bien d’initiatives de la JCE. Par exemple, les poubelles sélectives, la collecte du verre, sont des actions Jeune Chambre qui sont parties localement de jeunes gens qui se réunissaient le soir pour évoquer ces questions-là.

Et donc nous avons, ici, une antenne.

Chez nous elle a une petite spécificité. C’est un mouvement international, chez nous en France ça date de 1952, au sortir de la seconde guerre mondiale. Son idée, c’était de réunir tout le monde, peu importe l’origine ou le niveau social, pour faire travailler les gens ensemble. Parce que normalement, ça évite les guerres. Et si en Europe on n’a plus de guerre, peut-être que le Jeune Chambre a eu un petit rôle à jouer.

Et ça ne regroupe que des entrepreneurs ?

De jeunes citoyens entreprenants, donc forcément on trouve beaucoup d’entrepreneurs, mais pas seulement. On peut être membre de 18 à 40 ans, parce qu’en fait, le grand but, c’est de former des jeunes à la prise de responsabilité.

Et d’ailleurs, toi, tu n’as jamais reculé devant la responsabilité, puisque tu es patron depuis un moment, déjà. La JCE a joué un rôle, là-dedans ? Pour toi comme pour les autres ?

La JCE t’apporte une méthodologie de travail. Tu l’apprends quand tu intègres des commissions, qui font émerger des projets. Elle a fait ses preuves, et tu peux l’appliquer à tout, même à ta vie personnelle. Moi j’ai eu la chance d’intégrer la JCE un an avant de créer mon entreprise, en 2007. J’ai commencé à la JCE en étant salarié, et je ne suis pas devenu entrepreneur parce que j’y étais, mais tout cet univers m’a intéressé. En passant par là j’ai bien synthétisé ce que je devais faire pour mener à bien un projet, quel qu’il soit. On n’a pas inventé l’eau chaude, mais rien qu’en apprenant à mettre en ordre mes priorités, ça a tout changé. C’est très intéressant, effectivement, quand tu souhaites entreprendre, et si tu n’en as pas l’idée, ça peut te la donner. Créer une entreprise, ça a des conséquences financières, familiales, ça change ton cadre de vie. La jeune chambre, ça te permet de créer des projets et de pouvoir te tromper, si tu échoues, c’est pas grave, on ne monte pas une boîte. Mais tu « entreprends », avec des gens qui travaillent avec toi, des partenaires, les gens peuvent être déçus, mais l’échec n’est pas dangereux, entre guillemets. Parce qu’une entreprise qui se plante, tu peux passer par la case liquidation judiciaire, et si tu ne fais vraiment pas les bons choix, tu peux même te retrouver avec des dettes personnelles importantes.

Un exemple de projet que toi, tu as porté ?

J’ai eu la chance de mener un projet à son terme en 2007-2008, qui m’a beaucoup marqué. C’était l’émergence des smartphones, et du happy-slapping. Le législateur avait créé une loi  qui condamnait à la même peine l’auteur d’un délit ou d’un crime et celui qui le filmait, surtout si la vidéo était diffusée en ligne. On s’est demandé ce qu’on pouvait faire au niveau local pour que notre jeunesse ne reproduise pas ce genre de bêtises. Alors on s’est rapprochés d’un établissement scolaire qui est notre partenaire, le Lycée Galliéni, et on a travaillé là-dessus. On savait que c’était un réel problème chez eux, que des petits noyaux d’élèves poussaient à bout les professeurs et filmaient leur agacement quand il devenait visible.  Il y avait à l’époque des dérives bien plus graves dans d’autres établissements, ailleurs en France. On a donc décidé de réaliser un petit film, en confiant le soin à des élèves discrets et de confiance de prendre des images en vidéo et de jouer les acteurs. Une histoire de deux élèves qui finissent par en venir aux mains, poussés par leurs camarades avides de voir ce spectacle, d’abord dedans, puis en dehors de l’établissement. Alors tout le monde se met à filmer jusqu’à ce qu’il y en ait un qui tombe mal, et le film s’arrête sur un message : « Kevin, 16 ans, décédé d’une hémorragie ». Au début de la diffusion, ça a beaucoup chahuté, rigolé, puis vers la fin, tout le monde s’est calmé d’un coup. Par la suite, nous avons créé un partenariat avec le Parquet et le commissariat de Fréjus, et avec un capitaine, un avocat, et le substitut du procureur de l’époque, nous avons simulé le procès de tous ces jeunes. Tout le monde a été condamné virtuellement à 15 ans de prison ! Si ça a pu empêcher ne serait-ce qu’une seule bêtise de ce genre, le pari est gagné.

C’est donc ce genre de projets, plutôt sociaux, que porte la JCE.

C’est souvent lié à l’économie, mais pas toujours. Je me souviens aussi d’un projet sur les pistes cyclables, qu’une membre souhaitait mener à bien en partenariat avec les municipalités et d’autres intervenants, pour faire une cartographie, parce que ça n’existait pas. On avait tout pour que ça se fasse, mais finalement les politiques de l’époque ne nous ont pas suivi parce qu’ils avaient déjà un projet similaire dans les cartons. Donc tu vois, on a travaillé dessus pendant un an, et ça nous a permis de bosser à plusieurs sur un beau projet, qui n’a pas abouti. Mais il n’y a pas de conséquence, ce n’est même pas du temps perdu. On a essayé, sans risque.

Parle-nous de Booster d’Entreprise. C’est quoi, cette action ?

C’est pour les jeunes créateurs d’entreprise, ce qui veut juste dire « récent », pas forcément jeune. Et ce n’est pas réservé aux membres de la JCE. Le but, c’est d’aider la création. Si tu regardes les statistiques, la moitié des entreprises, à peu près, ne dépassent pas les trois ans d’existence. Pourquoi ? J’ai rencontré suffisamment de gens, maintenant, pour le savoir à peu près. Souvent, les gens qui créent leur affaire, sont d’excellents professionnels dans leur secteur d’activité, ce sont de bons plombiers, de bons terrassiers, de bons garagistes, de bons carreleurs, mais ce ne sont pas des chefs d’entreprise. Gérer une boîte et réparer un moteur, c’est complètement différent. Et c’est pour ça qu’en créant cette entreprise, ils commettent des erreurs. Ils se retrouvent confrontés à un phénomène qui s’appelle la solitude de l’entrepreneur. C’est toujours mieux d’avoir un entourage pour ne pas commettre ces erreurs. Moi par exemple, j’ai évité beaucoup d’écueils grâce à la JCE, j’ai un réseau, auquel je peux demander des conseils. Booster, c’est pour donner des formations de base à des jeunes entrepreneurs, avec un avocat, un comptable, etc. Ils leur donnent les conseils minimum, parce qu’on ne sait jamais tout, surtout quand on débute et qu’on n’a pas de recul.

Il y a ensuite un volet « parrainage ».

Oui, on sélectionne des chefs d’entreprise chevronnés, comme Pascal Bacchi, Mickaël Amsellem, qui sont d’anciens parrains. Ils sont une oreille attentive, ou permettent de donner le bon contact au bon moment à leur filleul. Un entrepreneur qui débute, parfois, ne sait même pas choisir un bon comptable.

Pourquoi as-tu voulu devenir président ?

Pour donner à le JCE, je ne fais que rendre ce que la JCE m’a donné. Je me sens redevable, parce que si je n’avais pas été membre, mon développement serait allé moins vite, j’en suis sûr. Je me suis rendu compte de certaines réalités, j’ai évité beaucoup d’écueils.

En quoi c’est différent, par exemple, de l’Union Patronale du Var, la JCE ?

L’UPV, mon entreprise en est membre, et ça me sert çà rencontrer d’autres chefs d’entreprise, à mutualiser des solutions et des idées avec d’autres professionnels. L’UPV nous permet aussi de ne pas être seuls.

Parle-nous de cette solitude de l’entrepreneur, puisque là aussi, il est question d’entourage.

Moi je travaille avec des juristes, des avocats, un banquier, un comptable, j’ai pas le droit de dire que je me sens seul. Mais certains qui tiennent simplement un commerce, par exemple, y sont confrontés. Un chef d’entreprise, c’est une personne qui saute d’une falaise, et qui doit construire tout seul un avion pour ne pas se crasher. Il doit maintenir de bonnes relations avec son banquier, relancer ses clients, tenir ses comptes, payer ce qu’il doit, etc. Il est seul face à tout ça, surtout au début, quand il n’a pas de directeur des finances ou de directeur commercial. C’est pas toujours évident d’aller demander des conseils. Et même avec un entourage, tu te dis parfois que tu vas y arriver tout seul, tu veux absolument t’en sortir par toi-même. mais on n’est pas omniscients, il est bon de se faire aider, surtout dans une société civile de plus en plus procédurière. Il te faut au minimum un bon comptable et un bon avocat, sans parler de procès. Mais un avocat t’aide à rédiger tes statuts, à choisir ta bonne forme juridique. Et puis, on t’alerte sur des points auxquels tu ne penserais pas tout seul, tout simplement parce que ce n’est pas ton métier. Mon métier à moi, c’est de sécuriser les biens et les personnes, pas mes propres intérêts !

Si tu as un jeune en face de toi, qui te dit « je veux monter ma boîte ». Quel est le premier conseil que tu lui donnes ?

De bien faire son étude de marché, pour commencer. De vérifier la pertinence de la proposition nouvelle qu’il apporte, et de se faire conseiller, avant tout, par des spécialistes de l’assistance à la création d’entreprise. On a la chance, ici, d’avoir un bassin adapté à tout ça. La société AXE, par exemple, qui est spécialisée dans la création d’entreprises et la reprise d’activité pour les demandeurs d’emploi, et qui travaille en partenariat avec Pôle-Emploi. Et je ne dis pas ça parce que sa dirigeante est une ancienne de la JCE ! Mais beaucoup d’acteurs locaux en ont fait partie. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir des anciens membres de la JCE prendre des postes à responsabilité, en politique ou dans les grosses boîtes, parce qu’ils ont été formés à la prise de responsabilité.

Tu les comprends, toi, les gens qui flippent à l’idée de monter leur entreprise ?

C’est l’inverse que je ne comprendrais pas ! Mais flipper, ce n’est pas reculer. C’est simplement se rendre compte qu’il y a des pièges et qu’il faut absolument les éviter.

NB – La prochaine action Booster d’Entreprise a lieu fin février, et peut encore accueillir de jeunes entrepreneurs (depuis plus de 6 mois et moins de trois ans). Il reste quelques places, vous pouvez contacter Mylène Lavialle au 06 61 13 04 37. Et si certains chefs d’entreprises plus installés souhaitent parrainer le tissu local, c’est également possible, alors n’hésitez pas !

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