Remplacé par Samuel Etienne, Julien Lepers n’est donc plus aux commandes de son célèbre jeu « Question pour un Champion ». Évincé par France Télévision, il a officié ce jeu de 1988 à 2016. Il était l’Attraction, on ne regardait plus le jeu, mais uniquement son spectacle. L’artiste laisse derrière lui une horde de fan hystérique, et j’en fais partie. Alors, Juju, cette lettre est pour toi. 

« Mon cher Julien,

« Voici Julien Lepers ! » c’est comme ça que l’on t’introduisait. Physique de sportif, photocopie de Michael Keaton, tu déboulais en trottinant, avec ton joli costume. Au début, ils étaient très colorés, puis tu les as troqués pour plus de sobriété. Tu avais la forme. Ça pour l’avoir, tu l’avais. Toujours en grande pompe. D’ailleurs, un jour tu en as fait, des pompes. Je me souviens, tu en as enchaîné 10. Comme ça, pour le plaisir, comme la chanson d’Herbert Léonard, que tu connais bien.

Tu animais un jeu pas spécialement amusant, même plutôt sérieux, ou le saint graal, c’est des encyclopédies Larousse. Mais tu rendais la chose attractive. On était avec toi, on te suivait dans ta folie. Dans tes folies même. Tu exprimais ta joie lorsqu’un candidat disait juste. Tantôt en balançant tes cartes en l’air, ou en les tapant contre ton pupitre. Tu as rendu célèbre ton fameux « Ah oui, oui oui ! ». Tu chantais, tu riais, tu hurlais, tu dansais, tu gesticulais de tous les sens.

Lorsque j’ai appris ton éviction, ça a été comme un choc. Au départ, je croyais à une fausse rumeur, une fausse alerte. Mais, tout de suite après, tu as confirmé ton départ, que tu as d’ailleurs protesté. Je te comprend mon pote, comment on a pu te faire ça? J’ai eu autant de mal à l’encaisser que toi. Comment imaginez cette émission sans toi ? Tu incarnais ce programme, comme Jordan pour les Bulls, Zidane pour l’équipe de France. Tu as fait son histoire, et elle a fait la tienne.

Cette semaine, a été bizarre. En zappant, je tombe sur un nouveau jeu. Enfin pas si nouveau que ça, puisqu’il s’agit du tien. « Question pour un Champion ». Mais, elle n’était pas comme d’habitude. Elle était timide, sans animation. Avant qu’elle ne débute, ils t’ont rendu un sombre hommage. Comme si, on leur avait forcé de le faire. Puis, le nouveau s’exécute. Samuel Etienne qu’il s’appelle ton remplaçant. Il est plat, monotone, presque triste. Il a une dégaine à présenter une matinale pour une chaîne d’info en continue. Ils ont choisi pour rajeunir le programme, mais elle était aussi molle qu’une partie de bingo d’octogénaires. Même la mythique voix off, ton pote William, n’est plus de la partie.

Il manquait ce grain de folie. Il manquait ces cartes qui s’envolent. Il manquait un maitre de cérémonie digne de ce nom. Il manquait la légende, le patron, le kaiser de ce programme. Tu n’es pas mort, certes, mais ton émission si.

Et maintenant alors ? Que vas tu faire ? J’entends par là dire que tu vas te retrouver aux cotés de « Baba » Hanouna et qu’Arthur a également des projets pour toi. Mais, je t’en supplie: Ne fais pas de décor penché, ne parle pas média avec Enora Malagré. Tu ne mérites pas ça. C’est à cause de « ces jeunes » que tu n’as plus ta place. Tu figures dans le panthéon, ne vas pas d’enfoncer la bas. Respectes toi, mec.

On arrive à la fin de la lettre, c’est donc le moment pour te remercier. Merci pour « la Mer Noire ». Merci pour le personnage que tu étais. Merci pour Bastien l’hystérique. Merci pour ta folie. Merci pour ta bonne humeur. Merci pour la télévision. Merci pour tout.

Ton fidèle admirateur,

L’empereur Jamal Ier « 

 

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire