Dans l’industrie du cinéma, on constate que la place de la femme est relativement importante. Au départ simple diva et objet glamour, elle devient peu à peu un véritable protagoniste et sort vite de l’image femme-potiche aux multiples clichés. Et derrière la caméra ? Aucune. Ou alors très peu. Il s’avère que les réalisatrices se comptent sur les doigts d’une main. Généralement, Une seule sort vraiment du lot à l’international, une seule vous vient immédiatement à l’esprit quand on cherche, il s’agit de Sofia Coppola. Réalisatrice reconnue dans le métier, nommée et récompensée aux Oscars, aux Césars et autres, elle est l’une de celles, rares, à avoir su se faire un nom dans la réalisation.

Née dans les années 70, vous l’aurez compris, il s’agit de la fille du géant réalisateur Francis Ford Coppola, l’auteur des classiques Parrain ainsi que Apocalypse Now. Le cinéma, ça lui parle à Sofia. Elle grandira autour de ça: des cousins acteurs (Nicolas Cage, par exemple), un frère réalisateur et scénariste et une mère réalisatrice de films documentaires. Après des études dans une école d’art, c’est dans la mode qu’elle trouvera sa place. Elle devient l’assistante de Karl Lagarfeld et photographe pour les magazines Vogue ou Allure. Elle ira même jusqu’à créer une collection de vêtements, mais ce n’est pas un grand succès.

C’est en 1996 qu’elle se lance dans la réalisation, avec son premier court-métrage, Lick The Star. 14 minutes où l’on voit des adolescentes diaboliquement sournoises qui cherchent un remède pour rendre amoureux tous les garçons qui les entourent. Elles iront même jusqu’à les empoisonner pour qu’ils tombent sous leurs charmes. L’adolescence reste le sujet qui lui est cher. C’est ce qu’elle abordera également dans son premier long, déjà son premier grand succès. Virgin Suicides sort en 1999, et raconte l’histoire bouleversante de 5 adolescentes aussi mystérieuses que désabusées par une éducation stricte imposée par leurs parents, des jeunes filles dont les garçons du quartier tombent amoureux. Elles ne sont pas autorisées à sortir, suite au suicide de leur soeur cadette. Alors, les garçons vont essayer de les sauver de cet enfermement. Toujours dans ce domaine de la vie des jeunes, Sofia Coppola met en image une adolescence vintage, rythmée par une bande son signée Air.

En 2004, elle sortira son film phare, et probablement le meilleur de sa filmographie, Lost in Translation. On retrouve un Bill Murray dépressif, jouant un acteur sur le déclin qui se rend à Tokyo pour tourner un spot publicitaire. Mais la vie Japonaise ne lui convient pas et il décide de rester cloîtré dans sa chambre d’hôtel. Et c’est en souffrant d’insomnie qu’il rencontre Charlotte, une jeune étudiante perdue et déprimée. Charlotte qui n’est ni plus ni moins que la célèbre Scarlett Johannson. Les liens vont se resserrer entre ses deux protagonistes, qui sont issus de la même culture yankee et qui s’ennuient dans ce Tokyo où tout va trop vite, et où personne ne parle leur langue (d’où le titre). Ce film sera un véritable succès critique, récoltant les très bonnes appréciations des cinéphiles. Succès prolongé puisque cette oeuvre sera nommée et récompensée plusieurs fois. Goldens Globes, Oscar pour la musique et le scénario, César du meilleur film étranger… Sofia est à l’apogée de sa carrière. Par la suite, elle sortira un biopic sur Marie Antoinette en 2008 mais ne sera pas un franc succès, ainsi que The Bling Ring, en 2014.

Le style Coppola se distingue par la beauté de la photographie, ses détails, et surtout pour ses bandes sons. Allant du shoegaze de Kevin Shields à Kanye West (encore lui) en passant par Phoenix (ndlr. elle est la femme du leader du groupe), la bande originale fait généralement l’unanimité auprès des critiques. Dans ses films, on retrouve une certaine oppression et une mélancolie avec des thèmes comme le suicide, la dépression, l’isolement. C’est en tous cas ce qui a fait la force de ses deux plus grands succès, qui sont néanmoins des films très drôles, si on les regarde à travers le bon prisme.

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