Quel est le championnat le plus riche du monde ? Celui qui ne fait plus jouer ses footballeurs locaux, pardi ! La Premier League est ainsi faite : des clubs tellement riches, dopés aux droits télé exorbitants (plus de 2 milliards d’euros, ça y est, le cap est franchi), qu’ils peuvent se permettre d’acheter et de vendre n’importe qui, n’importe quoi, n’importe quand. Et à l’heure où le mercato d’hiver touche à sa fin, on se rend bien compte d’un phénomène aussi tristement normal que dramatiquement incompressible : la loi du marché, ça marche aussi dans le football. Les joueurs de Ligue 1 sont aspirés vers la Perfide Albion, une fois sur dix dans le cadre d’un projet sportif alléchant, le reste du temps, simplement pour le plaisir de ramasser plus d’argent, plus vite, et parfois sans rien faire, juste en cirant un banc de touche avec un bas de survêtement.

Wahbi Khazri chez les avant-derniers

Imaginons un instant que personne, ici, n’y connaisse quoi que ce soit en matière de foot. Pourquoi un jeune milieu offensif de 24 ans, né en Corse, serait-il attiré par la perspective de quitter le grand club historique que sont les Girondins de Bordeaux, pour aller s’enterrer dans le sud de l’Angleterre, du côté de Sunderland, chez les avant-derniers de Premier League ? Pour plein de raisons, et la principale, c’est Jérôme Rothen, ancien international français et joueur du grand Monaco de 99-00 qui la donne : « la politique sportive de Bordeaux est zéro. » Un mercato d’hiver où Bordeaux perd Henri Saivet qui est parti à Newcastle, et donc Khazri, de loin le meilleur joueur du club, qui déguerpit à Sunderland pour 12 millions d’euros. Et pour les remplacer, deux jeunes sud-américains de 20 ans qui vont se manger la Saudade dès qu’ils poseront le pied à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, pour jouer dans un club qui ne ressemble plus à rien, et qui surtout, ne joue plus rien le plus vite possible, comme si se sortir de toutes les compétitions leur permettait de faire des affaires tranquillement. Parce que le sport, c’est compliqué, mais l’import-export de forces vives, ça, à Bordeaux on maîtrise. Et quoi de plus facile, avec des clubs comme Sunderland ou Newcastle, qui prouvent chaque année qu’en achetant n’importe quoi, à des prix complètement dingues, on peut rester en galère, mais une galère qu’on connaît !

Chelsea cherche un sauveur

Et ce ne sera pas Lewandowski, qui a décidé de jouer au Real, peu importe quand, même si c’est en 2017. Ce ne sera pas non plus Loïc Rémy, qui n’a jamais rien fait avec le maillot bleu des Londoniens sur les épaules, mais qui va quand même partir chez les « petits » de Leicester, leader surprise d’un championnat complètement bizarre et beaucoup trop riche, pour 15 millions d’euros. Chez le leader, pour 15 millions d’euros…un mec qui ne joue pas. Et pour le « remplacer », après le naufrage Falcao qui pourrait partir rejoindre Ramires (recruté pour 33 millions d’euros) dans un club chinois, Chelsea va essayer de ré-animer Alexandre Pato, un mec dont on a entrevu la fin de carrière à 23 ans, après une explosion au Milan AC et une agonie sans nom. Un but en deux ans, un transfert minable vers les Corinthians où il est tellement à la rue que des supporters l’agressent, il finit sa course chez les ennemis jurés de Sao Paulo. Voilà le mec que sont allés chercher les Blues.

Et pendant ce temps-là…

Gervinho pourrait finir en Chine, après avoir fait les beaux jours de Lille puis de la Roma. Nkoudou pourrait quitter le navire marseillais, en train de couler, et rejoindre Manchester UTD ou Liverpool. Newcastle qui ne recrute que du français veut absolument Lacazette. Et tous ces clubs, bons ou nazes (parce que Newcastle, désolé, mais c’est minable) ont tellement d’argent à offrir aux clubs vendeurs et aux joueurs, qu’il vaut peut-être mieux jouer chez eux qu’à L’Olympique Lyonnais ou à l’OM. Si on manque un peu d’âme. Ou si on ne croit plus au projet sportif de la fine fleur du football hexagonal. En même temps, il est assommé par le PSG, secondé par un club étranger (Monaco) et par un club de ligue 2 qui est en ligue 1 (Angers). La saison du match le plus laid de l’ère Canal+ (5.25 note du match OM – Guingamp le 10 janvier) s’annonce longue comme un film porno sans les gens à poil.

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