Cinq sportives hors normes. Cinq nanas en acier trempé qui ont vu dans leurs homologues féminines des adversaires trop faibles pour elles. Cinq filles avec des physiques comme on n’en voit que lors des morts d’évêques, comme on les rêve quand on est une fille et qu’on ambitionne de marcher sur une discipline. Cinq filles qui ont marqué l’histoire de leur sport, et même l’histoire du sport tout court, en faisant tomber la frontière des catégories de sexe. Quand le haut niveau n’est plus une question de testostérone ou d’œstrogènes, mais simplement une histoire de performance et de dépassement de soi. Et pour ça, ces dames sont parfois bien au-dessus du lot.

Lindsay Vonn

La fédération internationale lui barre la route depuis 4 ans, maintenant. Pourtant, après 20 globes de cristal remportés dans une carrière qui n’a plus d’égal dans l’histoire du ski, la plus jolie sportive américaine du moment n’a toujours pas le droit de tenter la descente de sa vie contre les hommes. Ce n’est même plus une histoire de matériel (elle court avec les mêmes skis que ses homologues masculins depuis un moment déjà), c’est simplement un blocage institutionnel. Il faut croire que les « executives » de la FIS sont très conservateurs, et refusent de faire de leur sport une discipline mixte, même le temps d’une descente de 2 minutes (contre 1.40 en moyenne chez les dames). On ne saura donc peut-être jamais si Lindsay foncerait plus vite que Lund Svindal. Par contre, en maillot deux pièces, elle envoie bien plus, ça on le sait déjà !

Martina Navratilova

7-5 /6-2. C’est le score sur lequel Martina Navratilova a perdu son match, le 25 septembre 1992 à Las Vegas, contre Jimmy Connors. Aux portes du tie-break dans le premier set, rendez-vous compte ! Et le match, bien que légèrement arrangé au niveau des règles pour arranger un peu la Tchèque, n’a pas du tout été une partie de rigolade. Connors avait, paraît-il, parié un million de dollars sur sa propre victoire, et n’a pas fait semblant pour venir à bout de celle qui a pulvérisé ses adversaires sur tous les courts de tennis pendant 20 ans, en gagnant 18 grand chelems. Elle a fait son coming-out en 1981, une époque où l’on ne disait pas ces choses-là, surtout quand on était une Américaine récente, issue du bloc de l’Est, en pleine guerre froide. Militante, la joueuse la plus redoutée de l’histoire de l’ère open a même fait trembler la légende Jimmy Connors le temps d’un match en deux sets dont les dix meilleures minutes sont encore aujourd’hui visibles sur YouTube. Il avait certes 40 ans, mais elle en avait déjà 35, donc on est loin du cirque Riggs Vs Billie Jean King, ou l’écart d’âge conséquent avait permis à la joueuse de remporter ce match précurseur. Il y en a eu d’autres, mais jamais un accroché comme celui entre Navratilova et Connors.

Joanie Laurer

La 8e merveille du monde, Chyna. La première fois dans l’histoire du catch professionnel qu’une femme se mesurait à des gonzes taillés comme des armoires xxl. Et qu’elle leur mettait des tartes crédibles. Parce que jusqu’ici, les « divas » de la WWE (anciennement WWF), c’étaient des jolies filles amoureuses de Hulk Hogan (Elizabeth, morte depuis) ou de Shawn Michaels (Sensationnal Sherry, morte aussi). Restait une case à remplir : celle de la combattante, avec du muscle et du fessier squatté 6 heures par jour, dopé à la prot’ et peut-être un peu aux hormones de croissance. La bête s’appelera Chyna, et elle hantera les abords des rings (puis les rings eux-mêmes) au début des années 2000. Elle est la seule femme à avoir sérieusement combattu des bonhommes, et à les avoir battus dans des gros Main Events, comme ce jour où elle a mis à terre le pauvre Jeff Jarrett pour s’emparer de la ceinture intercontinentale. Elle a même participé au Royal Rumble, ce truc génial où 30 catcheurs se retrouvent sur le même ring, et où il ne doit en rester qu’un. Elle a même fini sur la une de Playboy. Et dans un porno gonzo avec son boyfriend de l’époque, X-Pac, l’ancien 123 Kid pour les trentenaires nostalgiques. Sacrée Joanie !

Danica Patrick

Alors elle, vous ne la connaissez peut-être pas. Pourtant, outre-atlantique, elle est devenue en quelques heures la sensation absolue. Parce qu’en plus d’être visuellement agréable, la belle sait de quoi il s’agit quand elle a un volant entre les mains. Troisième des 500 miles d’Indianapolis, la plus populaire des courses automobiles américaines, ça vous cause ? Et elle n’en était pas à son coup d’essai ! Danica Patrick, c’est des participations aux 24h de Daytona, une pôle position en Nascar, des courses gagnées (Jean Alesi n’en a gagné qu’une, pour vous situer le niveau). Et celle qu’on a longtemps appelée la « Anna Kournikova du sport mécanique » (parce que soit-disant, elle faisait plus parler d’elle pour ses formes que pour ses perfs) n’a pas fini de faire parler d’elle, puisqu’elle est toujours l’une des coqueluches du showbiz américain : elle apparaît dans un clip de Jay-Z, dans un épisode des Simpsons, dans Les Experts -Manhattan, et même dans un jeu vidéo sous licence Sega avec Sonic le hérisson comme héros. « Huge », disent les Américains.

Caster Semenya

Quand elle s’aligne sur le 800 mètres des championnats du monde d’athlétisme de Berlin, personne ne connaît cette Sud-Africaine de 24 ans. Mais quand elle s’exprime au micro après être devenue la championne du monde surprise, le monde entier s’émeut : c’est pas possible, cette dégaine, cette voix, ces performances…Caster Semenya, c’est un mec. Et ce n’est qu’après avoir laissé la rumeur enfler que l’IAAF (la fédération internationale d’athlé) a demandé à Caster de faire quelques menues vérifications. Effectivement, elle est intersexuée, ce qui veut dire que ses organes génitaux sont difficiles à interpréter. Elle est donc biologiquement un homme, mais se présente de manière tout aussi crédible comme une femme. Cela dit, elle ne sera pas championne olympique, alors que l’IAAF la laisse concourir en tant que la femme qu’elle a chois d’être, perturbée par l’imbroglio qui règne autour de son patrimoine génétique (truc de dingue, quand même). Il existait un précédent dans le sport, vieux de 50 ans, et d’une certaine victoire en championnat du monde de ski alpin signée par une allemande du nom d’Erika Schinegger, à Portillo, au Chili, devant la Française Marielle Goitschel. Carrée, solide sur les appuis, puissante comme un bœuf, la jeune ado de 18 ans avait dominé une course qui avait déjà, à l’époque, donné lieu à une drôle de polémique. En 1967, on découvre en même temps que l’intéressé(e) -on se sait plus- que finalement, Erika est un homme, ou plutôt une femme avec des organes masculins qui se sont développés à l’intérieur de son corps. Une opération et une incroyable remise en question plus tard, et revoilà Erik, flambant neuf, père, mari aimant, et seul homme de l’histoire à détenir un titre de championne du monde de quoi que ce soit. Fou, non ?

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