Je n’aime pas les films qui ne se suffisent pas à eux-mêmes. Je n’y peux rien, c’est comme ça. C’est comme les blagues qui ne sont drôles qu’une fois que l’auteur les explique. Elles ne servent à rien, ou tombent à plat. Alors heureusement,certains racontent tellement bien les histoires que le récit à lui seul peut suffire à susciter l’intérêt, et tant pis pour le ressort psychologique, le propos, ou la chute. Dans la forme, Anomalisa est incroyable. Dans le fond, il est parfaitement honnête. Dans l’ensemble, je me suis beaucoup ennuyé, et surtout, j’ai eu très souvent envie de couper mon effort de compréhension. De là à dire que je me suis trompé de film, il n’y a qu’un pas, que je vais franchir. Je me suis, effectivement, trompé de film.

Première erreur commise : croire que c’était un film d’animation comme les autres, et penser que je pouvais rentrer dedans sans rien savoir à l’avance. Faute grave ! Si je ne m’étais pas trouvé à côté de gens qui savaient de quoi étaient faits les personnages, comment et pourquoi Charlie Kaufman avait tourné ça avec des marionnettes minuscules dans des maisons grandes comme le bateau pirate des Playmobils, j’aurais tout simplement trouvé l’esthétique bizarre, sans rien comprendre de l’intérêt que ça pouvait susciter.

Deuxième erreur : m’attendre à une aventure humaine. Il ne se passe absolument rien, ou presque. La cocasserie des précédents films de l’auteur n’est que vaporeusement diffuse dans ce mélo certes inspiré, mais très peu dynamique, qui fait passer 90 minutes pour 2h20. C’est lent, très lent, comme le sont beaucoup de films d’animation moins ambitieux techniquement. Mais lent quand même.

Troisième erreur : me laisser convaincre que la poésie, la grâce, la prouesse, l’idée générale, sont des concepts suffisants pour accoucher d’un chef d’oeuvre. Ai-je été diverti ? Pas spécialement. Ai-je halluciné ? Oui, mais ce n’est pas la première fois, et j’ai déjà vu plus dingue sur le plan technique. Y serais-je allé sans avoir à le chroniquer ? Probablement. Qu’en aurais-je dit trivialement un dimanche midi à table ? Que c’est bien fait, mais qu’on s’ennuie grave.

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