Fut un temps où la ville de Roquebrune abritait un immense plan de ski nautique où il y avait le plus grand rider du monde qui venait faire des figures. Fut un temps où Internet était une fenêtre bizarre et intrigante ouverte sur le futur. Fut un temps où le golf était un endroit en danger. Fut un temps où 2016, c’était dans 20 ans, et où toutes ces choses sus-citées, c’était dans l’air du temps.

Patrice Martin et les combinaisons en néoprène

On est en 1996, donc. Une époque où Florent Peyre, le comique, est au pôle Ski Nautique du Creps de Boulouris. Une époque où ce sport, ici à Roquebrune, ça veut vraiment dire quelque chose. Parce que le plan d’eau, au pied du Moujik, le Centre International de Ski Nautique, c’est un haut-lieu où se déroulent de grandes compétitions. Et en 1996, il accueillait les championnats de France Interligue de 1ère et 2e division. 17 catégories, plus de 100 riders, parmi les meilleurs du monde. Na manquait que Patrice Martin, parti faire des siennes sur le circuit américain. Mis au rencard en septembre 2012 parce qu’il n’était plus aux normes, il aura fallu des investissements lourds (et monégasques) pour remettre le plan d’eau aux normes et essayer d’en refaire un coin de paradis pour les sportifs de haut-niveau. Hélas, il n’est aujourd’hui plus que l’ombre de ce qu’il était en 1996, à l’époque où les combinaisons en néoprène défilaient à vitesse grand v sur les tremplins. C’était mieux avant.

Internet, un truc d’ingénieurs pointus

Deux ingénieurs en informatique venus avec du matériel lourd dans une salle de classe, c’est pour désamorcer une bombe ? Pour brouiller les connexions entre des preneurs d’otage ? Pour tourner un film en 3d et en 4k ? Et bien pas en 1996 ! Des élèves de Cm2 qui découvrent le temps qu’il fait en Chine, il y a 20 ans, ça nécessitait beaucoup d’énergie, et des objets rares que personne n’avait chez soi. Par exemple, un ordinateur portable, et surtout, un truc venu du futur, un modem. Une initiative menée, à l’époque, par un instituteur fou de technologie, Gilles Priarone, qui n’a jamais lâché son Cm2 (et dont j’ai été l’un des rares à profiter deux fois, en Ce1 – en 1989, mon dieu… – et en Cm2). Ou comment ouvrir un oeil de boeuf minuscule sur un futur dont on ne pouvait que se douter, mais qui ne présentait aucune certitude. En tous cas, un chouette moment privilégié, un truc de pionniers, et une expérience qui a dû délier les langues dans bien des chaumières de la Bouverie, avec des gens médusés devant la télé à 5 chaînes, parce qu’ici, point de câble !

Le golf qui fait débat

Aujourd’hui il est bel et bien toujours là, mais en 1996, le golf était en danger ! Au bout de deux ans d’exploitation, la société qui gérait le golf était mise en liquidation judiciaire. S’en est suivi un imbroglio financier très compliqué, avec Jean-Pïerre Serra, le maide de l’époque, tiraillé entre l’obligation de la commune d’entretenir un parcours sur lequel personne n’avait la possibilité de jouer, et l’impossibilité de satisfaire aux demandes du liquidateur (pour faire court). Heureusement, une acrobatie légale et ingénieuse a permis au maire de sauver le golf, qui a depuis beaucoup évolué, il n’y a qu’à s’acquitter de 2750 euros par an et par personne pour s’en convaincre !

Et sinon ?

Et sinon, Roquebrune est une ville fantastique où il se passe, déjà, en 1996, toujours quelque chose de dingo. Comme ce garagiste de la Bouverie qui maquillait des voitures volées, une soixantaine, pour en faciliter le trafic. Des écoutes téléphoniques, une descente de la BR, et hop ! Ou encore plus fou avec le 9 mars, cette femme qui perd les eaux dans l’ambulance des pompiers avant même de décoller, et qui doit accoucher à la caserne, assistée par un médecin qui vivait pas loin (le Dr Couzi), et son épouse sage-femme (le monde est bien fait). Bref, une belle époque, aussi, où les téléphones portables étaient interdits dans tous les aéroports et les hôpitaux, parce qu’ils nuisaient, soi-disant, au fonctionnement des équipements de pointe (dialyse et hémaphérèses, monitoring, respirateurs) Une vraie phobie, et le pire, c’est qu’elle était sensée ! Les temps ont changé, en 20 ans, hein ?

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