Je suis au régime. Et je n’arrête pas de le dire à tout le monde. Et je ne le savais pas quand j’ai commencé à laisser surgir hors de moi une parole décomplexée faite de « calories », de « graisses saturées », de « lipides » et de « protéine végétale », mais parler de son régime à des gens est une grave erreur. Et permettez-moi de vous expliquer pourquoi.

Le pire du pire, c’est qu’évoquer un régime, ça place son interlocuteur dans l’une des trois situations suivantes : il compatis, il s’identifie, ou il se sent supérieur. Il n’a aucune autre alternative, en tous cas s’il est un ami qui ne peut pas emprunter le chemin de la solution numéro 4 : s’en foutre complètement. Et on le comprend. Quoiqu’il en soit, j’ai aujourd’hui un énorme problème avec le phénomène le pire, un phénomène transversal qui peut se retrouver dans les 3 (voire les 4) situations de posture sus-mentionnées : le néo-scientifique. Car en matière de régime, tout le monde s’improvise nutritionniste, et c’est extrêmement pénible. On ruine les efforts de ses connaissances à grands coups de « non, mais…comme ça t’y arriveras jamais, il faut manger des champignons », ou « Christian Bale a perdu 35 kilos en ne mangeant que des pommes et du thon, tu devrais faire pareil ». Et le meilleur, « ces gars-là ils trichent, ces filles-là sont photoshopées, ils ont tous des coaches et de l’argent, toi, t’y arriveras pas ». Sous-entendu : t’es un naze, laisse tomber, et fous la paix à ton corps. Et bien non, je ne laisserai pas mon corps en paix. Il mérite que je m’occupe de lui, parce que j’en ai qu’un.

Un jour, et dans un tout autre domaine, un Grec (la nationalité, pas le sandwich) m’a donné un truc, une logique de vie qui s’applique à tout : « si tu as besoin d’une explication, demande-là à quelqu’un qui sait mieux que toi, et surtout, à quelqu’un qui l’a prouvé ». En clair, si tu as besoin de perdre 60 kilos, ne pose pas de questions à quelqu’un qui a perdu, une fois dans sa vie, 3 kilos pour rentrer dans un petit 38. Va poser la question à l’ancien gardien d’immeuble de chez tes parents, qui a troqué son froc de chantier taillé dans un parachute contre un petit skinny métrosexuel. Lui il te dira comment il a fait, parce qu’il l’a fait. Il ne t’expliquera pas les vertus des régimes « kiwi » ou les bienfaits des Artishots. Merci, George (le Grec en question).

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire