L’Établissement Français du sang et l’Association (pugétoise) des Donneurs Bénévoles ont organisé, mercredi 3 janvier, la première collecte de sang de l’année à Puget-sur-Argens. Les médecins, infirmiers/infirmières et bénévoles présents sur place ont accueilli, toute la matinée, les donneurs dans la bonne humeur générale.

À 11 heures, dans la salle de spectacle de l’espace Victor Hugo à Puget, tout le monde est en place et prêt à accueillir les futurs donneurs de sang. Des membres de l’Association des Donneurs de Sang Bénévoles prêtent main forte aux médecins et infirmiers et attendent à l’entrée que les donneurs se présentent pour pouvoir ensuite les rediriger vers la petite salle d’attente improvisée pour patienter avant les entretiens avec les docteurs de l’EFS. Pour être donneur, rien de bien compliqué mais, quelques conditions sont à respecter. Le don du sang est une action ouverte aux personnes qui sont globalement en bonne santé générale et qui ont entre 18 et 71 ans.  » Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un donneur qui a une maladie infectieuse, une otite, une infection urinaire ne peut pas donner son sang. La deuxième grosse contre-indication concerne les personnes ayant voyagé dans les zones impaludées (Afrique, Asie, Amérique du Sud, Inde etc.) Elles ne pourront pas donner le sang dans les quatre mois qui suivent le retour «  explique le Docteur Torres. Le médecin responsable de la collecte explique également qu’il faut éviter l’auto-exclusion. En effet, très souvent, les potentiels donneurs ne se déplacent pas parce qu’ils prennent tel ou tel produit et puis se rendent compte, au bout de 2/3 ans en venant que ça ne posait, en réalité, pas de problème. Le mieux est donc de se rendre aux collectes pour en discuter directement avec les médecins.

Le circuit que va emprunter le donneur se fait sur quatre étapes

La première est l’inscription (pour enregistrer l’état civil du donneur). Ensuite, il y a un entretien avec le médecin qui dure de cinq à six minutes. Si le donneur est éligible, son sang est ensuite prélevé. Le prélèvement en lui-même dure moins de dix minutes. Une fois celui-ci terminé, le donneur reste encore sur place environ 15 minutes pour se restaurer mais, également pour que les médecins et infirmiers puissent le surveiller afin de s’assurer que tout s’est bien passé. « Les hommes peuvent donner leur sang jusqu’à six fois par an et les femmes quatre. Il y a une limite, car en donnant leur sang, les donneurs font baisser leur taux d’hémoglobine (le pigment qui transporte l’oxygène). S’ils donnaient plus souvent, ils deviendraient anémiés » poursuit Eric Torres. Pour les fumeurs, il est conseillé de ne pas fumer pendant les deux heures qui ont suivi le don. Si, après le prélèvement, les médecins se rendent compte d’une anomalie, la poche est immédiatement détruite et le donneur est rapidement informé.

Le sang est rarement destiné à la recherche ou aux études

En général, le sang est systématiquement transfusé sauf si les médecins de l’EFS trouvent quelque chose de particulier et n’est, a priori, jamais orienté vers la recherche ou des études : « Une filière existe pour ça mais, comme nous sommes en situation de manque de sang, nous allons le proposer de manière ponctuelle à certains donneurs. En général, ce sont des personnes qui ont des contre-indications comme quelqu’un qui a une maladie infectieuse sans gravité. S’il est très motivé pour donner, nous pouvons lui proposer un don non-thérapeutique qui pourra servir pour des activités comme la fabrication de réactifs ou pour les entraînements des équipes de laboratoire » précise le médecin responsable de la collecte.

En cette période hivernale, l’EFS a du mal à être auto-suffisante sur la région PACA mais, elle sait qu’en cas de besoin, elle peut s’approvisionner dans les régions voisines. « Habituellement, les dons de début d’année sont moins importants. Il fait froid et donc, les gens sont malades. Après, c’est une période où nous avons aussi du mal à motiver les donneurs. Il n’y a pas vraiment d’explications particulières à ça » confie le Docteur Torres.

 » Nous avons les moyens techniques de monter en puissance « 

En général, six dons par an sont organisés sur la ville de Puget, c’est le quota normal. Comme les personnes ne peuvent donner leur sang que tous les deux mois, si l’EFS se déplaçait plus souvent, ça serait inutile. Par contre, dans de grandes villes comme Toulon, Draguignan ou Hyères, l’établissement peut se déplacer plus souvent, car ils ne s’adressent pas à la même population. « Dans ces dernières certains donneurs font des dons sur des fréquences normales (tous les deux mois) et puis d’autres le font en décalé donc ça justifie que l’on se déplace plus souvent. Vous voyez aujourd’hui à Puget, ça fait deux mois que nous ne sommes pas venus et à cette heure-ci, nous n’avons pas encore atteint l’objectif fixé (de 70 présentations). Après, nous avons les moyens techniques de monter en puissance si un jour nous avons une amicale qui réussit à ramener beaucoup de monde. »

Un travail de collaboration entre l’EFS et les ADSB

Au niveau national, des relais locaux, appelés des ADSB (Associations de Donneurs de Sang Bénévoles) existent et apportent une aide précieuse à l’EFS. Leurs membres s’occupent de sensibiliser les donneurs, d’amener du monde et parfois d’animer des collectes.

 » Nous essayons d’être présents le plus possible « 

Celle basée à Puget existe depuis maintenant quarante ans. Toujours très active sur la commune, ses membres arrivent aujourd’hui à faire venir, en moyenne, 80 personnes pour chaque collecte. Ils essayent également de donner un visage plus humain du don du sang.  » Nous organisons des manifestations qui font d’une part plaisir aux gens mais, qui permettent surtout de montrer que les donneurs sont des personnes comme les autres «  explique Pierre Berthiaud, ancien président de l’association pugétoise. Chaque année, les membres organisent ainsi l’hiver des rôties de châtaigne pour la Mairie, les commerçants, le Téléthon etc. mais, également, la marche des lampions et les boules carrées en été. Ce sont les trois activités principales qui reviennent tous les ans.  » Nous essayons d’être présents le plus possible pour que les gens nous connaissent et aient envie de donner leur sang «  précise Martine Arenas, actuelle présidente de l’association. Et ces actions fonctionnent puisque depuis que l’association s’implique sur la ville, le nombre des donneurs a doublé, passant ainsi de 250 à 500. Autre projet qui vient de se concrétiser, l’installation de la nouvelle sculpture à l’entrée du village.  » Pendant cinq ans, nous avons tout fait pour que cette sculpture voie le jour. Nous voulions qu’il y ait quelque chose qui établisse le lien entre Puget et le don du sang «  termine la présidente.

À midi et demi, l’objectif fixé par l’EFS a été finalement atteint puisque 70 personnes se sont présentées et 56 ont été prélevées. Seuls 14 ont été ajournées.

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