1756… Dans la principauté du Saint empire romain Germanique il fait probablement très froid en ce 27 janvier 1756 quand Anna Maria Pertl et Léopold Mozart assistent à la naissance d’un enfant qu’ils décident d’emblée de propulser vers une destinée exceptionnelle, tel un candidat d’Intervilles hyper déterminé sur une piste de ventriglisse. Pour bien démarrer dans la vie, ils vont lui donner un prénom qu’ils écriront en tout petit dans la case consacrée quand ils iront voir la dame de la mairie,

ce sera Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart. Le seul musicien qui aura un nom aussi cool par la suite sera un certain Ivan Chrysostome Dolto dit « Carlos », regretté comique troupier en salopette à fleurs, dont vous comprenez maintenant les velléités artistiques mais un peu moins le style et les vecteurs d’expression.

N’ayant pas la chance de croiser Rosalie ou d’avoir le bonjour d’Albert, Wolfgang va devoir laisser rapidement de côté son gros nounours et les big bisous de sa mère pour empoigner tout ce qui ressemble de près ou de loin à un instrument de musique. Alors que ses copains de classe passent leurs journées à se tirer sur l’élastique ou à échanger des images Panini, Wolfy n’a que faire de compléter son deck avec Leopold 2 de Bavière super guerrier niveau 4 et enchaîne les gammes devant les grands d’Autriche.

Il va le faire si bien qu’il finira par entrer au service de l’empereur Joseph 2, lui-même mélomane et très amateur de musique Italienne à une époque où pourtant Laura Pausini n’est pas encore née. Trouvant que la musique de l’époque manque un peu de Balls, Wolfgang va lui proposer d’écrire un opéra en allemand, ce sera « L’enlèvement au sérail », qui se passe en Turquie chez le Pacha Selim qui sera joué par un certain Dominik Jautz, certainement beaucoup plus amateur de weiss Wurzt que de Kebab, quoique.

En 1782 Mozart fait la plus grosse connerie de sa vie, souvenez-vous vous avez peut-être fait la même , il se marie. Mais lui, il fait ça comme le dernier des gougnafiers, dans le dos de son père, en petit comité, et il choisit pour épouse une certaine Constance Weber, elle-même fille, sœur, cousine et probablement ex-plan cul régulier de musicien. Elle a 20 ans, il en a 26, et il va lui faire six gamins qui à l’instar de ceux de son homologue Jean-Sébastien Bach, vont presque tous mourir quasiment tout de suite, sauf Karl et Franz, dont on ne sait pas ce qu’ils sont devenus.

Ils vivent alors une existence en dents de scie, lui entre la composition, les réunions avec ses copains Franc-Maçons et les concerts en chaussettes hautes et perruques poudrées, elle entre son salon et son lit, puis sa cuisine et son lit, puis son lit et son lit après ses six grossesses, la pauvre souffrant de trucs abominables qui n’existent plus depuis que les médecins ont compris que la saignée ou les anesthésies à la gnôle c’était dangereux, du genre « ulcères viquoreux » ou « arthrite estropiante ».

Mozart mène grand train et finit par devoir du pognon à tout le monde. D’après les biographes, sa femme n’a pas la moindre idée de ce que fabrique son mari et ne fait pas la différence entre son génie et le vague talent de l’immense majorité de ses contemporains…encore un qui sera tombé sur une ingrate. Il va mourir avec panache, ruiné, malade, célèbre et sûrement déchiré parce qu’il aimait beaucoup ça, avec du boulot en retard et des dettes, à l’âge de 35 ans. Constance va lui survivre plus de 50 ans, elle aura la peau dure et beaucoup de ressources puisqu’elle épousera un certain Georg, diplomate Danois, avec lequel elle écrira une biographie de son ex. Elle chantera aussi les œuvres de Wolfy, et vendra même ses autographes à un éditeur.

Tout ça, Wolfy y assiste depuis une fosse commune qu’il partage avec 15 autres mecs lambda depuis le 6 décembre 1791. Obèse et pourri de l’intérieur depuis belle lurette, Wolfy est mort d’on ne sait trop quoi, mais c’est probablement un truc bien moyen-âgeux, genre Streptocoque, Fièvre rhumatismale aigüe ou encore Trichinose. Quoiqu’il en soit, il aura été le plus grand des musiciens, mais comme beaucoup d’autres, il aura fallu qu’il meure pour qu’on s’en rende compte, alors que Justin Bieber, Maître Gims et Lana Del Rey sont bien vivants, du coup il y a des choses qui ne s’expliquent pas, mais c’est une autre histoire, en tous cas c’est pas celle de la musique.

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