Les jeux télé, un jour, je vais m’en faire un. Y aller pour tout saccager, que je me dis. Un bien nul, un bien con, avec des candidats bien niais, comme des navets dans un couscous, insipides et emplis d’une toute petite dose d’amertume, juste ce qu’y faut pour être désagréables. Amers d’être trop bêtes d’avoir adhéré à un système qui les prend pour des imbéciles. Vous croyez vraiment que les gens sont aussi débiles que ce qu’ils paraissent l’être dès qu’ils franchissent la porte d’un studio de télévision pour aller s’amuser à un jeu idiot ? Je refuse de penser ça, catégoriquement ! Sinon, la fin du monde n’est pas loin.

Il n’y a pas si longtemps, il fallait encore passer par le tamis des sélections, pour être admis à la grand messe médiatique du jeu télévisé. Aujourd’hui, on ne vous sélectionne plus, on vous caste. On ne teste plus vos connaissances, mais votre faculté à être un bon amuseur public à la merci des vannes d’un animateur l’espace de deux fois 4 minutes. Et le pire, c’est qu’on vous l’explique, le jour des « sélections » : « ne vous inquiétez pas si les questions sont trop difficiles, ce qui compte, c’est l’histoire que vous allez nous raconter ». C’est en tous cas comme ça que ça se passe à Tout le monde veut prendre sa place, sur France 2. Une pépinière de candidats plutôt normaux, me direz-vous. Mais regardez ce qui se passe juste à côté, sur TF1. Vous pensez vraiment que les candidats de Reichmann, à midi, sont des gens comme vous et moi ? Des gens qui savent lire ou un tant soit peu écrire ? Et bien moi je suis sûr que oui, dans l’absolu. Mais que c’est le système qui les fait passer pour les pires des benêts, incapables d’identifier un drapeau européen, perdus devant une addition de nombres entiers, effondrés à l’idée de devoir distinguer les Beatles et Zucchero en duo avec Paul Young. Et ouais, les Beatles en Italien, avec une touche d’anglais, y a des gens que ça choque pas. Sur TF1, de temps en temps, il y en a, il vous suffit de regarder pour vérifier. Et encore, depuis la disparition (ou la migration sur la TNT, plutôt) de certains jeux aux frontières du réel de la bêtise, ça va un peu mieux. Souvenez-vous du Maillon Faible, de la dernière mouture de la Roue de la Fortune, du mythique A prendre ou à laisser, le jeu le plus nul du monde animé par un Arthur à l’agonie de l’humour ! Je refuse de croire que tous ces débiles sont réels, ils ne peuvent pas être comme ça dans la vraie vie. On ne pleure pas parce qu’on doit ouvrir une boîte. On ne mélange pas le drapeau de l’Espagne et celui de l’Estonie. Et non, définitivement non, Obladi Oblada, c’est pas de l’italien.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire