C’est en tous cas sur la bonne voie, vus les résultats fantastiques d’un club qui retrouve son lustre d’antan. Enfin presque ! Parce que Fréjus, dans les années 90, c’est la coupe d’Europe, des titres de champion de France, des joueurs légendaires, et une salle pleine tous les weekends. Avec l’arrivée depuis quelques années de l’ancien international Loïc Geiler, venu sur la côte finir une belle carrière gâchée, sur la fin, par des blessures assez graves, le club de Fréjus remonte dans les charts. Parce que la star est encore loin d’être cramée, et parce que le staff a su entourer sa pépite de joueurs revanchards, talentueux et animés par un bel esprit, celui de la gagne. Julien Laporte et ses 2.02 mètres sont de ceux-là. Un esprit tourné vers le haut niveau, et des copétences de communicant qui lui seront très utiles dans un avenir proche. Quand un joueur pro vous explique comment ça marche le volley à Fréjus, c’est dans Bah Alors ?, et ça culmine à plus de 3m50 (avec la détente et les bras levés).

Julien, tu as un statut différent des autres joueurs, au club ?

Je suis employé par le club, je m’occupe de l’école de volley, et je suis détaché sur l’équipe première en tant qu’adjoint. Je m’occupe aussi de la communication et je prépare les déplacements. Ejn plus de ça j’aide un peu Loïc pendant les entraînements et les matchs.

Et tu joues !

Et je joue aussi ! L’année dernière on a perdu quelques joueurs, c’est comliqué de les remlacer, donc je donne un coup de main, puisque je peux. On joue en 3e division, ça s’appelle la dicvision Elite, c’est l’antichambre du monde pro. Il y a des équipes pro, semi-pro, des équipes amateures, et c’est très compliqué. Le samedi tu peux rencontrer des internationaux, par exemple il y a un mec d’Alès qui a fait les championnats d’Europe. Nous on a des gras qui travaillent 8h/jour, qui s’entraînenet le soir, il faut jongler avec ça.

Tu veux dire qu’il n’y a pas que des géants de 2 mètres, à Fréjus ?

Il fauit de tout pour faire une belle équipe, des grands, des petits, des mecs techniques, d’autres plus physiques, c’est un sport assez homogène.

Fréjus, le volley, c’est une grande histoire !

Un club mythique, qui a performé en coupe d’Europe, qui a été champion de France souvent, c’était la grande époques des joueurs emblématiques comme Alain Fabiani, un des plus grands passeurs de tous les temps. La salle était pleine, Canal retransmettait les matchs ! On dirait que c’est très vieux, mais pas tant, c’était il y a 20 ans. Le, club a coulé, et depuis une dizaine d’années il remonte les échelons. Nous on est motivés par ça, retrouver le monde pro, avec une base de jeunes solide. On est le plus gros club du var, on a 3 équipes de jeunes de plus que la saison dernière, avec plus de 200 licenciés dont 60% de moins de 18 ans. On était vice-champions de France Elite, on aurait pu monter en pro B sportivement, mais on ne pouvait pas financièrement. Pas pour des millions d’euros, c’est un sport qui n’est pas très cher, mais on ne voulait pas mettre le club en danger. On est repartis cette saison avec des joueurs un peu plus jeunes aux postes clés, parce que Loïc, moi, on a dépassé les 30 ans, donc on reconstruit un groupe avec des jeunes de 22,23 ans, performants. Pour en faire venir d’autres il faudra des résultats, et un peu d’argent.

Comment on fait pour recruter dans une division comme celle-là, presque pro mais pas vraiment ?

L’arrivée de Loïc Geiler a beaucoup fait, la réputation du club aussi. L’an dernier on a servi de tremplin à un joueur reparti en club pro, en Elite t’apprends grave, tu prends de l’expérience, ils viennent chercher ça. Et puis on est dans le sud de la France. Le club offre aussi des perspectives de reconversion.

C’est ce que va faire Loïc Geiler, se reconvertir ?

Je pense qu’il va s’inscrire dans le club pour un moment. Il a été joueur, maintenant entraîneur-jouer, je pense qu’il va rester là.

Toi qui a joué en pro A, comment tu t’es retrouvé ici ?

Depuis que je suis allé e centre de formation à Montpellier, j’ai beaucoup bougé. J’avais 17 ans, je venais de Nîmes, j’ai joué à Ajaccio, St-Brieuc, à Aix, à Vannes, et j’ai fini à Amiens en Picardie, j’avais 28 ans, j’avais envie de revenir dans le sud et trouver une reconversion. Je savais que je n’allais pas jouer encore 10 ans, et je pensais pouvoir me rendre utile dans un club. J’avais un pote qui jouait à Fréjus, du coup j’ai signé un contrat de professionnalisation ici, pour passer mon brevet d’éducateur. C’est du boulot, mais le club pouvait m’offrir ça, un beau cadre, pas loin de ma famille, en restant dans le milieu du volley, c’était important. J’ai sauté sur l’occasion.

Loïc, c’est le même parcours ?

Il était international, les blessures l’ont beaucoup gêné. Il jouait à Tours les derniers tempos, il a décidé de prendre une année complète pour se soiugner. Son lieu de résidence c’est Sainte-Maxime, il a cherché un club pour s’entraîner et je lui ai proposé de venir ici. Il n’est jamais retourné dans le monde pro, alors qu’il avait des propositions en pro A. C’est un choix de vie, il a une vie de famille. Bouger c’est génial quand t’es jeune, mais les contrats d’un an c’est lourd à assumer, tu joues cinq mois tu penses déjà à la saison prochaine, c’est très instable. Il a passé u diplôme de géomètre, c’est tout bénef.

Les résultats sont aussi bons cette année que l’année passée ?

Tout a changé, il n’y a plus un seul club pro mais trois dans la poule. Nous on est 5e, je dirais que c’est notre place, derrière l’équipe de France qui est 4e et les 3 clubs pro. Ces trois-là iront en playoffs directement, nous on ira en playdowns, et c’est là qu’il faudra cravacher.

Vous pouvez être champions ?

Ce n’est pas l’objectif de la saison, nous ce qu’on veut c’est construire et s’inscrire dans la durée. Une équipe de dix joueurs, il faut y aller petit à petit. Monter pour se faire éclater, mettre le club en péril financièrement, c’est pas notre but. On veut faire du solide, et là on commence. On sait ce qu’il faut faire, moi j’ai joué des montées et des maintiens, je sais comment ça se passe. Il nous faut des joueurs d’expérience, des jeunes, nos dirigeants discutent avec les institutions, les partenaires privés, ça avance.

Parle-nous de l’ambiance dans la salle, ça redevient chaud !

Depuis deux ans et la montée en N1, il commence à y avoir du monde. On a un speaker, une photographe, on essaie de faire des choses autour du match, des animations, des barbecues quand il fait beau, on retransmet des matchs de rugby, on organise des tournois de volley. Pour le dernier match la saison dernière on a rempli la salle Sainte-Croix, c’était extraordinaire ! Moi je reste persuadé qu’il y a une belle place pour le volley-ball à Fréjus. Il me faut un truc « en haut » pour être motivé, et si je n’en étais pas sûr je ne serais pas là. Ils l’ont vécu, je veux le revivre.

Les matchs, c’est quand ?

Le samedi soir, en plus c’est sympa parce qu’on est en décalage avec les filles de Saint-Raph. Elles c’est le monde pro, donc c’est différent, y en a même une qui est plus grande que moi ! Mais il ya de bons rapports entre nous, pas de rivalité, et on ne se marche jamais dessus au niveau du calendrier !

 

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