On est à peine plus forts que les Italiens en rugby. On peut rivaliser au niveau des pizzas. On n’est pas des branques sur le plan des stations d sport d’hiver. Par contre, quand il s’agit de musique grandiloquente avec de la grosse guitare dedans, on est des chèvres. Chez nous, on sait faire du gros pâté qui arrache, un peu (Dagoba), beaucoup (Gojira), passionément (Svart Crown), ou carrément à la folie (et là la liste est tellement longue, que pour ne vexer personne, on ne citera que les franc-comptois de Recueil Morbide, parce que leur accent est si insupportable qu’une colère de Jérôme au téléphone, on ne veut pas l’imaginer). En Italie, la grandiloquence, on connaît. Par cœur. On l’a même inventée. On l’a portée au pinacle avec le Requiem de Verdi, les 4 saisons de Vivaldi, ou l’adagio d’Albinoni. Et en 2016, on la retrouve en colère, animée d’une envie de bousiller la Terre, sous les traits d’un groupe qui s’appelle Fleshgod Apocalypse. Spécialisé dans le blast-beat à 280 bpm et les vocalises haut-perchées, le groupe revient cette année avec King, successeur du très réussi Labyrinth sorti il y a deux ans, qui avait permis au groupe de se faire un nom dans le monde entier. Le truc « qui va hyper vite avec des orchestrations » va cette fois encore plus loin dans la musicalité, mais s’est un peu détendu au niveau de la violence. Resteront de ce disque des boucheries interstellaires (The Fool, And the Vulture Beholds), mais aussi des titres plus pesants (et cette fois, réussis) comme Gravity ou le titre éponyme de l’album. Fleshgod Apocalypse sort rapidement ses albums, mais parvient à ne pas trop se répéter, une gageure quand on a choisi un créneau aussi serré que le death-metal ultra rapide et symphonique. Bel effort, respect total, au moins pour la qualité du travail qui devrait en inspirer plus d’un.

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