Elles sont à peine plus nombreuses que nous. Elles ont une journée rien que pour elles, le 8 mars. On adore les détester, on déteste les aimer, elles nous le rendent bien. Elles répondent aux questions par d’autres questions. Elles exigent des réponses quand elles savent qu’il n’y a que des mauvaises options. Elles préparent le terrain pour être vexées en espérant que nous ne nous comporterons pas comme des hommes basiques, et la fragilité de nos nerfs les déçoit. Elles savent beaucoup de choses mieux que nous. Elles font beaucoup de choses mieux que nous. Elles militent parfois contre nous, en s’attirant la haine et le mépris de celles qui ont encore un peu d’affection pour leurs congénères masculins. Elles peuvent détruire nos vies d’un demi-tour à un coin de rue, ou les rendre meilleures d’un texto laconique. Elles apparaissent en catalogue sur les sites de rencontre, prises en photo d’en haut pour faire croire au combo « gros seins – petit cul », mais on n’est pas dupes. Elles sont aussi torturées qu’un film de David Lynch, ou aussi binaires qu’une chanson des Dead Kennedys, parfois dans la même minute. Elles sont d’une grande intelligence quand elles ne s’enterrent pas sous une logique défiant les lois de l’univers. Elles nous remettent sur les rails quand on devient de grands enfants débiles qui ne savent même pas se moucher proprement. Elles nous stimulent, elles nous énervent, elles nous excitent, elles nous donnent envie de vivre, de tuer, de mourir ou de procréer. Elles nous rendent, finalement, complètement cinglés. Et sans folie, la vie ne sert à rien. Alors mesdames, mesdemoiselles, merci.

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