Et tout ça à Puget-sur-Argens, elle est pas belle la vie ? Celle de Richard Bohringer, 74 ans depuis son arrivée sur notre planète, mérite en tous cas d’être contée. C’est dans le cadre d’une programmation, comme chaque année, très audacieuse et bien dingue du service culturel de la ville de Puget que le plus fou des acteurs français resté en France (reste Depardieu) est venu défendre son art en solo. « Traîne pas trop sous la pluie », que ça s’appelle, le spectacle. Comme le livre. Et si on ajoute à tous les grands moments de poésie bigarrée du grand Richard, quelques moments très amusants de sa vie en tournée entre l’ennui nocturne de Saint-Raphaël, sa vue sur la mer au Best Western de Santa-Lucia, sa piqûre dans les fesses pour soigner son mal de dos et son voyage à Saint-Martin de Crau le lendemain, on obtient un moment unique de théâtre intimiste.

Issues de secours traumatisantes

On l’avait déjà tous remarqué, mais on n’en avait jamais parlé. Et si vous avez déjà mis les pieds à Victor Hugo, vous les avez vues aussi : quand il fait noir, on ne voit que ça, surtout quand on est sur scène. Trois grosses diodes « issue de secours », côté jardin, qui ont immédiatement attiré l’attention de Richard Bohringer. Il parle de tout, librement, sobre pourtant, sans même faire attention à ses cahiers dans lesquels il a consigné ses textes pour la soirée. Entre deux moments passés entre Levallois-Perret et le Sénégal, avec son « frère » Mendy le boxeur par exemple, Richard Bohringer délire avec le public sur les à-côtés du spectacle, sentant bien que ça fonctionne tout autant que la partie écrite, sur un autre registre. De sa piqûre dont il fera le fil rouge de la soirée, à sa chambre au Best Western qui sera son seul coin de Paradis pour 48 heures, Bohringer en fait des caisses avec à-propos et sens du verbe, et ça matche avec le public (environ 200 audacieux). Ceux qui ont hésité ont raté un acteur en forme, en tous cas plus que ce qu’on pouvait le penser, qui a troqué son côté méchant et bougon contre une bonhomie qui fait plaisir à voir. Et rien que pour le moment totalement improvisé où il a dézingué Michel Drucker, « En plus il paraît qu’il monte sur scène faire un one-man show, avec son chien qu’il a trouvé je sais plus où, en Bulgarie », ça valait le coup.

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