Charlie Kaufman ne fait pas des films. Ses efforts en tant que scénariste ou réalisateur, ressemblent toujours plus à une auto-psychanalyse qu’à un blockbuster hollywoodien. Fort heureusement ces films sortent toujours en grande pompe et sont toujours accueillis avec enthousiasme par des critiques qui à ce moment précis restaurent l’honneur du cinéma faisant passer l’Art avant les recettes des films de super-héros.

Les films de Kaufman ont tous des thèmes communs : la solitude, l’amour pur, la normalisation et la déshumanisation de notre société… Et « Anomalisa » ne fait pas exception à la règle. Le personnage principal est introverti et à la recherche de l’amour de sa vie comme Craig dans « Dans la peau de John Malkovitch » ou Joel dans « Eternal Sunshine of the spotless mind ». Les personnages de second plan font partie d’un tout uniformisé pour mieux faire ressortir le théâtral des personnages principaux. Parce qu’au fond, un film de Kaufman c’est un peu ça, une pièce de théâtre à l’écran, avec son lot de tragédie et de drame, ses fantoches et son imaginaire. « Anomalisa » c’est un peu tout ça. Outre la technique qui est tout bonnement incroyable, l’histoire est un hommage aux films de Kaufman lui-même. Bien mieux réussi niveau scénario qu' »Adaptation », les angoisses de Michael Stone – le héros du film – sont palpables et communes à tous. Finalement, on se sent tous un jour seul dans un monde qui ressemble à tout sauf à nous.

Bien sûr, « Anomalisa » a ses petits défauts. Les prouesses techniques sont tellement folles, que le scénario manque du petit truc. En effet, l’histoire est simple, les péripéties nombreuses et l’idée générale est bien amenée. Très subjectivement, il manque à ce dernier effort une histoire annexe, une complexité supplémentaire pour se hisser au rang de « Dans la peau de John Malkovitch ». L’histoire un peu trop simple peut faire passer ce long métrage (1h30) pour un court-trop-long. Mais peut-être était-ce la volonté de Charlie Kaufman de faire une histoire simple qui ressemble à toutes celles de la vie normale. Seul le génie le saura.

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