Pensez-vous qu’un jour on reverra des vestes à frange sans qu’on se retourne sur le passage du propriétaire pour s’en amuser ? Ou celui des platform boots ? Ou du col pelle à tartes ? C’est pourtant ce qu’on fait aujourd’hui, avec le retour de tout un tas de fringues qui étaient dans nos vies il y a des décennies, mais qui ont traversé, on ne sait comment, les époques en se débarrassant de leur connotation précise. Et c’est pareil pour les objets. Et que celui ou celle qui a connu le téléphone à cadran rotatif me jette la première pierre ! Voir ses grands-parents recommencer le numéro et perdre, au bas mot, 30 secondes pour composer les 7 (ou 8) chiffres là-dessus, quelle agonie ! Et pourtant, on a sorti des extensions d’Iphone inspirées de cet accessoire qui a hanté les nuits des plus loquaces des discutailleurs du XXe siècle. Comme quoi, un objet considéré sans aucune tendresse à une autre époque, finit par atterrir sur les bureaux, dans les tiroirs ou dans les penderies, accueilli avec tendresse et amusement. Allez comprendre ce mécanisme, surtout quand les gens qui ont honni ces choses il y a 30 ans, sont les mêmes qui les retrouvent avec nostalgie. Que ma copine enfile des frocs en taille 34 et trouve ça cool, je peux le comprendre. Mais ma mère le faisait aussi en 72, et ça l’empêchait de respirer. La première s’en félicite en espérant que ça va durer, la seconde s’en rappelle et se dit que plus jamais elle ne s’allongera en apnée sur un lit pour fermer le dernier bouton. Autre époque, même mœurs, parce que les temps changent, mais les gens…pas vraiment, en fait. Mais bon, le jean 34 de 2016 est un peu plus élastique, probablement. Ou alors c’est que ma mère faisait en fait du 36. Mais ce sont des femmes, il ne faut pas leur en parler, et ça, ça ne changera jamais !

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